LES LECTURES
LE flambeau de la résurrection répand maintenant sa lumière du haut de l'ambon par toute l'église, et son éclat réjouit saintement le cœur des fidèles. Après cet imposant prélude d'une scène qui s'annonce avec tant de grandeur, tout l'intérêt se réunit désormais sur les heureux catéchumènes dont nous suivons, depuis quarante jours, l'instruction et le progrès dans la foi et les bonnes oeuvres. Ils sont en ce moment rassemblés sous le portique extérieur de l'église. Des prêtres accomplissent sur eux les rites préparatoires au Baptême qui ont été institués par- les Apôtres, et sont remplis d'un sens si profond. D'abord les prêtres tracent sur le front de chacun d'eux le signe de la croix; puis, imposant la main sur sa tête, ils adjurent Satan de sortir de cette âme et de ce corps, et de céder la place au Christ. A l'exemple du Sauveur, ils touchent de leur
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salive les oreilles et les narines du néophyte, en disant aux oreilles : « Ouvrez-vous )> ; aux narines : « Respirez la douceur des parfums ». Le néophyte reçoit ensuite l'onction de l'Huile des Ôatéchumcnes sur la poitrine et entre les épaules; mais avant cette cérémonie, qui doit le désigner déjà comme l'athlète de Dieu, le prêtre l'a fait renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres.
Ces rites s'accomplissent d'abord sur les hommes, ensuite sur les femmes. Les enfants des fidèles, quoique en bas âge, sont admis à leur rang, selon leur sexe ; et si, parmi les catéchumènes, il en est qui soient atteints de maladie, et cependant aient voulu se faire porter à l'église pour recevoir, en cette nuit, la grâce de la regénération, les prêtres prononcent sur eux une touchante Oraison, dans laquelle on demande à Dieu qu'il daigne les secourir et confondre la malice de Satan.
Cet ensemble de rites, qui se nomme la Catéchi:{ation^ exige un long temps, à raison du grand nombre des aspirants au Baptême. C'est pour cette raison que l'Evêque s'est rendu à l'église dès l'heure de None et que l'on a commencé si tôt la grande Veille. Afin de tenir attentive toute l'assemblée, durant les heures nécessaires à l'accomplissement de tous les rites, on lit du haut de l'ambon les passages des Ecritures les plus analogues à cette solennelle circonstance. Cet ensemble de lectures complète le cours d'instruction dont nous avons suivi le développement, durant tout le Carême.
Les Leçons qui doivent être lues s'élèvent
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jusqu'au nombre de douze ; et dans l'Eglise de Rome, où on les lit successivement en latin et en grec, leur nombre équivaut à vingt-quatre. Afin de ranimer l'attention et de résumer la doctrine et les sentiments des Prophètes, une Oraison vient après chaque Leçon servir d'expression aux vœux de la sainte Eglise. De temps en temps, des Cantiques empruntés à l'Ancien Testament, et amenés par les lectures elles-mêmes, réunissent toutes les voix sur le mode touchant et mélodieux des Traits. Les aspirants au Baptême sur lesquels les rites de la Catéchization sont accomplis, ont la liberté d'entrer dans l'église, et d'y occuper leur place ordinaire. Ils achèvent de se préparer au bain sacré, en écoutant les Lectures, et en s'unissant aux Prières. Toutefois l'ensemble de la fonction présente encore un aspect de gravité austère : on sent que l'heure désirée n'a pas sonné encore. De fréquentes génuflexions, la couleur sombre des parements sacrés continuent de faire contraste avec la splendeur du Cierge mystérieux, qui répand silencieusement sa lumière sur l'assemblée sainte, encore émue des accents de triomphe que le Diacre a fait retentir, et avide de voir arriver l'heure où le Christ va ressusciter dans ses néophytes.