I . Leonis opp. Epist
Historique du Temps Pascal. i3
veilles de grâce dont elle allait être Tinstrument : Dieu montrant par là que la nature même insensible peut s'associer, quand il le permet, aux saintes joies du plus grand des jours de chaque année i.
Saint Grégoire de Tours parle d'une fontaine qui existait de son temps dans une église dz l'Andalousie, en un lieu nommé Osen, et dont le phénomène miraculeux servait pareillement à discerner le véritable jour de la Pâque. Tous les ans, l'évèque se rendait avec son peuple à cette église le Jeudi saint. Le lit de la fontaine était en forme de croix et orné de mosaïques. On constatait qu'elle était entièrement à sec ; et après diverses prières, tout le monde sortait de l'église, et l'évèque en scellait la porte de son sceau. Le Samedi saint, le pontife revenait escorté de son peuple ; on ouvrait les portes, après avoir verilié l'intégrité du sceau. Etant entré, on apercevait la fontaine remplie d'eau jusqu'au-dessus de la surface du sol, sans toutefois qu'elle répandît. L'évèque prononçait les exorcismes sur cette eau miraculeuse, et y versait le chrême. On baptisait ensuite les catéchumènes; et lorsque le sacrement avait été conféré à tous, l'eau disparaissait immédiatement, sans que l'on sût ce qu'elle devenait -. Les chrétientés de l'Orient étaient aussi témoins de semblables prodiges. Jean Mosch parle, au VII* siècle, d'une ï"ontaine baptismale en Lycie que l'eau remplissait chaque année , la veille de Pâques ; mais elle demeurait
I. Cassiodore. Variariim. lib. "N'II, epist. xxxill. 3. De Gluria Martjruin, lib. I, cap. xxiv.
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les cinquante jours entiers, et tarissait tout d'un coup, après la fête de la Pentecôte i.
Dans l'Historique du Temps de la Passion, nous avons rappelé les lois des empereurs chrétiens qui interdisaient les procédures civiles et criminelles dans tout le cours de la quinzaine de Pâques, c'est-à-dire depuis le dimanche des Rameaux jusqu'à l'octave de la Résurrection, Saint Aui^ustin, dans un sermon qu'il prononça le jour de cette octave, exhorte les fidèles à étendre à tout le reste de !■ l'année cette suspension des procès, des quc- } relies et des inimitiés, que la loi' civile avait voulu arrêter du moins pendant ces quinze jours, 1 La sainte Eglise impose à tous ses enfants 5 l'obligation de recevoir la divine Eucharistie \ à la Fcte de Pâques ; et ce devoir est fonde sur I l'intention du Sauveur qui, s'il n'a pas fixé \ lui-même l'époque de l'année à laquelle les \ chrétiens s'approcheraient de cet auguste » sacrement, a laissé à son Eglise le soin et ! l'autorité de la déterminer. Aux premiers \ siècles la communion était fréquente, et i même journalière, selon les lieux. Plus tard, i les fidèles se refroidirent à l'égard de ce divin * mystère ; et nous voyons, pour les Gaules, par •: un canon du concile d'Agdc, en 5oG, que beaucoup de chrétiens avaient perdu sur ce point leur ferveur première. Il y est déclaré que les laïques qui ne communieront pas à Noël, à Pâques et à la Pentecôte, ne seront plus comptés pour catholiques 2. Cette dis-