‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 203 sur 249 · Ibid. 3q · texte numérisé non relu

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vos mains 1 ». Après cette septième et dernière parole, sa tête s'incline sur sa poitrine, d'où s'échappe son dernier soupir.

A ce moment terrible et solennel, les ténèbres cessent, le soleil reparaît au ciel ; mais la terre tremble, les pierres éclatent, la roche même du Calvaire se fend entre la Croix de Jésus et celle du mauvais larron; la crevasse violente est encore visible aujourd'hui. Dans le Temple de Jérusalem, un phénomène effrayant vient épouvanter les prêtres juifs. Le voile du Temple qui cachait le Saint des saints se déchire de haut en bas, annonçant la fin du règne des figures. Plusieurs tombeaux où reposaient de'saints personnages s'ouvrent d'eux-mêmes, et les morts qu'ils contenaient vont revenir à la vie. Mais c'est surtout au fond des enfers que le contre-coup de cette mort qui sauve le genre humain se fait sentir. Satan comprend enfin la puissance et la divinité de ce Juste contre lequel il a imprudemment ameuté les passions de la Synagogue. C'est son aveuglement qui a fait répandre ce sang dont la vertu délivre le genre humain, et lui rouvre les portes du ciel. Il sait maintenant à quoi s'en tenir sur Jésus de Nazareth, dont il osa approcher au désert pour le tenter. Il reconnaît avec désespoir que ce Jésus est le propre Fils de l'Eternel, et que la rédemption refusée aux anges rebelles vient d'être accordée surabondante à l'homme, par les mérites du sang que lui-même Satan a fait verser sur le Calvaire.

i. Luc. xxiii, 40.

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Fils adorable du Père , nous vous adorons expiré sur le bois de votre sacrifice. Votre mort si amère nous a rendu la vie. Nous frappons nos poitrines , à l'exemple de ces Juifs qui avaient attendu votre dernier soupir, et qui rentrent dans la ville émus de componction. Nous confessons que ce sont nos péchés qui vous ont arraché violemment la vie; daignez recevoir nos humbles actions de grâces pour l'amour que vous nous avez témoigne jusqu'à la fin. \'ous nous avez aimés en Dieu; désormais c'est à nous de vous servir comme rachetés par votre sang. Nous sommes en votre possession, et vous êtes notre Seigneur. \^oici que \'otre sainte Eglise nous convoque au service divin ; il nous faut descendre du Calvaire, pour nous joindre à elle et célébrer vos louanges. Bientôt nous reviendrons près de votre corps inanimé; nous assisterons à vos funérailles, et nous les accompagnerons de nos regrets et de nos larmes. Marie, votre mère, demeure au pied de la Croix; rien ne la peut séparer de votre dépouille mortelle. Madeleine est enchaînée à vos pieds glacés par la mort; Jean et les saintes femmes forment autour de vous un cortège de désolation. Nous adorons encore une fois votre corps sacré, votre sang précieux, votre Croix qui nous a sauvés.

L'OFFICE DES TENEBRES

ANS les dernières heures de l'après-midi, on anticipe, comme aux deux jours pré-

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cédents, l'Office de nuit du lendemain. Le peuple fidèle continue de s'y rendre, sans être appelé par le son des cloches, qui doivent demeurer en silence jusqu'au lendemain.

On trouvera l'Office des Ténèbres pour aujourd'hui , ci-après au Samedi saint, à VOffice de la nuit., page 620.

LE SOIR

Retournons sur le Calvaire achever cette journée du deuil universel. Nous y avons laissé Marie, en la compagnie de Madeleine, de Jean et des autres saintes femmes. Une heure s'est à peine écoulée depuis le moment où Jésus a rendu le dernier soupir, et voici que des soldats, conduits par un centurion, viennent troubler du bruit de leurs pas et de leurs voix le silence qui régnait sur la colline. Ils sont chargés d'un commandement de Pilate. Sur la demande des princes des prêtres, le gouverneur a ordonné que l'on achève les trois crucifiés, en leur brisant les jambes, qu'on les détache de la croix, et qu'ils soient ensevelis avant la nuit. Les Juifs comptaient les jours à partir du coucher du soleil ; bientôt donc va commencer' le grand Samedi. Les soldats s'avancent vers les croix : ils vont d'abord aux deux larrons, auxquels ils brisent les jambes. Ce dernier tourment achève leur existence; Dimas expire avec résignation, confiant dans la promesse de Jésus; son compagnon, obstiné dans le blasphème, meurt sans cou-

la PASSION BT LA SEMAINE SAINTE, Sq

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solaii(jii. C'est maintenant vers la Ooix Ju Rédempteur que se dirigent les soldats; le cœur de Marie frémit à leur approche; quel nouvel outrage ces hommes barbares réservent-ils au corps ensanglanté de son fils ? Ils inspectent le divin supplicié, et constatent que la vie a déjà cessé en lui ; cependant, pour s'assurer de la mort, l'un d'eux brandit sa lance et l'enfonce dans le tianc droit de la victime. Le fer pénètre jusqu'au cœur; et quand le soldat le retire, du sang et de l'eau coulent de cette dernière plaie. C'est la cinquième effusion du sang rédempteur; et c'est aussi la cinquième des plaies que Jésus reçut sur la Croix. Mais réservons le touchant mystère du Cœur ouvert de notre Sauveur, pour le jour où l'Eglise le proposera spécialement à notre adoration. Marie a senti jusqu'au fond de son âme la

f)ointe de cette lance cruelle; les pleurs et es sanglots redoublent autour d'elle. Comment donc finira cette lamentable journée Quelles mains descendront de la Croix l'in nocent Agneau gui y demeure suspendu Qui le rendra enfin à sa mère ? Les soldats se retirent, et parmi eux Longin, celui qu a osé porter le coup de lance, et qui sent déjà en lui-même un mouvement inconnu, présage de la foi dont il doit être un jour le martyr. Mais voici d'autres hommes qui s'avancent Un noble Juif, Joseph d'Arimathie, un vénérable docteur, Nicodème, gravissent respectueusement la colline, et s'arrêtent avec émotion au pied de la Croix de Jésus. Marie fixe sur eux un regard de reconnaissance. Ils sont venus Dour remettre en

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ses bras maternels le corps de son fils, et pour rendre ensuite à leur maître les honneurs de la sépulture. Ces fidèles disciples sont munis de l'autorisation du gouverneur ; Pilate a accordé à Joseph le corps de Jésus. On se hâte de détacher de la Croix les membres du Juste ; car le temps est court, le soleil est sur son déclin, et la première heure du Sabbat est proche. Près du lieu où est plantée la Croix, au bas du monticule, se trouve un jardin, et dans ce jardin une chambre sépulcrale taillée dans le roc. Aucun corps n'a été placé jusqu'ici dans ce tombeau. C'est là que Jésus va reposer. Joseph et Nicodème, chargés du précieux fardeau , descendent de la colline et déposent le corps sacré sur un quartier de roche, à peu de distance du sépulcre. C'est là que la mère de Jésus reçoit de leurs mains le fils de sa tendresse; c'est là qu'elle arrose de ses larmes, qu'elle parcourt de ses baisers tant de plaies cruelles dont son corps est couvert. Jean, Madeleine et les autres saintes femmes compatissent à la Mère des douleurs; mais l'heure presse d'embaumer ces restes inanimés. Sur cette pierre qui s'appelle aujourd'hui encore la Pierre de Vonction^ et qui marque la treizième Station de la Voie douloureuse, Joseph déploie le linceul qu'il a apporté 1; Nicodème, éont les serviteurs ont pris avec eux, par ses ordres, jusqu'à cent livres de myrrne et d'aloès 2, dispose les parfums. On lave le sang des blessures; on

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