ACTE DE FOI
VOUS VOUS apprêtez à descendre en moi, ô Dieu éternel, et rien n'annonce l'approche de votre divine majesté. De même que dans la nuit sacrée de Bethléhem votre entrée fut humble et silencieuse, aucum bruit, aucun éclat n'annoncera la visite que vous allez me faire. Un petit enfant enveloppé des langes eucharistiques va venir en moi sous l'apparence d'un pain léger et vil aux yeux de la chair, et je posséderai en moi-même celui qui a tiré toutes choses du néant, le Juge suprême des vivants et des morts ! Oh ! combien je dois anéantir ma raison en présence d'un si haut mystère ! Mais combien aussi j'aime à contempler ces abaissements incompréhensibles d'un Dieu qui ne s'humilie que pour me relever!, Ma raison ne 1 eut jamais pressenti, je le sais ; mais, bien loin de savoir ce que peut l'amour infini d'un Dieu pour ses créatures, sais-je seulement ce que c'est que mon néant et mon péché, cet autre abîme, au fond duquc! vous descendez, ô mon Sauveur, pour me chercher ? O
Avant la Communion. 43
Dieu-Enfant, mon cœur touché et reconnaissant croit à votre amour, et votre amour lui révèle votre puissance. Je viens à vous sans raisonner, comme vinrent les bergers, à la parole de l'Ange. Il leur fut dit : // voxts est né un Sauveur qui est le Christ du Seigneur ; vous le reconnaître^ à la faiblesse Je l'enfance, à l'humilité des langes, à la pauvreté de la crèche. Aussitôt ils partirent, et étant arrivés ils trouvèrent ce qui leur avait été annoncé, et ils crurent en lui. Ainsi je veux faire moimême, ô Jésus ! C'est votre enfance, ce sont vos langes, c'est votre crèche que je cherche. Agréez donc, sous les voiles qui vous couvrent, l'hommage de ma foi, et recevez-moi comme l'un de ces humbles bergers à qui leur simplicité mérita la première place au céleste festin de Bethléhem.