LA BENKDICTION DE L EAU BAPTISMALE
DURANT CCS longues lectures, ces prières et ces chants, le soleil a dès longtemps disparu, et la nuit a avancé dans son cours. Toutes les préparations sont achevées, et le moment est venu de se mettre en marche vers le Baptistère. Déjà sept Sous-Diacres s'y sont rendus pendant les lectures prophétiques, et y ont fait entendre la Litanie, répétant ses invocations d'abord sept fois, puis cinq fois, enfin trois fois. Le cortège sacré se dirige vers le lieu où est l'eau. C'est un édifice détaché de l'église, construit en rotonde ou de forme octogone. Au centre est un vaste bassin où l'on descend et d'où l'on remonte par plusieurs marches. Des canaux y amènent une eau pure, qu'un cerf en métal y verse par sa bouche. Au-dessus de la fontaine s'élève une coupole, au centre de laquelle plane l'image de l'Esprit-Saint, les ailesétendues, fécondant les eaux. Une balustrade entoure le bassin, afin que l'enceinte demeure libre pour les baptisés, et pour leurs parrains et marraines, qui seuls y pénétreront avec l'Evèque et ses prêtres. A peu de distance, on a dressé deux tentes, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes ; c'est là que se retireront un moment les nouveaux baptisés, au sortir de la
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fontaine, pour s'essuyer et changer d'habits. Voici l'ordre de la marche vers le Baptistère. Le Cierge pascal, représentant la colonne lumineuse qui dirigea Israël, à travers les ombres de la nuit, vers la mer Rouge, dans les flots de laquelle il devait trouver son salut, s'avance d'abord à la tête du corps des catéchumènes. Ceux-ci viennent à la suite, ayant à leur droite, les hommes leur parrain, les femmes leur marraine ; car c'est sur la présentation d'un chrétien de son sexe que chacun d'eux est admis à la régénération. Deux Acolytes portent, l'un le saint Chrême, l'autre l'Huile des Catéchumènes ; et à la suite du clergé, TEvêque s'avance entouré de ses ministres. Cette marche s'accomplit à la lueur des flambeaux; les étoiles brillent au ciel de tout leur éclat, et les airs retentissent de chants mélodieux. On répète les strophes du Psaume dans lequel David, soupirant après son Dieu, compare son ardeur à celle du cerf qui aspire à l'eau de la fontaine. Le cerf, dont l'image a été placée dans le Baptistère, est la figure de l'ardent catéchumène.
COMME le cerf aspire à l'eau de la fontaine, ainsi non âme, ô Dieu, soupire après vous.
y . Mon âme brûle d'une soif ardente pour le Dieu vivant : quand paraîtrai-je devant la face du Seigneur ?
j^. Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit, pendant qu'on me dit à toute
SICUT cervus desiderat ad fontes aquarum : ita desiderat anima mea ad te, Dcus.
j^. Sitivit anima mea ad Deumvivum : quando veniam, et apparebo ante faciem Dei ?
j^. Fuerunt mihi lacrymae meae panes die ac nocte, dum dicitur mihi
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pcr singulos dies : Ubi j heure : Où est ton I)icu ■' est Deus tuus ? I
On arrive bientôt au lieu du liaptûmc ; et l'Evêque, en présence de la fontaine dont les eaux limpides appellent ses bénédictions, prononce d'abord l'Oraison suivante dans laauelle il emploie, à son tour, la comparaison du cerf altéré, pour exprimer devant Dieu l'ardeur de son nouveau peuple vers la vie nouvelle dont le Christ est la source. 11 dit :
j^. Dominus vobiscum.
R). Et cum spiritu tuo.
OREMUS
OMNIPOTENS sempiterne Deus, respice propitius ad devotionem populi renascentis, qui sicut cervus, aquarum toarum expetit fontera : et concède propitius ut fidei ipsius sitis, Baptismatis mysterio animam corpusque sanctificet. Per Dominum nostrum Jesum Ghristum. Amen.
f. Le Seigneur soit avec vous :
1^. Et avdc votre esprit.
PRIONS
DIEU tout-puissant et éternel, regardez favorablement la dévotion de ce peuple qui va prendre une nouvelle naissance, et aspire, comme le cerf, à la fontaine de vos eaux salutaires : daignez faire que la soif que lui inspire sa foi sanctifie les âmes et les corps, dans le mystère sacré du Baptême.
Par Jésus-Christ N.-S.
Amen.
La bénédiction de l'eau pour le Baptême est d'institution apostolique ; et l'antiquité de cette pratique nous est attestée par les plus grands docteurs, entre autres par saint Cyprien, saint Ambroise, saint Cyrille de Jérusalem, et saint Basile. Il est juste, en effet, 3ue cette eau, instrument de la plus divine es merveilles, soit entourée de tout ce qui peut, en glorifiant Dieu qui a daigné l'associer
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à ses desseins de miséricorde sur l'humanité, la glorifier elle-même à la face du ciel et de la terre. Les chrétiens sont sortis de l'eau ; ils sont, comme disaient nos pères des premiers siècles, les heureux Poissons du Christ; rien donc d'étonnant qu'ils tressaillent de joie, en présence de l'élément auquel ils doivent la vie, et qu'ils rendent à cet élément des honneurs qui se rapportent à l'auteur même des prodiges de grâce qui vont s'opérer. La prière dont le Pontife va se servir pour bénir l'eau nous ramène au berceau de notre foi, par la noblesse et l'énergie du style de sa rédaction, par l'autorité de son langage, et par les rites antiques et primitifs dont elle est accompagnée. Elle est sur le mode pompeux de la Préface, et empreinte d'un lyrisme inspiré. Le Pontife prélude par une simple Oraison, à la suite de laquelle éclate l'enthousiasme de la sainte Eglise, qui, pour s'assurer de l'attention de tous ses enfants, provoque leurs acclamations, et les avertit de tenir leurs cœurs en haut : Sursum corda !
y. Le Seigneur soit avec