ORATIO
DEUs, Dei Filius, Patris ineflfabilis Virtus, qui novo sidère in Gentibus Rex regum ostenderis magnus, et in civitate illa beata appares gloriosus : quem insula; tremunt : cui principes et nationes Gentium obsequuntur, dum tibi omnia régna cedunt, tibi regum diademata substernuntur ; dignare jam gratia nostris te ostendere sensibus pium, et in conversationibus
ODiEU 1 Fila de Dieu, inefifable Vertu du Père, qui, par le lever d'un nouvel astre, apparaissez aux Gentils comme le puissant Roi des rois, et manifestez votre gloire dans l'heureuse Cité ; vous, devant qui tremblent les îles de la terre, à qui les princes et les nations des Gentils obéissent : en ce jour où tous les royaumes s'abaissent devant vous, et les diadèmes des rois sont déposé^ à vos pieds, daignez, par votre grâce, vous 'montrer
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miséricordieux à nos âmes, et apparaître visible dans nos œuvres, afin que, possédant les prémices de l'Esprit, nous puissions vous offrir les présents par lesquels nos cœurs, devenus agréables à vos veux, mériteront d'entrer en 1 heureuse Jérusalem, où nous pourrons vous présenter l'or très pur de nos œuvres, et devenir participants de votre royaume. Amen.
La prose qui suit est Paris de 1584 :
manifestum : utprimitias Spiritus habentes, ea tibi semper munera dedicemus, per quae introire beatam illam Hierusalem placitis cordibus mereamur, ut tibi mundissimum aurum nostrorum operum déférentes, regni lui mereamur esse participes. Amen.
tirée du Missel de
SEQUENCE
ANS les hauteurs on chante : Gloire au Roi nouveau-né, qui vient rétablir la concorde entre le ciel et la terre.
Tout nous invite à célébrer le jour natal du Christ, jour qui donne naissance à la grâce de la loi nouvelle.
Le médiateur qui nous est donné pour la rançon de notre salut, veut partager notre nature, sans être pécheur comme nous.
L'étoile, lançant son rayon, ne diminue pas sa clarté, ni Marie, enfantant son Fils, ne donne atteinte à sa pureté.
Quelle est cette pierre, sans la main de l'homme, dé-
1N excelsis canitur Nato Régi gloria, Per quem terrae redditur In cœlo concordia.
Jure dies colitur Christi natalitia, Quo nascente. nascitur Novae legisgrali^.
Mediator nobis datus In salutis prsemium. Non naturaï, sed reatus Effugit consortium.
Non amittit claritatem Stella fundens radium, Nec Maria castitatem, Pariendo Filium.
Quis de monte lapis caesus
Le Temps de Noél.
Sine raanu, nisi Jésus Qui de Regum linea,
Sine carnis opère, De carne puerperae Processit virginea !
Solitude gaudeat.
Et desertum floreat :
Virga Jesse floruil.
Radix rirgam, virga florem.
Virgo profert Salvato-
rem, Sicut Lex praecinuit.
Radix David typum gessit :
V irga. matris quae processit
Ex regali semine.
Flos est Puernobis natus.
Jure flori comparatus Prs mira dulcedine.
In praesepe reclinatur, Cujus ortus celebratur Ccelesti prjeconio.
Cœli cives jubilant, Dum pastores vigilant Sub noctis silentio.
Cuncta laudes intonant Super partum Virginis.
tachée de la montagne ? C'est Jésus qui, sortant de la lignée des Rois,
Sans le secours de la chair, procède du sein d'une Vierge-
Que la solitude tressaille, que le désert se couvre de fleurs ; la tige de Jessé a fleuri.
La tige produit la branche, et la branche la fleur ; la Vierge produit le Sauveur :
ainsi la Loi l'avait chanté.
La tige figurait David, la branche annonçait la Mère qui est sortie du saag royal.
La fleur est l'Enfant qui pour nous est né, digne d'être comparé à la fleur, pour sa douceur merveilleuse.
11 est couché dans la crèche, celui dont la naissance est célébrée par des concerts célestes.
Les habitants du ciel chantent avec allégresse, et les f)asteurs veillent dans le sience de la nuit.
Tout retentit de louanges sur l'enfantement de la Vierge-
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La Loi et les Psaumes s'unissent dans leurs oracles aux écrits des Prophètes.
Les Anges et les pasteurs, les astres et les Mages proclament le nouveau-né.
Prémices des Gentils, les Rois accourent de l'Orient à la crèche de cet Enfant.
Jésus, enfant immortel, devenu mortel et terrestre, arracbez-nous par votre puissance aux maux de cette vie.
Après cette vie mourante, cette mort vivante, restitueznous, par votre clémence, l'immortelle vie. Amen.
Lex et psalmi consonant Prophetarum paginis.
Angelorum et pastorum, Stellas simul et Magorum Concordant indicia.
Reges currunt Orientis Ad praesepe vagientis, Gentium primordia.
Jesu puer immortalis, Et terreno temporalis.
Nos ab hujus vitae malis Tu potenter erue.
Tu, post vitam hanc mortalem, Sive mortem hanc vita-
lem, Vitam nobis immortalem Clementer restitue.
Amen.
Le saint Diacre d'Edesse continue son admirable dialogue des Mages avec la Mère de l'Enfant divin.
FAITES-MOI connaître , o Princes! dites-moi , par bienveillance , tout le mystère qui s'est accompli dans votre contrée : quelle voix vous a appelés et vous fait venir jusqu'ici ?
— Une étoile immense nous a apparu, plus éclatante que
TOTUM mysterium ut actum est apud vos in regione vestra, aperite nunc mihi, ut amici : et quis vocavit vos, ut ad me veniretis ?
Magna Stella nobis apparuit, reliquiâ multo
Le Temps de Noël.
splendidior stellis, cujus lumine nostra terra est inflammata, et quod Rex ortus sit, nobis annuntiavit.
NoUem, vos quaeso, loquamini haec in regione nostra, ne sentientes Reges terrae, machinentur sua invidia adversus puerum.
Ne timeas, Virgo, quia omnia diademata soîvet Filius tuus, eaque pessumdabit. nec sua invidia nocumentum inferre illi valebunt.
Herodem timeo, lupura poUutum, ne me perturbet,gladium stringat, quo praecidat dulcem botrum adhuc immaturum.
Herodem ne timeas :
per Filium enim tuum subvertetur ejus thronus, et statim atque regnabit, destruetur, et ejus diadema decidet.
Torrens sanguinis est Hierusalem, in eaque optimi quique cadunt :
quare si hoc praesenserit, machinabîtur in illum ; ideoque secreto loquamini. precor, et ne tumultuetis.
Torrentes omnes, et lanceae etiam per manus Filii tui sedabuntur, et Hierosolymae obstupes-
— Ne craignez point, ô Vierge ! c'est votre Fils qui
tous les astres ; sa splendeur a illuminé notre région, et nous a appris que le Roi est né.
— De grâce, ô Princes !
ne parlez pas de ces choses dans notre contrée, de peur que les Rois de la terre, l'ayant appris, ne dressent des embilches, dans leur envie, à cet enfant.
point Fils brisera tous les diadèmes, il les anéantira ; et l'envie des princes ne lui pourra jamais nuire.
— Je crains Hérode, ce loup impur, je crains qu'il ne me suscite des chagrins, qu'il ne tire le glaive, et ne coupe cette douce grappe non mûre encore.
— Ne craignez pas Hérode ; votre Fils renversera son trône ; ce tyran régnera peu, il sera brisé, et son diadème roulera à terre.
— Un torrent de sang coule à Jérusalem, les hommes les plus vertueu.x sont immolés : si donc le tyran apprend ces choses, il tendra des pièges à mon Fils. De grâce, ô Princes 1 gardez le secret ; évitez le tumulte.
— Tous les torrents seront arrêtés dans leur cours par votre Fils ; sa main contiendra l'effort des lances ; le
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glaive de Jérusalem demeurera suspendu, et il ne tombera que si votre Fils le permet.
— Les scribes et les prêtres de Jérusalem, qui ont coutume de répandre le sang dans leurs intrigues, exciteront peut-être quelque débat sanglant contre moi et mon Fils ; de grâce, Mages, gardez le silence.
— L'envie des scribes et des prêtres ne saurait nuire à votre Fils ; c'est lui qui doit abolir leur sacerdoce; par lui cesseront leurs solennités.
— Un Ange m'a apparu, au jour où je conçus cet Enfant ; il me dit, comme à vous, que mon Fils est Roi, que son diadème est d'en haut, et qu'il est indestructible.
— L^Ange dont vous parlez, o Vierge, est le même qui nous a apparu sous la forme d'une étoile ; c'est de lui que nous savons que votre Fils est plus grand que les astres, et qu'il les surpasse en splendeur.
— Je vous déclare un autre mystère, pour confirmer votre foi : sachez donc que, demeurant vierge, j'ai enfanté un fils, le Fils de Dieu ; allez, et annoncez sa gloire.
— Déjà l'étoile nous avait
cet gladius, et nisi voluerit, non cadet.
Scribae et sacerdotes Hierusalem, qui sanguinem subdole effundere soient, excitabunt forte lethale litigium adver-.
sum me, et adversum puerum : Magi, quaeso, silete.
Scribae et sacerdotes nequaquam valebunt sua invidia Filio tuo nocere; etper ipsum solvetur eorum sacerdotium, et solemnitates eorum cessabunt.
Angélus apparuit mihi, quando concepi puerum ; quod Rex sit Filius meus, et quod ab alto sit ejus diadema, et non solvetur, ipse quoque explicavit mihi ut et vobis.
Angélus igitur, quem dicis, ipse venit sub specie sideris et apparuit nobis , atque annuntiavit quod Puer major sit et splendidior stellis.
Coram vobis ecce aperio aliud arcanum, ut confirmemini : scilicet virgo peperl filium, Filiumque Dei ; euntes praedicate ipsum.
Jam nos praedocuit
Le Temps de Noël.
Stella, nativitatem ejus extra ordinem esse na-' tura, et super omnia esse Filium tuum, eumdem-
Ïue etiatn Filium esse lei.
Pacem referte in terram vestram ; pax gliscat in finibus vestris ; veraces veritatis nuntii habeamini in toto itinere vestro.
Pax Filii tui nos reducat incolumes in regionem nostram, ut duxit ; et cum imperium ejus mundo manifestabitur.
invisat terram nostram et benedicat illi.
Gaudeat Persis vestro nuntio, exsultet Assyria vestro reditu ; et quando regnum Filii mei manifestabitur, in regione vestra suum coUocabit vexillum.
instruits ; par elle nous savions que la naissance de votre Fils était supérieure à toute chose, et qu'il est le Fils même de Dieu.
— Rapportez la paix en votre contrée ; que la paix s'étende sur tous vos royaumes ; soyez les fidèles messagers de la vérité sur 'toute votre route.
— Que la paix de votre Fils nous ramène sains et saufs dans notre région, comme elle nous a conduits ici ; et quand son empire sera manifesté au monde, qu'il visite notre terre, et qu'il la bénisse.
— Que la Perse se réjouisse à la nouvelle que vous apportez ; que l'Assyrie tressaille à votre retour ; quand le royaume de mon Fils apparaîtra, lui-même il placera son étendard au milieu de votre contrée.
Chantons Marie, et oftrons à sa gloire ce cantique de l'Eglise Grecque, où respire la tendre piété de l'Hymnographe saint Joseph.