I JOANN. IV
3o La Passion et la Semaiyie sainte.
tous les droits de nous haïr, et qui nous a aimés plus que lui-même ! Disons donc avec l'Apôtre : « I^a charité de Jésus-Christ nous presse, et désormais tous ceux qui vivent ne doivent plus vivre pour eux-mêmes , mais pour celui qui est mort pour eux i. » Nous devons cette fidélité à celui qui fut notre victime, et qui jusqu'au dernier instant, au lieu de nous maudire, ne cessa de demander et d'obtenir pour nous miséricorde. Un jour, il reparaîtra sur les nuées du ciel ; « les hommes verront alors , dit le Prophète , celui qu'ils ont percé '^. » Puissions-nous être de ceux auxquels la vue des cicatrices de ses blessures n'inspirera que la confiance, parce qu'ils auront réparé par leur amour le crime dont ils s'étaient rendus coupables envers l'Agneau divin !
Espérons de la miséricorde de Dieu que les saints jours où nous entrons produiront en nous cet heureux changement qui nous permettra, lorsque l'heure du jugement de ce monde aura sonné, de soutenir, sans trembler, le regard de celui que nous allons voir foulé sous les pieds des pécheurs. Le trépas du Rédempteur bouleverse toute la nature : le soleil se voile au milieu du jour, la terre tremble jusque dans ses fondements, les rochers éclatent et se fendent; que nos cœurs aussi soient ébranlés , qu'ils se laissent aller de l'indifférence à la crainte, de la crainte à l'espérance , de l'espérance enfin à l'amour; et après être descendus avec notre