‹ L'Année liturgique (volume 4)Chapitre 26 sur 132 · ACTE d'humilité · texte numérisé non relu

ACTE d'humilité

MAIS, Ô Dieu-Enfant, les bergers de Bethléhem ne vous furent pas seulement agréables par la simplicité de leur foi ; ils vous plurent aussi par l'humilité de leur cœur. Vous aimez les petits, ô mon souverain Roi ! et c'est pour cela même que ces heureux pasteurs obtinrent l'insigne gloire d'être préférés à tout le genre humain, dans l'honneur qu'ils eurent de saluer les premiers votre berceau. Ainsi l'humilité de Marie a été l'aimant qui vous attira du ciel dans ses chastes flancs, et l'humilité des bergers vous porta à les appeler d'abord pour former, avec Marie et Joseph, avec les saints Anges, votre auguste cour, dans cette étable devenue un vrai paradis. Quelle admirable leçon vous me donnez, ômon Sauveur, à moi qui dois marcher à leur suite ; bien plus, qui vais vous recevoir en moi-même. Abaissez donc, ô Jésus, toutes les hauteurs de mon esprit ; humiliez toutes les répugnances de mon cœur. Abattez-moi au pied de votre crèche, afin que je ne m'élève plus dans mon orgueil. Mais, ô mon Jésus, non seulement vous aimez les petits ; vous daignez encore vous faire petit pour vous unir à ma bassesse. C'est comme un faible enfant que vous venez à moi, ô Dieu suprême 1 A votre approche, je me confonds, je m'abîme dans mon néant, moi, jusqu'ici si éloigné de l'humilité et de la simplicité de l'enfance. Dans votre sagesse souveraine, vous cherchez

44 Le Temps de Noéï.

retable et la crèche pour y naître : entrez dans mon cœur. Bethléhem ne vous offrit rien d'aussi digne de cette grandeur qui aime à descendre dans ce qu'il y a de plus infime, de cette lumière -jui se plaît à illuminer les plus profondes ténèbres.

Page 1