ORATIO
Christe, cujus magnitude potentiae Vincentii Martyris tui corpus, quod vesano Daciani furore fuerat marinis projectum in fluctibus, undis advehentibus honorandum revocavit littoribus : tu nos, eodem Martyre suffraganie , a procelloso
O Christ, dont la puissance a ramené sur le rivage, pour y recevoir les honneurs qui lui étaient dus, le corps de votre Martyr Vincent . que l'aveugle fureur de Dacien avait fait jeter dans les flots de la mer : par les mérites de ce Martyr, et par la main de votre miséricorde, faites-nous
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surnager sur les ondes orageuses de ce siècle, afin que nous qui, par l'impulsion de l'ennemi , sommes tombés dans cette mer, avec le poids de nos péchés, nous puissions arriver un jour au port du salut, par cette charité qui couvre tous les péchés, et nous réjouir dans la société de tous ceux que votre amour réunit aujourd'hui pour célébrer la solennité de votre Martyr. Amen.
istius saeculi profundo , manu pietatis, in supernis attolle : ut qui inimico impellente, in hoc mare, excrescentibus delictis , cecidjmus, et per charitatem, quae est coopertio peccatorum, ad portum salutis quandoque perveniamus , l<Ttaturi cum omnibus invicem quos dilectio tua jungit in hac praesenti Martyris tui solemnitate. Amen.
Nous regrettons de ne pouvoir donner ici, à cause de son extrême longueur, l'Hymne magnifique consacrée à saint Vincent par Prudence, dans son livre des Couronnes.
Nous nous contenterons d'insérer les strophes que le Bréviaire Ambrosien a. extraites de ce poème.
HEUREinc Martyr, protège ce jour de ton triomphe, dans lequel tu reçois la couronne, prix de ton sang glorieux, ô Vincent 1
C'est ce jour qui, du sein des ténèbres de ce monde, après la victoire sur le juge et sur le bourreau, t'enlève au ciel, et te porte joyeux aux pieds du Christ.
Aujourd'hui, uni aux Anges, tu brilles sous cette robe
BEATE Martyr, prospéra Diem triumphalem tuum:
Quo sanguinis merces
tibi Corona, Vincent!, datur.
Hic te ex tenebris saeculi, Tortore victo et judice, Evexit ad cœlum dies, Christoque ovantem reddidit.
Nunc Angelorum particeps.
CoUucis insigni stola, Quam testis indomabi-
lis Rivis cruorJs laveras.
Levita de tribusacra, Minister altaris Dei, Septem ex columnis lac-
teis.
Martyr triumpho nobili :
Tu solus, o bis inclyte, Solus bravii duplicis Palmam tulisti : tu duas Simul parasti laureas.
In morte victor aspe-
ra, Tum deinde post mor-
tem pari Victor triumpho prote-
ris Solo lalronem corpore.
Per vincla, flammas, ungulas, Percarceralem stipitem, Per fragmen illud tes-
teum Quo parta crevit gloria :
Adesto nunc et percipe Voces precantum supplices, Nostri reatus efficax Orator ad thronum Dei.
Deo Patri sit gloria,
éclatante que, témoin invincible, tu lavas dans les flots de ton sang.
Lévite de la tribu sacrée, ministre de l'autel de Dieu, l'une des sept colonnes blanches comme le lait. Martyr après le plus noble triomphe,
Toi seul, deux fois illustre, as remporté la palme d'un double combat; toi seul as cueilli à la fois deux lauriers.
Victorieux dans la mort la plus cruelle, tu cueilles, après cette mort, un second triomphe ; et, vainqueur à lui seul, ton corps a brisé l'orgueil du tyran.
O Martyr , par tes chaînes, par tes flammes, par tes ongles de fer, par les entraves de ton cachot, par ce lit déchirant où s'est accrue ta gloire,
Assiste-nous; écoute nos vœux et nos prières ; sois, pour nous pécheurs, un puissant avocat au trône du Père céleste.
A ce Dieu Père soit 1«
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gloire, gloire à son Fils unique, gloire aussi à l'Esprit Paraclet, et maintenant et à jamais ! Amen.
Ejusque soli Filio, Cum Spiritu Paraclito, Nunc et per omne saecu-
lum.
Amen.
Adam de Saint-Victor a composé deux Séquences à la gloire du grand Diacre de Sarragosse; elles sont si belles l'une et l'autre que nous nous faisons un devoir de les insérer ici.
SEQUENCE
VOICI le jour désiré, jour heureux, jour délectable, jour de grande liesse.
Vénérons ce jour, et admirons les combats du Christ dans Vincent.
Tout est illustre en ce Martyr : naissance, foi, sainteté, science, parole, dignité, office.
père, l'E-
Dans les honneurs du Diaconat, sous Valère son il commandait dans glise.
Privé du don de la parole, le Pontife vaquait à Dieu, et confiait au Lévite le ministère de l'enseignement.
La droiture des discours brillait dans l'éloquence du
ECCE dles praeoptata, Dies felix, dies grata.
Dies digna gaudio.
Nos hanc diem veneremur,
Et pugnantem admiremur,
Christum in Vincentio.
Ortu, fide, sanctitate, Sensu, verbo, dignitate, Clarus et officio.
Hic arcem Diaconi, Sub patris Valerii Regebat imperio.
Linguœ praesul impeditae Dec vacat : et Levitae Verbi dat officia.
Cujus linguam sermc rectus,
Le Temps de Noèl.
Duplex quoque simplex
pectus Exornat scientia>
Dumque fidem docet
sanam Plebem Caesaraugusta-
nara Comitante gratia,
Saevit in Ecclesiam Zelans idololatriam Praîsidis invidia.
Post auditam fidei constantiara, Jubet ambos pertrahi Valentiam Sub catenis.
Nec juveni parcitur egregio, Nec aetas attenditur ab impio Sancti senis.
Fessos ex itinere, Presses ferri pondère Tetro claudit carcere, Negans victualia.
Sic pro posse nocuit, Nec pro volo potuit, Quia suos aluit Christi providentia.
Seniorem relegat exilio:
JuDiorem réservât sup-
plicio Praeses acerbiori.
Diacre ; una double science s'épanchait de la simplicité de si.n cœur.
Mais pendant qu'il instruit dans la saine doctrine, par le secours de la grâce, le peuple de Sarragosse,
Un Préfet jaloux, ardent pour l'idolâtrie, se déchaîne contre l'Eglise.
Au bruit de la constance qu'ils montrent dans la foi, il fait irainer les deux apôtres, sous les chaînes, à Valence.
Ni la jeunesse en sa fleur n'obtient grâce, ni l'impie ne considère l'âge du vieillard.
Las du chemin, accablés sous le poids des chaînes, on les enferme dans un sombre cachot, sans nourriture.
Jusque-là s'étend le pouvoir du tyran ; pour le reste son désir demeure impuissant ; car le Christ lui-mcme nourrit ses deux soldats par sa providence.
Lors le Préfet exile le vieillard, mais réserve le jeune homme pour un plus affreux supplice.
Saint Vincent, Diacre et Martyr. 425
Vincent souffre le chevalet et les ongles de fer ; il monte sur le gril d'un cœur assuré.
Il brûle, mais n'est point intimidé ; il n'en confesse que plus hautement le Christ, et il brave en face le tyran.
Le visage de Dacien s'enflamme de colère ; dans sa rage, il balbutie ; sa main tremble, et dans son délire, il ne se contient plus.
Par son ordre, le Martyr est rejeté dans sa prison; on le couche sur des têts aigus ; mais une lumière éclatante le vient réjouir, et les Anges le visitent.
Enfin, déposé sur un lit , soldat émérite, il s'envole dans les cieux, et son âme triomphante est présentée au Seigneur.
On refuse au corps du héros le droit commun de la sépulture; la haine du tyran outrage à la fois la loi et la nature.
Equuleum perpessus et
ungulam Vincentius, conscendit
craticulam Spiritu fortiori.
Dura torretur , non
terretur, Christum magis confite-
tur, Nec tyrannum revere-
tur.
In ejus praesentia.
Ardet vultus inhumanus :
Haeret lingua , tremit
manus ; Nec se capit Dacianus Prae cordis insania.
Inde specu Martyr retruditur.
Et testulis fixus illiditur :
Multa tamen hic luce
fruitur, Ab Angelis visitatus.
In lectulo tandem re-
positus.
Ad superos transit eme-
ritus, Sicque suo Iriumphans
spiritus Est Principi praesenta-
tus.
Non communi sinit jure Virum tradi sepulturas :
Legi simul et naturae Vim facit malitia.
Le Temps de Noéî.
In defunctum judexsae-
vit :
Hinc defuncto laus ac-
crescit :
Nam quo vesci consuevit Reformidat bestia.
En cadaver inhumatum Corvus servat illibatum:
Sicque sua sceleratum Frustratur intentio.
At profanus Dacianus Quod consumi nequit
humi, Vult abscondi sub pro-
fundi Gurgitis silentio.
Nec tenetur a molari, Nec celari potest mari :
Quem nunc laude singu-
lari Venerari voto pari Satagit Ecclesia.
Ustulatum corpus igné, Terra, mari fit insigne.
Nobis. Jesu, da bénigne Ut cum Sanctis te con-
digne Laudemus in patria.
Amen.
Ce juge sévit contre un mort; mais ce mort grandit en gloire; les bêtes féroces tremblent à l'aspect de l'objet que, d'ordinaire, elles dévorent.
C'est un corbeau qui garde intact ce corps sans sépulture : ainsi est déjouée l'intention barbare du tyran.
C'est alors que le profane Dacien ordonne d'ensevelir^ sous le silence des ondes, un corps dont la terre ne peut le défaire.
Ni la meule n'a pu retenir au fond, ni la mer dérober aux regards celui que toute l'Eglise s'empresse d'honorer aujourd'hui de sa louange singulière.
Ce corps, demi-brûlé dans le feu, est devenu fameux sur la terre et sur la mer. Bon Jésus 1 donnez-nous de vous louer dignement , avec vos Saints, dans la patrie. Amen.
Il* SEQUENCE.
TRIUMPHALIS lux illuxit.
Lux praeclara, quae reduxit Levitae solemnium \
IL s'est levé , le jour du triomphe , jour auguste qui ramène la solennité du grand Lévite; livrons-nous tous à la joie, et honorons
Saint Vincent, Diacre et Martyr. 42 j
dans le Christ Vincent le Victorieux.
Porteur d'un si beau nom, il en réalise le présage : vainqueur sur la terre, vainqueur sur les eaux ; tous les tourments , toutes les craintes, sont pour lui l'objet d'un triomphe.
Il a l'éclat de la pourpre deux fois teinte ; de l'hyacinthe il a la splendeur; aux reins il porte la double ceinture ; sa tunique est de fin lin ; et la palme empourprée qu'il a cueillie montre à quel point il fut invincible au milieu des supplices cruels qu'il endura pour le Christ.
Il est la victime succulente, l'agneau offert dont la dépouille embellie de son sang sert de voile au tabernacle ; il a semé au milieu des larmes, et pour prix de ses sueurs, il rapporte les gerbes de la vie.
On entraîne le serviteur de Dieu au tribunal sanglant du farouche Dacien; le magistrat pour le tenter emploie tour à tour la prière et la menace ; il fait briller , comme récompense, les honneurs mondains.
Omnes ergo jocundemur,
Et vincentem veneremur
In Christo Vincentium.
Qui Vincentis habet nomen, Ex re probat dignum omen Sui fore nominis : Vincens terra, vincens
mari, Quidquid potest irrogari Pœnae vel formidinis.
Hic effulget ad bis tincti
Cocci instar et jacinthi,
Cujus lumbi sunt prse-
cincti
Duplici munditia.
Hic retortam byssum ge-
rens, Purpuraeque palmam
quaerens, Stat invictus, dira ferens Pro Christo supplicia.
Hic hostia medullata, Vervex pelle rubricata
Tegens tabernaculum; Pio serit in mœrore, Et vitalem ex sudore
Reportât manipulum.
Ad cruenta Daciani Dei servus inhumani Rapitur prastoria.
Praeses sanctum prece
tentât.
Nuncexterret, nunc praesentat Mundana fastigia.
Le Temps de Noël.
Miles spernens mundi florem, Dona. preces et terrorem
Elatae tyraqnidis, Equuleo admovetur :
Quem plus torquet, plus torquetur Spretus tumor praesidis.
Flamma vigens, ardens lectus, Lictor c3Edens,sal injectus
In nudata viscera, Simul torrent, simul an-
gunt, Nec athletamlaetumfrangunt Tôt pœnarum gênera.
Antro clausum testa pungit.
Membra scindit et dis-
jungit ; Sed confortât et perungit
Cœlestis jocunditas :
Illic onus in honorera.
Caecus carcer in splen-
dorem, Florum transit in dulcorem Testarum asperitas.
CoUocatur molli tho-
ro, Sursum spirat, et cano-
ro Angelorum septus cho-
ro.
Mais l'athlète a dédaigné la fleur passagère du monde ; il en fait autant des offres, des caresses et des terreurs du fier tyran. On l'attache au chevalet; et le juge qui se sent méprisé fait succéder tortures à tortures.
Les torches ardentes, le lit embrasé, les verges du licteur, le sel brijlant qui pénètre jusqu'aux entrailles mises à nu , tout se réunit pour accroître les angoisses du martyr ; mais ces tourments divers n'ont pas abattu sa constance pleine de joie.
Enfermé dans un cachot, les têts sur lesquels il est étendu déchirent ses membres cruellement ; mais en même temps une joie inspirée par le ciel vient le fortifier, comme l'huile dont l'athlète baigne ses membres. Pour lui, le poids des chaînes devient glorieux, les ténèbres de la prison font place au jour le plus éclatant ; et les pointes qui lacéraient son corps se transforment tout à coup en fleurs souples et odorantes.
Bientôt, on porte le martyr sur un lit commode; il pousse alors ses soupirs vers le ciel, et entouré du chœur mélodieux des Anges, il rend à Dieu son âme. On jette son
Saint Vincent, Diacre et Martyr. 42g
corps aux bêtes, mais un gardien lui est donné d'en haut ; on le précipite dans les flots, mais il ne disparaît pas, et la terre entoure de ses honneurs ce précieux dépôt qui lui est rendu.
Ainsi vit-on tous les éléments se réunir pour sa victoire : l'eau, la terre, l'air et le feu. Noble témoin de la vérité, prie le Christ de nous purifier de nos péchés, et de nous faire goûter les joies véritables ; afin que, devenus les cohéritiers de la lumière, nous chantions à notre tour :
Alléluia !
Cœlo reddit spiritum :
Feris dato custos datur, Mari mersus non cela-
tur, Sed hune digne venera- Mundas sibi reddi-
Claruerunt ita dignis Elementa cuncta signis, Aqua. tellus, aer, ignis,
In ejus Victoria.
Summe testis veritatis, Ora Christum, ut pecca-
tis Nos emundet, et raundatis Vera praïstet gaudia; Ut cantemus, claritatis Cohaeredes : Alléluia !
Nous vous saluons, ô Diacre Victorieux, tenant entre vos mains le Galice du salut. Autrefois, vous le présentiez à l'autel, alin que la liqueur qu'il contenait fût transformée, par les paroles sacrées, au Sang du Christ; vous le présentiez aux fidèles, afin que tous ceux qui avaient soif de Dieu se désaltérassent aux sources de la vie éternelle. Aujourd'hui, vous l'offrez vous-même au Christ; et il est plein jusqu'au bord de votre propre sang. Ainsi avez-vous été un Diacre fidèle, donnant jusqu'à votre vie pour attester les mystères dont vous étiez le dispensateur. Trois siècles s'étaient écoulés depuis l'immolation d'Etienne ; soixante ans depuis le jour où les membres de Laurent fumaient sur les
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brasiers de Rome, comme un encens à l'odeur suave et forte; et dans cette dernière persécution de Dioclétien, à la veille du triomphe de l'Eglise, vous veniez attester, par votre constance, que la fidélité du Diacre n'avait point défailli.
Vous brillez en tête de la phalange des Martyrs, ô Vincent! et l'Eglise est fière de vos victoires; souvenez-vous que c'est pour elle, après le Christ, que vous avez combattu. Soyez- nous donc propice; et marquez ce jour de votre fête par les effets de votre protection sur nous. Vous contemplez, face à face, le Roi des siècles dont vous fûtes le Chevalier; ses splendeurs éternelles luisent à vos regards, fermes quoique éblouis. Nous, dans cette vallée de larmes, nous le possédons, nous le vojons aussi ; car il s'appelle Emmanuel, Dieu avec nous. Mais c'est sous la figure d'un faible enfant qu'il se montre à nos regards ; car il craint de nous effrayer par l'éclat de sa gloire. Rassurez cependant nos cœurs trouDlés quelquefois par la pensée que ce doux Sauveur doit être un jour notre juge. La vue de ce que vous avez fait, de ce que vous avez souffert pour son service, nous émeut, nous si vides de bonnes œuvres, si oublieux des droits d'un tel maître. Obtenez que vos exemples ne passent pas en vain sous nos yeux. Il vient nous recommander la simplicité de l'enfance, cette simplicité qui procède de l'humilité et de la confiance en lui, cette simplicité qui vous fit affronter tant do tourments, sans faiblesse et d'un cœur tranouille. Rendez-nous dociles à écouter la voix d'un Dieu qui. nous parle par ses exemples,
Saint Viyicent, Diacre et Martyr. 43 1
calmes et joyeux dans l'accomplissement de ses volontés, dévoués uniquement à son bon plaisir.
Priez, ô Vincent, pour tous les Chrétiens ; car tous sont appelés à la lutte contre le monde et les passions de leur propre cœur. Tous, nous sommes conviés à la palme, à la couronne, à la victoire. Jésus n'admettra que des vainqueurs au banquet de la gloire éternelle, à cette table où il nous a promis de boire avec nous le vin nouveau, au royaume de son Père. La robe nuptiale, nécessaire pour y avoir entrée, doit être teinte dans le sang de TAgneau; nous devons tous être martyrs, sinon d'effet, du moins de désir : car c'est peu d'avoir vaincu les bourreaux, si on ne s'est vaincu soi-même.
Assistez de votre secours les nouveaux martyrs qui versent encore aujourd'hui leur sang sur des plages lointaines, afin qu'ils soient dignes des temps glorieux qui donnèrent Vincent à l'Eglise. Protégez l'Espagne, votre patrie. Priez l'Emmanuel d'y susciter des héros forts et fidèles comme vous, afin que le royaume Catholique, toujours si jaloux de la pureté de la toi, sorte bientôt des épreuves auxquelles il est soumis. Ne souffrez pas que l'illustre Eglise de Sarragosse, fondée par l'Apôtre fils du Tonnerre, visitée par la glorieuse Mère de Dieu, sanctifiée par votre ministère de Diacre, voie s'affaiblir le sentiment de la foi catholique, ou se briser le lien de l'unité. Et puisque la piété des peuples vous révère comme le protecteur des vignobles, bénissez cette partie de la création que le Seigneur a destinée à
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l'usage de l'homme, et dont il a voulu faire l'instrument du plus profond des mystères et l'un des plus touchants symboles de son amour pour nous.
En ce même jour, l'Eglise honore la mémoire du saint moine Persan Anastase, qui soutfrit le martyre en 628. Chosroès, s'étant emparé de Jérusalem, avait emporté en Perse le bois de la vraie Croix, qui fut reconquis plus tard par Héraclius. La vue de ce bois sacré excita dans Anastase, encore païen, le désir de connaître la Religion dont il est le trophée. Il renonça à la superstition persane pour embrasser le Christianisme et la vie monastique. Cette démarche, jointe au zèle du néophyte, anima contre lui le ressentiment des païens; et, après d'affreuses tortures, le soldat du Christ eut la tête tranchée. Son corps fut transféré à Constantinople, et de là à Rome, où il repose avec honneur. Deux Eglises célèbres de cette capitale, l'une dans la ville, l'autre hors des murs, sont dédiées en commun à saint Vincent et à saint Anastase, parce que ces deux grands Martyrs ont souffert le même jour, quoique à des époques éloignées. Tel est le motif qui a porté l'Eglise à réunir leurs deux fêtes en une seule"! Prions ce nouvel athlète du Christ de nous être favorable, et de nous recommander au Seigneur, dont la croix lui fut si chère.
Nous plaçons ici la Légende que l'Eglise consacre à la mémoire de^ saint Anastase, en la fête de saint Vincent.
Saint Anastase, Martyr. 433^
ANASTASE, Persan de naissance, avait embrassé la vie monastique. Après avoir visité les lieux saints de Jérusalem, il souffrit courageusement, à Césarée de Palestine, les chaînes et les fouets, pour la religion "de Jésus-Cnrist. Peu après, les Perses lui firent endurer encore plusieurs supplices pour la même cause, lorsqu'enfin le roi Chosroès lui fit trancher la tête par la hache, avec soixante-dix autres chrétiens. • Ses reliques furent d'abord portées à Jérusalem, dans le monastère où il avait fait profession de la vie monastique, et de là à Rome, où on les plaça dans le monastère situé aux Eaux-Salviennes.
Réunissons les deux Martyrs, en répétant la prière de l'Eglise Romaine, en ce jour de leur fête commune.
. NASTASius, Persa, y\ monachus, Heraclio imperatore, cum sanctam Hierosolymorum terram visitasset, ad Caesaream Palaestinae pro Christi religione vincula etverberaconstanter perpessus est. Mox a Persis, ob eamdem causam.
variis cruciatibus affectus, a rege Chosroa, una cum septuaginta aliis Christianis, securi percutitur. Cujus reliquiae primum Hierosolymam, ad monasterium, m quo monasticam vitam professus erat, deinde Komam delatae, collocatas sunt in monasterio ad Aquas Salvias.
Ant.
Ir
E royaume des cieux est à eux ; méprisé la vie de
car ili
ce monde; ils "ont atteint la récompense du royaume, et ils ont lavé leurs robes dans le sang de l'Agneau.
f. Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur, et tressaillez d'allégi%3se.
^. Et gloritiez-vous, vous tous qui avez le cœur droit.
PRIONS
Exaucez nos supplications,
Ant.
Y STORUM est j enim regnum coelorum qui contempserunt vitam mundi, et pervenerunt ad praemia regni, et laverunt stolas suas in sanguine Agni.
^. Laetamini in Domino, et axsultate, justi,
^. Et gloriamini, omnés recti corde.
ORE.MUS
Adesto, Domine, sup»
LE TEMPS DE NOËL. — T. II
Le Temps de Noël.
plicationibus nostris ; ut qui ex iniquitate nostra reos nos esse coenosciraus, beatorum Alartyrum tuorum Vincentii et .\.nastasii intercessrone liberemur. Per Chrisîum Dominum nostrura.
Amen.
Seigneur, afin que nous qui nous reconnaissons coupables de nos iniquités, nous soyons délivrés par l'intercession de vos bienheureux Martyrs Vincent et Anaslase. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
Amen.
tt^ttttttt^tt^tt