‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 202 sur 249 · MaTTH. XXVII · texte numérisé non relu

MaTTH. XXVII

Gof) Le Vendredi Saint.

scicnilc au ciel. .Icsus n'ose plus dire : <( Mon ^'ère ! M on dirait qu'il n'est plus qu'un honinic pécheur, au pied du tribunal inflexible Je Dieu. Cependant une ardeur dévorante consume ses entrailles, et de sa bouche haletante s'échappe à grand 'peine cette parole qui est la cinquième : « J'ai soif » •. Ln des soldats vient présenter à ses lèvres mourantes une éponge imbibée de vinaigre:

c'est tout le soulagement que lui offre dans sa soif brûlante cette terre qu'il rafraîchit chac^uc jour de sa rosée, et dont il a fait jailhr les fontaines et les tieuves.

Le moment est enfin venu où Jésus doit rendre son âme à son Père. Il parcourt d'un regard les oracles divins qui ont annoncé jusqu'aux moindres circonstances de sa mission ; il voit qu'il n'en est pas un seul qui n'ait reçu son accomplissement, jusqu'à cette soif qu'il éprouve, jusqu'à ce vinaigre dont on l'abreuve. Proférant alors la sixième parole, il dit : « Tout est consommé - ». Il n'a donc plus qu'à mourir, pour mettre le dernier sceau aux prophéties qui ont annoncé sa mort comme le moyen tinal de notre rédemption. Mais il faut qu'il meure en Dieu. Cet homme épuisé, agonisant, qui tout à l'heure murmurait à peine quelques paroles, pousse un cri éclatant qui retentit au loin, et saisit à la fois de crainte et d'admiration le centurion romain qui commandait les gardes au pied de la Croix. « Mon Père! s'écrie-t-il, je remets mon esprit entre

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