LES LECTURES
La première partie de cet Ofîice est employée à lire d'abord deux passages des Prophéties, et ensuite le récit de la Passion. On commence par un fragment du prophète Osée, dans lequel le Seigneur annonce ses vues de miséricorde envers son peuple nouveau, le peuple de la gentilité, qui était mort, et qui doit, dans trois jours, ressusciter avec ce Christ qu'il ne connaît pas ,encore. Ephraïm et Juda ne seront pas traités
Le Vendredi Saint.
ainsi ; leurs sacrifices matériels n'ont point apaisé un Dieu qui n'aime que la miséricorde, et qui rejette ceux qui n'ont que la uarcté du cccur.
U X.C dicit Do *• "* In tribulatif
[Osée. Chap. VI.)
1/ oici ce que dit le Sei- * ^ncur : Dans la tribulation ils se hâteront de venir vers moi dès le matin. Vcn-z.
diront-ils, et retournons au Seigneur ; car c'est lui-même qui nous a blessés et qui nous guérira. Après dcu\ jours il nous rendra la vie ; le troisième jour il nous ressuscitera, et nous vivrons en sa présence. Nous sau'^ons alors ; et nous suivrons le Seigneur, afin de le connaître davantage. Son lever se prépare comme celui de l'aurore ; et il descendra sur nous comme les pluies de l'automne et du printemps sur la terre. Ei le Seigneur dira :
Que ferai-je de toi. ô Ephraïm ? Que ferai-je de toi, ô Juda ? Vos bons sentiments n'ont pas eu plus de durée que les nuages du matin, et que la rosée qui sèche en un instant. C'est pourquoi je les ai traités durement par mes prophètes, et je les ai mis à mort par les paroles de ma
Jominus :
tione sua iiianc consurgent ad me.
\'enitc, et revertamur ad Dominum: quia ipse cepit. et sanabit nos : percutict. et curabit nos.
X'ivificabit nos post duos dies : in die tertia suscitabit nos, et vivemus in conspectu ejus. Sciemus.
sequemurque ut cognoscamus Dominum. Quasi diluculum prœparatus est egressus ejus ; et veniet quasi imber nobis temporaneus et serotinus terrae. Quid faciam tibi Ephraim ? Quid faciam tibi Juda? Alisericordia vestra quasi nubes matutina : et quasi ros mane pertransiens. Propter hoc dolavi in prophetis, occidi eos in verbis oris mei : et judicia tua, quasi lux, egredientur.
Quia misericordiam volui, et non sacrificium ; et scientiam Dei, plus
quam holocausta. bouche; et je rendrai claire
comme le jour l'équité de mes jugements sur toi. Car c'est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice: et je préfère la connaissance de Dieu à tous les holocaustes que vous pouvez m'offrif.
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Le Trait emprunté au Cantique du prophète Habacuc, que nous avons chanté à Laudes, prédit le second avènement du Christ, quand il viendra entouré de gloire et d'épouvante faire justice de ceux qui l'ont crucifié.
SEIGNEUR, j'ai entendu votre parole, et j'ai été saisi de crainte : j'ai considéré vos œuvres, et j'ai été épouvanté.
j^. Vous vous manifesterez au milieu de deux animaux; lorsque les années seront accomplies, et quand le temps sera venu, vous vous ferez voir de nouveau.
f. Alors mon âme sera troublée ; mais vous vous souviendrez de votre miséricorde envers elle, au jour de votre colère.
j^. Dieu viendra du Liban, et celui qui est saint descendra de la montagne ombragée et boisée.
f. Sa majesté couvrira les cieux ; et la terre sera remplie de sa gloire.
DOMINE, audivi auditum tuum, et timui :
consideravi opéra tua, et expavi.
f. ïn medio duorum animalium innotesceris :
dum appropinquaverint anni, cognosceris : dum advenerit tempus, ostenderis.
f. In eo, dum conturbata fuerit anima mea; in ira misericordiae memor eris.
^. Deus a Libano veniet, et sanctus de monte umbroso et condenso.
j^. Opérait cœlos majestas ejus : et laudisejus plena est terra.
L'Eglise recueille les vœux de ses enfants dans la' Collecte qui suit, où rappelant au Père céleste sa terrible justice envers Judas et son ineffable miséricorde envers le larron, elle demande que les dernières traces du vieil homme soient enlevées de nos âmes, et que nous méritions de ressusciter avec Jésus-Christ.
Le Vendredi Saint.
Le Diacre dit :
I lectamus genua. [ Fléchissons les genoux
I>c Sous-Diacre :
Levate, 1 Levez-vous.
COLLECTE
ODiEU, de qui Judas a reçu la punition de son crime, et le larron la recompense de sa confession, faitesnous ressentir l'effet de votre miséricorde ; afin que, comme notre Seigneur Jésus-Chrisl, dans sa Passion, a traité l'un et l'autre selon son mérite, de même il détruise en nous le mal qui procède du vieil homme, et nous accorde d'avoir part à sa résurrection ; Lui qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Amen.
EUS, a quo et Judas reatus sui pœnam, et confessionis suae latro praemium sumpsit : concède nobis tuae propitiationis effectum : ut, sicut in Passione sua Jésus Christus Dominus noster diversa utrisque intulit stipendia meritorum ; ita nobis, ablato Vetustatis errore, resurrectionis suae gratiam largiatur. Qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia sascula saeculorum. Amen.
A cette Oraison succède la deuxième Lecture prophétique. Elle est empruntée au livre de l'Exode, et remet sous les yeux le touchant symbole de l'Agneau pascal, en ce moment où la figure s'évanouit devant la réalité. Cet agneau est sans tache comme notre Emmanuel, son sang préserve de la mort ceux dont les demeures en sont marquées. Il ne doit pas seulement être immolé; il faut qu'il soit la nourriture de ceux qui sont sauvés par lui. Il est le mets du voyageur, qui le mange debout, comme n'ayanr
pas le loisir de s'arrêter dans la course rapide de cette vie. L'immolation de 1' Agneau ancien, comme celle du nouveau, est le signal de la Pâque.
[Exod. Chap. XII.)
diebus illis : Dixit
DANS ces jours-là, le Seigneur dit à Moïse et à Aaron dans la terre d'Egypte :
Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois ; il sera le premier des mois de l'année. Parlez à toute l'assemblée des enfants d'Israël, et dites-leur: Au dixième jour de ce mois, chacun prendra un agneau pour sa famille et pour sa maison. S'il n'y a pas dans sa maison un nombre de personnes suffisant pour pouvoir manger l'agneau, il en prendra chez son voisin, dont la maison tient à la sienne, autant qu'il en faut pour pouvoir manger l'agneau. Cet agneau sera sans tache, mâle, et de l'année ; vous pourrez même, au défaut, prendre un chevreau qui soit dans les "mêmes conditions. Vous garderez cet agneau jusqu'au quatorzième jour de . ce mois ; et sur le soir, la multitude des enfants d'Israël l'immolera. Et ils prendront de son sang, et ils en mettront sur les deux poteaux et sur le haut des portes des maisons où ils le mangeront.
Cette même nuit, ils en mangeront la chair rôtie au feu,
1J Dominus ad Moysen et Aaron in terra ^Egypti : Mensis iste vobis principium mensium :
primus erit in mensibus anni. Loquimini ad universum cœtum filiorum Israël, et dicite eis : Décima die mensis hujus toUat unusquisque agnum per familias et domos suas. Sin autem minor est numerus, ut sufficere possit ad vescendum agnum, assumet vicinum suum, qui junctus est domui suae : juxta numerum animarum, quae sufficere possunt ad esum agni. Erit autem agnus absque macula, masculus, anniculus: juxta quem ritum tolletis et hœdum. Et servabitis eum usque ad quartam decimam diem mensis hujus. Immolabitque eum universa multitudo filiorum Israël ad vesperam. Et sument de sanguine ejus : ac ponent super utrumque postem, et in superliminaribus domorum, in quibus co-
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mcdcnt illum. Et edcnt carnes nocte illa assas igni, et azymos panes, cum lactucis aprcstibus.
Non comcdetis ex eo crudum quid, nec coctum aqua : sed tantum assum ii^ni. Caput cum pcdibus ejus et intestinis vorabitis : nec remancbil quidquam ex eo usquc mane.
Si quid rcsiduum fuerit, igné comburctis. Sic autem comcdetis illum. Renés vestros accingetis :
et calceamenta habebitis in pedibus, tenentes baculos in manibus : et comedetis festinanter. Est enim Phase, id est Transitus Domini.
A la suite de cette admirable page de l'Ancien Testament, l'Eglise chante le Trait suivant, qui est formé du Psaume cxxxix. C'est le cri de détresse du Messie tombé, par la trahison, entre les mains de ses ennemis.
avec des pains sans levain et des laitues sauvages. Vous ne mangerez rien de cet agneau qui soit cru ou qui ait été cuit dans l'eau, mais il sera seulement rôti au feu. Vous en mangerez la tête avec les pieds et les intestins : et il n'en devra plus rien rester pour le matin suivant. S'il en restait quelque chose, vous aurez soin de le consumer par le feu. Voici en quelle tenue vous le mangerez : vous ceindrez vos reins ; vous aurez des souliers aux pieds et un bâton à la main, et vous mangerez à la hâte. Car c'est !a Pâque, c'est-à-dire le Passage du Seigneur.
ERIPE me, Domine, ab homine malo : a viro iniquo libéra me.
f. Qui cogitaverunt malitias in corde : tota die constituebant praelia.
y. Acuerunt linguas suas sicut serpentis : venenum aspiduna sub labiis eorum.
f. Custodi me, Domi-
ARRACHÉz-.MOi. Seigneur, à l'homme méchant ; delivrez-moi de l'homme injuste.
j^. Ils forment dans leurs cœurs des desseins iniques; tous les jours ils me livrent des combats.
j^. Ils aiguisent leurs langues comme des serpents : un venin d'aspic est sous leurs, lèvres.
j^. Défendez-moi. Seigneur,
des attaques du pécheur, et délivrez-moi des hommes injustes.
^. Ils cherchent le moyen de me renverser par terre :
ces superbes m'ont dressé secrètement des pièges.
f. Ils ont tendu des filets et préparé des embûches sur ma route.
f. J'ai dit au Seigneur:
Vous êtes mon Dieu : exaucez, Seigneur, mon humble prière.
f. Seigneur, Seigneur, ma force et mon salut, couvrez ma tête de votre bouclier, au jour du combat.
j^. Ne livrez pas, Seigneur, à la haine des pécheurs celui qui vous implore ; ils ont résolu ma perte: ne m'abandonnez pas, de peur qu'ils n'en triomphent.
^. Mais tous leurs détours, tout l'artifice de leurs propos retomberont sur eux.
j^. Les justes loueront votre nom, Seigneur ; et ceux qui ont le cœur droit habiteront avec vous.
ne, de manu peccatoris :
et ab hominibus iniquis libéra me.
j^. Qui cogitaverunt supplantare gressus
meos : absconderunt superbi laqueum mihi.
j^. Et funes extenderant in laqueum pedibus meis : juxta iter scandalum posuerunt mihi.
j^. Dixi Domino : Deus meus es tu : exaudi, Domine, vocem orationis meae.
f. Domine, Domine, virtus salutis meae, obumbra caput meum in die belji.
y. Ne tradas me a desiderio meo peccatori : CO' gitaverunt adversus me, ne derelinquas me, ne unquam exaltentur.
j^. Caput circuitus eorum, labor labiorum ipsorum operiet eos.
f. Verumtamen justi confitebuntur nomini tuo : et habitabunt recti cum vultu tuo.
Les Prophètes nous ont préparés à entendre l'accomiSlissement de leurs divins oracles. La sainte Eglise va nous faire entendre le récit même de la Passion du Rédempteur. C'est le quatrième Evangéliste, saint Jean, le témoin des scènes du Calvaire, qui doit nous raconter les dernières heures de la vie mortelle de l'Homme-Dieu, et faire passer
LAPASSîON ET LA SEM \INk SAINTE.
Le VendreiXi Saint.
dans nos âmes réniotion dont la sienne fut pénétrée lorsque, en ce jour, la victime du genre humain expira sur la Croix.
Passio Domini nostri Jesu Christi secundum Johannem.GAP. xviii.
IN illo tempore : Ingressus est Jésus cum discipulis suis, trans torrenlem Cedron, ubi erat hortus, in quem introivit jpse, et discipuli ejus.
Sciebat autem et Judas, qui tradebaleum, locum :
quia fréquenter Jésus convenerat illuccum discipulis suis. Judas ergo cum accepisset cohortem, et a pontificibus et pharisasis ministres : venit illuc cum laternis, et facibus. et armis. Jésus itaque sciens omnia, quas Ventura erant super eum : processit, et dixit eis :
(^uem quaeritis ? Respood^runt ei: Jesum Nazarenum. Dicit eis Jésus :
Ego sum. Stabat autem et Judas, qui tradebat eum, cum ipsis. Ut ergo dixit eis : Ego sum : abierunt retrorsum, et ceciderunt in terram. Iterum ergo interrogavit eos :
Quem quaeritis? Illi autem dixerunt : Jesum Nazarenum, Respondit Jésus : Dixi vobis, quia ego sum. Si ergo me
La Passion de notre Seigneur Jésus-Christ scion sainJ Jean. Chap. xvm.
EN ce temps-là, Jésus s'en alla avec ses disciples au delà du torrent de Cédron. Oi il y avait là un jardin dan^ lequel il entra, lui et ses disciples. Judas qui le trahissait connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus y venait souvent avec ses disciples. Judas donc ayant pris une cohorte et des gens que les princes des pré' très et les pharisiens lui donnèrent, vint en ce lieu avec des lanternes, des torches et des armes. Jésus donc, sachant ce qui devait arriver, s'avança et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : Cest moi. Or Judasqui le trahissait était avec eux. Lors donc cju'il leur eut dit : C'est moi. ils reculèrent de quelques pas et tombèrent à terre.
Il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous?
Ils dirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur répondit: Je vous ai dit que c'est moi : si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci.
Afin que fût accomplie la pa- U}\t qu'il avait dite : De ceux
Le Vendredi Saint,
que vous m'avez donnés, je n'en ai perdu aucun. Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, et frappa un serviteur du grand-prêtre, et lui coupa l'oreille droite ; or ce serviteur avait nom Malchus. Mais Jésus dit à Pierre:
Remets ton épée dans le fourreau. Le calice que mon Père m'a donné, ne le boirai-je donc pas ?
Alors la cohorte et le tribun, et les satellites des Juifs, se saisirent de Jésus et le lièrent. Et ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, parce qu'il était le beau-père de Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là. Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : Il est expédient qu'un seul homme meure pour le peuple. Simon Pierre suivait Jésus, et aussi unautre disciple ; or ce disciple étant connu du grand-prêtre, il entra avec Jésus dans la cour du grand-prêtre. Et comme Pierre se tenait à la porte au dehors, l'autre disciple, qui était connu du grand-prêtre, sortit et parla à la portière, et elle fit entrer Pierre. Cette servante commise à la porte dit donc à Pierre : Es-tu aussi des disciples de cet homme ? Il répondit : Je n'en suis
quaeritis, sinitehos abire.
Ut impleretur sermo quem dixit : Quia quos dedisti mihij non perdidi ex eis quemquam. Simon ergo Petrus habens gladium, eduxit cum, et per' cussit Pontificio servum, et abscidit auriculam ejus dexteram. Erat autem nomen servo Malchus. Dixit ergo Jésus Petro : Mitte gladium tuum in vaginam. Calicem, quem dédit mihi Pater, non bibam illum ?
Cohors ergo et tribunus et ministri Judaeorum comprehenderunt Jesum, et ligaverunt eum, et adduxerunt eum ad Annam primum. Erat enim socer Caiphae. qui erat Pontifex anni illius.
Erat autem Caiphas, qui consilium dederat Judseis : Quia expedit unum hominem mori pro populo. Sequebatur autem Jesum Simon Petrus, et alius discipulus. Discipulus autem ille erat notus Pontifici: et introivit cum Jesu in atrium Pontificis. Petrus autem stabat ad ostium foris.
Exivit ergo discipulus alius, qui erat notus Pontifici ; et dixit ostiariae, et introduxit Petrum.
Dicit ergo Petro ancilla ostiaria ; Numquid et tu
Le Vendredi Saint.
2X discipulis es hominis istius?r)icit illerNon sum.
Stabant autem servi et ministri ad pruna^, quia frigus erat : et calefaciebant se. Erat autem cum eis et Peirus stans, et calefacicns se.
Pontifex ergo interrogavit .Icsum de discipulis suis, et de doclrina ejus.
Respondit ci Jésus : Ego palam locutus sum mundo. Ego semper docui in synagoga, et in templo, quo omnes Judaei conveniunt : et in occulto locutus sum nihil. Quid me interrogas ? Interroga eos qui audierunt quid locutus sim ipsis ; eccQ hi sciunt quae dixerim ego. Hase autem cum dixisset, unus assistens ministrorum dédit alapara Jesu, dicens : Sic respondes Pontifici ? Respondit ei Jésus : Si maie locutus sum. testimonium perhibe de malo: si autem bene, quid me caedis ?Et misiteum Annas ligatum ad Caipham Pontificem.
Erat autem Simon Petrus stans, et calefaciens se.
Dixerunt ergo ei : Numquid et tu ex discipulis ejus es ? Negavit ille, et dixit : Non sum. Dicit ei unus ex servis Pontificis, cognatus ejuscujus abscidit Petrus auricu-
point. Les serviteurs et les gardes, rangés autour d'un brasier, se chauffaient ; car il faisait froid. Et Pierre était aussi avec eux, debout et se chauffant.
Cependant le grand-prétre interrogea Jésus touchant ses disciples et sa doctrine. Jésus lui répondit : J'ai parlé publiquement au monde ; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret.
Pourquoi m'interrogcz-vous ?
Interrogez ceux qui m'ont entendu sur ce que je leur ai dit ; ceux-là savent ce que j'ai dit. Après qu'il eut dit cela, un des gardes là présent donna un soufflet à Jésus, disant : Est-ce ainsi que tu réponds au grandprétre ? Jésus lui dit : Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? Et Anne Tenvova lié chez Caïphe le grandprétre. Cependant Simon Pierre était debout et se chauffait. Quelques-uns donc lui dirent : N'es-tu pas aussi de ses disciples ? Il le nia, et dit : Je n'en suis point. Un des serviteurs du grandprêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit : Ne tai-je pas vu
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avec lui dans le jardin ?
Pierre le nia de nouveau ; et aussitôt le coq chanta.
Ils amenèrent Jésus de chez Gaïphe dans le prétoire. Or c'était le matin, et eux n'entrèrent point dans le prétoire, afin de ne se point souiller, et de pouvoir manger la Pàque. Pilate vint donc à eux dehors, et dit : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? Ils répondirent : Si ce n'était pas un malfaiteur, nous ne vous l'aurions point amené. Pilate leur dit :
Prenez-le vous-mêmes : et le jugez selon votre loi. Les Juifs lui dirent : Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort ; afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite touchant la mort dont il devait mourir. Pilate donc rentra dans le prétoire, et appela Jésus, et lui dit : Etes- Vous le Roi des Juifs ? Jésus répondit : Dites-vous cela de vous-même, ou d'autres vous l'ont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Est-ce que je suis Juif? Votre nation et vos prêtres vous ont livré à moi.
Qu'avez-vous fait ? Jésus répondit : Mon royaume n'est pas de ce monde ; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs combattraient pour que je ne fusse point livré aux Juifs ; mais mainte- i nant mon royaume n'est pas i
lam : Nonne ego te vidi in horto cum illo ? Iterum ergo negavit Petrus:
et statim gallus cantavit.
Adducunt ergo Jesum a Caipha in prœtorium.
Erat autem manc. Et ipsi non introierunt in praetorium, ut non contaminarentur : sed ut manducarent Pascha. Exivit ergo Pilatus ad eos foras, et dixit : Quam accusationem affertis adversus hominemhunc ? Responderunt, et dixerunt ei :
Si non esset hic malefactor, non tibi tradidissemus eum. Dixit ergo eis Pilatus : Accipite eum vos ; et secundum legem vestram judicate eum. Dixerunt ergo ei Judaei : Nobis non liceî interficere quemquam. Ut sermo Jesu impleretur, quem dixit : significans.
qua morte esset moriturus. Introivit ergo iterum in praetorium Pilatus ; et vocavit Jesum, et dixit ei : Tu es Rex Judœerum?
Respondit Jésus : A temetipso hoc dicis, an alii dixerunt tibi de me ?
Respondit Pilatus :
Numquid ego Judseus sum ? Gens tua, et pontifices tradiderunt te mihi, Quid fecisti ? Respondit Jésus : Regnum meum non est de hoc
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mundo. Si ex hoc mundo
cssct rcgnum mcum, ministri mci utique deccrtarent, ut non iraderer Judaeis. Nunc autcm rej^nuin meum non est hinc.
Dixit itaquc ci Pilatus :
Ergo Rex es tu? Respondit Jésus : Tu dicis, quia Rex sum ego. Ego in noc natus sum. et ad hoc veni in mundum : ut testimonium perhibeam veritati.
Omnis qui est ex veritate. audit vocem meam.
Dicit ei Pilatus : Quid est Veritas ? Et cum hoc dixisset. iterum exivit ad Judreos, et dicit eis : Ego nullam invenio in eo causam. Est autem consue
de ce monde. Pilote lui dit :
Vous êtes donc Roi ? Jésus répondit : Vous le dites, je SUIS Roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité : quiconque est de la vérité, écoute ma voix.
Pilate lui dit: Qu'est-ce que la vérité ? Et ayant dit cela, il sortit encore, et alla vers les Juifs, et leur dit : Je ne trouve en lui aucun crime. La coutume est que je vous délivre un criminel à la fête de Pâque ; voulez-vous que je vous délivre le Roi des Juifs ? Alors de nouveau tous s'écrièrent : Pas celui-ci, mais Barabbas. Or Barabbas était un voleur
tudo vobis, ut unum dimittam vobis in Pascha. Vultis ergo dimittam vobis Regem Judaeorura ? Clamaverunt ergo rursum omnes dicentes : Non hune, sed Barabbam. Erat autem Barabbas latro.
Tune ergo apprehendit Pilatus Jesum, et flagellavit. Et milites plectentescoronamde spinis, imposuerunt capiti ejus, et veste purpurea circumdederunt eum. Et veniebant ad eum, et dicebant:
Ave, Rex Judaeorum. Et dabant ei alapas. Exivit ergo iterum Pilatus foras, et dicit eis : Ecce adduco vobis eum foras, ut cognoscatis quia nullam invenio in eo causam. Exivit ergo Jésus portans coronam spi-
Alors donc Pilate prit Jésus, et le fit flageller. Et les soldats ayant tressé une couronne d'épines, la mirent sur sa tête, et le revêtirent d'un manteau de pourpre. Et venant à lui, ils disaient :
Salut, Roi des Juifs ! Et ils lui donnaient des soufflets.
Pilate sortit de nouveau, et leur dit : Voici que je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime. Jésus donc sortit, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit :
Le Veyxdredi Saint.
Voilà l'homme. Les prêtres et les gardes l'ayant vu, crièrent :
Crucifiez-le, crucifiez-le.
Pilate leur dit : Prenez-le Vous-mêmes, et le crucifiez ; car moi je ne trouve point de crime en lui. Les Juifs répondirent : Nous avons une loi, et selon cette loi il doit mourir parce qu'il s'est fait Fils de Dieu. Ayant entendu cette parole, Pilate fut plus effrayé. Et entrant dans le prétoire, il dit à Jésus : D'où êtesvous ? Jésus ne lui fit pas de réponse. Pilate lui dit donc :
Vous ne me parlez point ?
Ignorez-vous que j'ai le pouvoir de vous crucifier et le pouvoir de vous délivrer ?
Jésus lui répondit : Vous n'auriez sur moi aucun pouvoir, s'il ne vous était donné d'en haut ; et c'est pour cela que le péché de celui qui m'a livré à vous est d'autant plus grand. Et depuis ce moment, Pilate cherchait aie délivrer.
Mais les Juifs criaient, disant ; Si vous le délivrez, vous n'êtes point ami de César ; car quiconque se fait Roi, se déclare contre César.
Ayant entendu ces paroles, Pilale fit amener Jésus dehors ; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé en Lithostrotos.
neam.et purpureumvesîi.
mentum. Et dicit eis ; Ecce Homo. Cum ergo vidissent eum pontifices et ministri, clamabant, dicentes : Crucifige,
crucifige euui. Dicit eis Pilatus : Accipite eum vos, et crucifigite. Ego enim non invenio in eo causam. Responderunt ei Judasi : Nos legem habemus, et secundum legem débet mori : quia Fiiium Dei se fecit. Cum ergo audisset PilaJ:us hune sermonem, magis timuit.
Et ingressus est prastorium iterum : et dixit ad Jesum : Unde es tu ?
Jésus autem responsum non dédit ei. Dicit ergo ei Pilatus : Mihi non ioqueris ? Nescis, quia potestatem habeo crucifigere te, et potestatem habeo dimittere te ? Respondit Jésus : Non haberes potestatem adversum me ullam, nisi tibi datum esset desuper. Propterea qui me tradidit tibi, majus peccatum habet. Et exinde quaerebat Pilatus d-imittere eum. Judasi autem clamabant, dicentes ; Si hune dimittis, non es amicus Csesaris. Omnis enim qui se regem facit,
grec Lithostrotos, et en
iiébreu Gabbatha.
contradicit Cœsari. Pilatus autem cum audisset h
sermones. adduxit foras Jesum, et sedit pro tribunali ia
loco qui dicitur Lithostrotos, hebraice autem Gabbatha.
Le Vendredi Saint.
Erai autem parasccvc Paschne, hora quasi sexta. lùdicit Judaeis:Ecce rex vcster. Illi autcm clamabant : Toile, toile, crucifigc eum. Dicit eis Pilatus : Regem vcstrum crucifigam ? Resnonderunl pontificcs : ^son habemus rcgem, nisi Cœsarem. Tune ergo tradidit eis illum, ut crucifigeretur. Suscepcrunt autem Jesum : et eduxcrunt. Et bajulans sibi Cruccm.exivit in eum qui dicitur Calvariœ locum. hebraicc autem Golgotha, ubi crucitixerunteum, et eum eo alios duos hinc et hinc, médium autem Jesum.
Scripsit autem et titulum Pilatus: et posuit juer Crucem. Erat aul-^m scriptum : Jésus Na- 2:arenus, Rex Judasorum. Hune ergo titulum multi Judaeorum legerunt : quia prope eivitatem erat locus, ubi crucifixus est Jésus. Et erat seriptum hebraice, graece, et latine. Dice- Bant ergo Pilato pontifices Judaeorum : Noli scribere : Rex Judaeorum:
sed quia ipse dixit, Rex sum Judœorum. Respondit Pilatus: Quod scripsi, scripsi. Militas ergo eum crucifixissent eum, acceperunt vesti-
C'ctait le jour de la préparation de la Pâquc, vers la sixième heure ; cl Pilatc dit aux Juifs: Voilà votre Roi.
Mais eux criaient: Otcz-le !
ôtez-le! erucifiez-lc! Pilale leur dit : Que je crueific votre Roi ? Les princes des prêtres répondirent: Nous n'avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié.
Et ils prirent Jésus et l'emmenèrent. Et, portant sa Croix, il vint au lieu nommé Calvaire, et en hébreu Golgotha, où ils le crucifièrent, et deux autresavec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilaie écrivit une inscription, et la fit mettre au haut de la Croix. Voici ce qu'elle portait: Jésus de Nazareth. Roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus était crucifié était près de la ville, et quelle était écrite en hébreu, en grec, et en latin. Les Pontifes des Juifs dirent donc à Pilate .
N'écrivez point : Roi des Juifs; mais bien quiladit:
Je suis le Roi des Juifs. Pilate répondit : Cequi est écrit, est écrit. Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses habits dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique; et, comme elle était sans couture, d'un seul tissu d'en haut jusqu'en bas, ils se
Le Vendredi Saint.
5ôg
dirent entre eux: Ne la divisons point, mais tirons au sort à qui elle sera; afin que s'accomplît ce que dit l'Ecriture: lisse sont partagé mes vêtements, et ils ont jeté ma robe au sort. Voilà ce que firent les soldats, sortiamur de illa cujus sit. Ut Scriptura impleretur, dicens : Partiti sunt vestimenta mea sibi, et in vestem meam miserunt sortem. Et milites quidem haec fece-
menia ejus (et fecerunt quatuor partes, unicuique militi partem) et tunicam. Erat autem tunica inconsutilis, desuper
contexta per totum. Dixerunt ergo ad invicem :
Non scindamus eam, sed
runt.
Debout près de la Croix de Jésus, étaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus ayant vu sa mère, et debout près d'elle, le disciple qu'il aimait, il dit à sa mère : Femme, voilà votre fils. Et ensuite il dit au disciple: Voilà ta mère. Et depuis cette heure le disciple la prit chez lui. Après cela, Jésus sachant que tout était accompli, afin qu'une parole de l'Ecriture s'accomplît encore, il dit : J'ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Ils entourèrent d'hysope une éponge pleine de vinaigre, et la présentèrent à sa bouche. Et Jésus ayant pris le vinaigre, dit: Tout est consommé. Et baissant la tête, il rendit l'esprit.
Stabant autem )uxta Crucem Jesu mater ejus, et soror matris ejus, Maria Cleophag, et Maria Magdalene.Cum vidisset ergo Jésus matrem et discipulum stantem, quem diligebat, dicit matri suae : Mulier, ecce filius tuus . Deinde dicit discipulo : Ecce mater tua. Et ex illa hora accepit eam discipulus in sua. Postea sciens Jésus, quia omnia consummata sunt: ut consummaretur Scriptura, dicit : Sitio.
Vas ergo erat positum aceto plénum. Illi autem spongiam plenam aceto, hyssopo circumponente?, obtulerunt ori ejus. Cum ergo accepisset Jésus acctum, dixit : Consummatum est. Et inclinato capite, tradidit spiritum.
Ici on fait une pause comme au Dimanche ùls Rameaux. Toute l'assistance se met à
Le Vendredi Saint.
genoux ; et, selon Y prosterne et on baise
I UDiGi ergo (quoniam ^ Parasccvc erat), ut non rcmancrent in cruce corpora sahbato (crat enim magnus dies ille Babbati), rogaverunt Pilatum, ut frangercntur Dorum crura, et tollerentur. Venerunt crgo milites : et primi quidem fregerunt crura, et alterius qui crucifixus est cum eo. Ad Jesum autem cum venissent, ut viderunt eum jam mortuum, non fregerunt ejus crura ; sed unus militum lancea latusejus aperuit, et continue cxivit sanguis et aqua. Et qui vidit, testimonium perhibuit: et verum est testimonium ejus. Et ille scit, quia vera dicit, ut et vos credatis. Facta sunt enim haec, ut Scriptura impleretur: Os non comminuetis ex eo. Et iterum alia Scriptura dicit : Videbunt in quem transfixerunt.
usage des lieux, on se humblement la terre.
Ç\ R ce jour-là étant celui ^^ de la Préparation, afin que lescorps ne demeurassent pas en croix durant le sabijat (car ce sabbat était un jour très solennel), les Juifs prièrent Pilate qu'on leur rompît les jambes, et qu'on les enlevât. Il vint donc des soldats qui rompirent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui. Etant venus à Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes ; mais un des soldats lui ouvrit le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. Et celui qui le vit en rend témoignage, et son témr,ignage est vrai. Et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. Ceci advint pour que cette parole de l'Ecriture fût accomplie:
Vous ne briserez pas un seul de ses os. Et il est dit encore ailleurs dans l'Ecriture : Ils verront celui qu'ils ont percé.
Tci le Diacre vient prier en silence au pied L de l'autel pour implorer sur lui-même la |fl bénédiction de Dieu; mais il ne demande ■ point celle du Prêtre, et ne fait point bénir l'encens. Les Acolytes ne l'accompagnent point non plus à l'ambon avec des fiambeaux.
Le Vendredi Saint,
Quand il a terminé la lecture de l'Evangile, le Sous-Diacre ne porte point le livre à baiser au Célébrant. La suppression de toutes les cérémonies ordinaires atteste la profonde tristesse à laquelle l'Eglise est livrée.
A PRES cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs, pria Pilate de lui laisser enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et enleva le corps de Jésus. Nicodème, celui qui, autrefois, était venu trouver Jésus de nuit, vint aussi apportant une composition de myrrhe et d'aloès, environ cent livres.
Or il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre tout neuf, où personne n'avait encore été mis. Là donc, à cause de la préparation du sabbat des Juifs, et
P OST haec autem roga- * vit Pilatum Joseph ab Arimathaea (eo quod esset discipulus Jesu, occultus autem propter metum Judaeorum) ut tolleret corpus Jesu. Et permisit Filatus. Venit ergo, et tulit corpus Jesu. Venit autem et Nicodemus, qui venerat ad Jesum nocte primum, ferensmixturammyrrhae et aloes, quasi libras centum. Acceperunt ergo corpus Jesu, et ligaverunt illud linteis cum aromatibus, sicut mos est Judceis sepelire. Erat autem in loco, ubi crucifixus est, hortus; et in horto monumentum no-
que ce sépulcre était proche, ils mirent Jésus vum, in quo nondum quisquam positus erat; Ibi ergo propter Parasceven Judaeorum, guia juxta erat monumentum, posuerunt Jesum.