‹ L'Année liturgique (volume 4)Chapitre 111 sur 132 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

Le Temps de Noél.

Ul et justus, sed nec sine ne pour compagne la miséri- Sit misericordia. corde.

Oleo laetitiae Unctus donc gratiae Caeteris prae regibus.

Cum corona gloriae , Majestatis regiae Insignitur fascibus.

O Rex mundi triumphator, Jesu Christi conregnator, Sis pro nobis exorator, Sancte pater Carole :

Emundati a peccatis, Ut in regno claritatis, Nos plebs tua cum beatis Coeli simus incolae.

Stella maris, o Maria, Mundi salus, vitas via, Vacillantum rege gres-

sus, Et ad Regem des accessus In perenni gloria.

Christe, splendor Dei Patris, Incorruptae fili Matris, Per hune sanctum cujus

festa Celebramus, nobis

praesta Sempiterna gaudia.

Amen.

Il est sacré de l'huile de liesse, par un don de grâce, plus que tous les autres rois.

Avec la couronne de gloire, il reçoit les insignes de l'Impériale Majesté.

O Roi triomphateur du monde, toi qui règnes avec Jésus-Christ, ô père saint ! ô Charles ! sois notre intercesseur ;

Afin que, purs de tout péché, dans le royaume de la lumière, nous, ton peuple, soyons les habitants du ciel avec les bienheureux.

Etoile de la mer, ô Marie, salut du monde, voie de la vie ! dirige nos pas vacillants et donne-nous accès auprès du Roi suprême, dans la gloire sans fin.

O Christ 1 splendeur du Dieu Père, fils de la Mère immaculée, par ce Saint dont nous fêtons le jour, daigne nous accorder l'éternelle joie. Amen.

Nous conclurons les hommages rendus par les diverses Eglises au Bienheureux Charlc-

Le Bienheureux Charlemagne, Empereur. 53 r

magne, en donnant ici la Collecte de sa fête.

PRIONS

ODiEU, qui, dans la surabondante fécondité de votre bonté, avez décoré du manteau de la glorieuse immortalité le bienheureux empereur Charlemagne, après qu'il a eu déposé le voile de la chair : accordez à nos prières de mériter pour pieux intercesseur dans les cieux, celui que vous avez élevé sur la terre à l'honneur de l'Em-

Eire, pour la propagation de i vraie foi. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

Amen.

OREMUS

DEUS <^ui superabun- ' danti fœcunditate bonitatis tuas, beatum Carolum Magnum Imperatorem, deposito carnis velamine, beatae immortalitatis trabea sublimasti : concède nobis supplicibus tuis, ut quem ad propagationem verae fidei Imperii honore exaltasti in terris, pium intercessorem habere mereamur in cœlis. Per Christum Dominuranostrum. Amen.

Salut, ô Charles, bien-aimé de Dieu, Apôtre du Christ, rempart de son Eglise, protecteur de la justice, gardien des mœurs, terreur des ennemis du nom Chrétien ! Le diadème souillé des Césars, mais purifié par les mains de Léon, couronne votre front auguste ; le globe de l'empire repose en votre forte main ; l'épée des combats du Seigneur, toujours A'ictoneuse, est suspendue à votre baudrier; et l'onction impériale est venue s'unir à l'onction royale dont la main du Pontife avait déjà consacré votre bras puissant. Devenu la figure du Christ dans sa royauté temporelle, vous avez voulu qu'il régnât en vous et par vous. Il vous récompense maintenant de l'amour que vous avez eu pour lui, du zèle que vous avez montré pour sa gloire, du respect et de la confiance que vous avez témoignés à son

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Epouse. Pour une royauté de la terre, caduque et périssable, vous avez reçu une royauté immortelle, au sein de laquelle tant de millions d'âmes, arrachées par vous à l'idolâtrie, vous honorent comme l'instrument de leur salut.

Dans ces jours où nous célébrons le divin enfantement de la Reine des cieux, vous lui présentez le temple gracieux et magnifique que vous élevâtes en son honneur, et qui fait encore sur la terre notre admiration. C'est dans ce saint lieu que vos pieuses mains placèrent les langes de son divin Fils ; en retour, l'Emmanuel a voulu que vos ossements sacrés y reposassent avec gloire, afin d'y recevoir les témoignages de la vénération des peuples. Glorieux héritier de la foi des trois Rois de l'Orient, présentez-nous à celui qui daigna revêtir ces humbles tissus. Demandez pour nous une part de cette humilité avec laquelle vous aimiez à vous incliner devant la crèche, de cette pieuse joie que goûtait votre cœur dans les solennités que nous célébrons, de ce zèle ardent qui vous fit entreprendre tant de travaux pour la gloire du Fils de Dieu, de cette force qui ne vous abandonna jamais dans la recherche de son Royaume.

Puissant Empereur, qui fûtes autrefois l'arbitre de la famille européenne réunie tout entière sous votre sceptre, prenez en pitié cette société qui s'écrovle aujourd'hui de toutes parts. Après mille ans, l'Empire que l'Eglise avait confié à vos mains est tombé : tel a été le châtiment de son infidélité envers l'Eglise qui l'avait fondé. Mais les

Le Bienheureux Charîemagne, Empereur. 533

nations sont restées, et s'agitent dans l'inquiétude. L'Eglise seule peut leur rendre la vie par la foi ; seule, elle est demeurée dépositaire des notions du droit public ; seule, elle peut régler le pouvoir, et consacrer l'obéissance. Faites que le jour luise bientôt, où la société rétablie sur " ses bases cessera de demander aux révolutions l'ordre et la liberté. Protégez d'un amour spécial la France, le plus riche fleuron de votre splendide couronne. Montrez que vous êtes toujours son Roi et son Père. Arrêtez les progrès des faux empires qui s'élèvent au Nord sur le schisme et l'hérésie, et ne permettez pas que les peuples du Saint Empire Romain deviennent a jamais leur proie.

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