‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 194 sur 249 · L'APRES-MIDI · texte numérisé non relu

L'APRES-MIDI

BIENTOT la sainte Eglise nous invitera de nouveau à venir prendre part à ses divins Offices ; en attendant, il convient que, durant ces heures qui furent celles de notre salut, nous suivions du cœur et de la pensée notre miséricordieux Rédempteur. Nous l'avons laissé sur le Calvaire au moment où on le dépouillait de ses vêtements, après lui

Le Vendredi Saint. Sgy

avoir présenté l'amer breuvage. Assistons avec recueillement et componction à la consommation du sacrifice qu'il oflre pour nous à la justice divine.

Jésus est conduit à quelques pas de là par ses bourreaux, à l'endroit où la Croix étendue par terre marque la onzième Station de la Voie douloureuse. Il se couche, comme un agneau destiné à l'holocauste, sur le bois qui doit servir d'autel. On étend ses membres avec violence, et des clous qui pénètrent entre les nerfs et les os, fixent au gibet ses mains et ses pieds. Le sang jaillit en ruisseaux de ces quatre sources vivifiantes où nos âmes viendront se purifier. C'est la quatrième fois qu'il s'échappe des veines du Rédempteur. Marie entend le bruit sinistre du marteau, et son cœur de mère en est déchiré. Madeleine est en proie à une désolation d'autant plus amère, qu'elle sent son impuissance à soulager le Maître tant aimé que les hommes lui ont ravi. Cependant Jésus élève la voix; il profère sa première parole du Calvaire : « Père, dit-il, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font i. » O bonté infinie du Créateur ! il est venu sur cette terre, ouvrage de ses mains, et les hommes l'ont crucifié ; jusque sur la Croix, il a prié pour eux, et dans sa prière il semble vouloir les excuser !

La Victime est attachée au bois sur lequel il faut qu'elle expire; mais elle ne doit pas rester ainsi étendue à terre. Isaïe a prédit que « le royal rejeton de Jessé serait arbore

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