‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 153 sur 249 · I Tim. V · texte numérisé non relu

I Tim. V

4~^) Le J 'iiAi Saint.

Qu'une pratiûuc pour les monastères. Toutefois de grands exemples étaient donnés de temps en temps, et jusque sur le trône, comme pour empêcher la prescription que l'orgueil humain cherchait à établir contre l'exemple du Rédempteur. La France vit son pieux roi Robert, et plus tard son incomparable saint Louis, laver avec délices les pieds des pauvres. De saintes princesses, une Marguerite d'Ecosse, une Elisabeth de Hongrie et tant d'autres, tinrent à honneur d'imiter à la lettre l'action du Christ. Enhn l'Eglise, qui ne peut rien laisser perdre J.s traditions que lui a recommandées celui qui est son Chef et son Epoux, a voulu que du moins une fois dans l'année la représentation de l'humilité sublime du Sauveur er.vers ses serviteurs fût mise sous les yeux des fidèles. Elle veut que, dans chaque église importante, le Prélat, ou le supérieur, honore les abaissements du Fils de Dieu, en accomplissant le rite touchant du lavem.ent des pieds. Le Pontife suprême donne aujourd'hui, comme il convient, l'exemple à toute l'Eglise, dans le palais du Vatican; et son action est répétée, par ses frères les Evêques, dans le monde entier; bien plus, dans les cours catholiques, on voit les rois et le^ reines s'agenouiller devant leurs sujets, leur laver numblement les pieds, et les combler de pieuses largesses.

Douze pauvres sont ordinairement choisis pour représenter, en cette occasion, les douze Apôtres; mais le Pontife Romain lave les pieds à treize prêtres de treize nations différentes : ce qui a porté la sainte Eglise, dans

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son Cérémonial, à exiger ce nombre pour la fonction du lavement des pieds dans les églises cathédrales. Cet usage a été diversement interprété. Les uns y ont vu l'intention de représenter le nombre parfait du Collège Apostolique, qui est de treize : le traître Judas ayant été remplacé par saint Mathias, et une disposition extraordinaire du Christ ayant adjoint saint Paul aux Apôtres antérieurement choisis. D'autres sont plus fondés à dire, avec le savant pape Benoît XIV i, qu'il faut aller chercher la raison de ce nombre dans un fait de la vie de saint Grégoire le Grand, dont Rome a voulu conserver le touchant souvenir. Cet illustre Pontife lavait chaque jour les pieds à douze pauvres qu'il admettait ensuite à sa table. Un jour, un treizième pauvre se trouva mêlé avec les autres, sans que personne l'eût vu entrer; ce personnage était un Ange que Dieu avait envoyé, afin qu'il témoignât, par sa miraculeuse présence, combien était agréable au ciel la charité de Grégoire.

La cérémonie du lavement des pieds, qui est aussi appelée le Mandatum, à cause du premier mot de l'Antienne que l'on chante à cette fonction, commence par la lecture de FEvangile de la Messe du Jeudi saint, cidessus, page 455. Après cet Evangile, où est racontée l'action du Sauveur, le Célébrant se dépouille du pluvial; on le ceint ensuite d'un linge, et il se dirige vers ceux dont il doit laver les pieds. Il s'agenouille devant chacun d'eux, et baise leur pied droit après l'avoir

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