îhid. 64. — Marc, xiv
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vOtemcnts, et s'écrie»: <^ Il a blasphème! qu'avons-nous besoin de témoins f Voui venez d'entendre le blasphème : que vous en semble ? » De toutes parts, dans la salle, on crie : « Il mérite la mort ^ ! »
Le propre Fils de Dieu est descendu sur la terre pour rappeler à la vie l'homme qui s'était précipité dans la mort; et par le plus affreux renversement, c'est l'homme qui, en retour d'un tel bienfait, ose traduire à son tribunal ce Verbe éternel, et le ju^ge digne de mort. Et Jésus garde le silence, et il n'anéantit pas dans sa colère ces hommes aussi audacieux qu'ils sont ingrats ! Répétons en ce moment ces touchantes paroles par lesquelles l'Eglise grecque interrompt souvent aujourd'hui la lecture du récit de la Passion : « Gloire à votre patience, Seigneur! »
A peine ce cri épouvantable : « Il mérite la mort ! » s'est-il fait entendre, que les valets du grand-prêtre se jettent sur Jésus. Ils lui crachent au visage, et lui ayant ensuite bandé les yeux, ils lui donnent des soufflets, en lui disant : « Prophète, devine qui t'a frappé -. » Tels sont les hommages de la Synagogue au Messie dont l'attente la rend si nère. La plume hésite à répéter le récit de tels outrages faits au Fils de Dieu; et cependant ceci n'est que le commencement des indignités qu'a dû subir le Rédempteur.
Dans le même temps, une scène plus affligeante encore pour le cœur de Jésus se passe hors de la salle, dans la cour du grand-prêtre.
, Matth.. XXVI, 65, 66.
. Luc. XXII, 64.
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Pierre, qui s'y est introduit, se trouve aux prises avec les gardes et les gens de service, qui l'ont reconnu pour un Galiléen de la suite de Jésus. L'Apôtre, déconcerté et craignant pour sa vie, abandonne lâchement son maître, et va jusqu'à affirmer par serment qu'il ne le connaît même pas. Triste exemple du châtiment réservé à la présomption ! Mais, ô miséricorde de Jésus! les valets du grandprêtre l'entraînent vers le lieu où se tenait l'Apôtre; il lance sur cet infidèle un regard de reproche et de pardon ;, Pierre s'humilie et pleure. Il sort à ce moment^ de ce palais maudit; et désormais tout entier à ses regrets, il ne se consolera plus qu'il n'ait revu son maître ressuscité et triomphant. Qu'il soit donc notre modèle, ce disciple pécheur et converti, en ces heures de compassion où la sainte Eglise veut que nous soyons témoins des douleurs toujours croissantes de notre Sauveur ! Pierre se retire ; car il craint sa faiblesse; restons, nous, jusqu'à la fin; nous n'avons rien à redouter; et daigne le regard de Jésus, qui fond les cœurs les plus durs, se diriger vers nous !
Cependant les princes des prêtres, voyant que le jour commence à luire, se disposent à traduire Jésus devant le gouverneur romain. Ils ont instruit sa cause comme celle d'un blasphémateur, mais il n'est pas en leur pouvoir de lui appliquer la loi de Moïse, selon laquelle il devrait être lapidé. Jérusalem n'est plus libre, et ses propres lois ne la régissent plus. Le droit de vie et de mort n'est plus exercé que par les vainqueurs, et toujours au nom de César. Comment ces pontifes et
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CCS docteurs ne se rappellent-ils pas en ce moment Toraclc de Jacob mourant, qui déclara que le Messie viendrait, lorsque le sceptre serait enlevé à Juda ? Mais une noire jalousie les a égarés; et ils ne sentent pas non plus que le traitement qu'ils vont faire subir à ce Messie se trouve décrit par avance dans les prophéties qu'ils lisent et dont ils sont les gardiens.
Le bruit qui se répand dans la ville que 'Jésus a été saisi cette nuit, et qu'on se dispose à le traduire devant le gouverneur, arrive aux oreilles du traître Judas. Ce misérable aimait l'argent; mais il n'avait aucun motit de désirer la mort de son maître. Il connaissait le pouvoir surnaturel de Jésus, et se flattait peut-être que les suites de sa trahison seraient promptement arrêtées par celui à qui la nature et les éléments ne résistaient jamais. Maintenant qu'il voit Jésus aux mains de ses plus cruels ennemis, et que tout annonce un dénoûment tragique, un remords violent s'empare de lui; il court au Temple, et va jeter aux pieds des princes des prêtres ce fatal argent qui a été le prix du sang. On dirait que cet homme est converti, et qu'il va implorer son pardon. Hélas ! il n'en est rien. Le désespoir est le seul sentiment qui lui reste, et il a hâte d'aller mettre fin à ses jours. Le souvenir de tous les appels que Jésus fit à son cœur, hier encore, durant la Cène et jusque dans le jardin, loin de lui donner confiance, ne sert qu'à l'accabler ; et pour avoir douté d'une miséricorde qu'il devrait cependant connaître, il se précipite dans l'éternelle damnation, au moment
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même où le sang qui lave tous les crimes a déjà commencé de couler.
Or les princes des prêtres, conduisant avec eux Jésus enchaîné, se présentent au gouverneur Pilate, demandant d'être entendus sur une cause criminelle. Le gouverneur paraît, et leur dit avec une sorte d'ennui : « Quelle accusation apportez-vous contre cet homme ? — Si ce n'était pas un malfaiteur, répondentils, nous ne vous l'aurions pas livré. » Le mépris et le dégoût se trahissent déjà dans les paroles du gouverneur, et l'impatience dans la réponse que lui adressent les princes des prêtres. On voit que Pilate se soucie peu d'être le ministre de leurs vengeances : « Prenez-le, leur dit-il, et jugez-le selon votre loi. — Mais, répondent ces hommes de sang, il ne nous est pas permis de faire mourir personne i. »
Pilate, qui était sorti du Prétoire pour parler aux ennemis du Sauveur, y^ rentre et fait introduire Jésus. Le Fils de Dieu et le représentant du monde païen sont en présence. « Etes-vous donc le roi des Juifs ? demande Pilate. — Mon royaume n'est pas de ce monde, répond Jésus; il n'a rien de commun avec ces royaumes formés par la violence ; sa source est d'en haut. Si mon royaume était de ce monde, j'aurais des soldats qui ne m'eussent pas laissé tomber au pouvoir des Juifs. Bientôt, à mon tour, j'exercerai l'empire terrestre; mais à cette heure mon royaume n'est pas d'ici-bas. — Vous êtes donc roi, enfin ? reprend Pilate. — Oui, je suis roi, » dit le Sauveur. Après avoir confessé sa dignité