I. JOHAN. XIV
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au séjour de Satan, il y fait sentir sa présence ; et il faut à ce moment que le superbe prince de ce monde fléchisse le genou et s'humilie. Dans ce Jésus qu'il a fait crucifier par les Juifs, il reconnaît maintenant le propre Fils de Dieu. L'homme est sauvé, la mort est détruite, le péché est effacé ; désormais ce n'est plus au sein d'Abraham que descendront les âmes des justes : c'est au ciel, avec les Anges fidèles, qu'elles s'élèveront pour y régner avec le Christ, leur divin Chef. Le règne de l'idolâtrie va succomber ; les autels sur lesquels Satan recevait l'encens de la terre sont ébranlés et crouleront partout. La maison du fort armé est forcée par son adversaire divin ; ses dépouilles lui sont enlevées 1 ; la cédule de notre condamnation est arrachée au serpent, et la Croix qu'il avait vu s'élever pour le Juste, avec tant de joie, a été pour lui, selon l'énergique expression de saint Antoine, comme un hameçon meurtrier que l'on présente sous un appât au monstre marin qui meurt en se débattant, après l'avoir avalé.
L'âme de Jésus fait sentir aussi sa présence aux justes qui soupirent dans les feux de l'expiation. Sa miséricorde allège leurs souffrances et abrège le temps de leur épreuve. Plusieurs d'entre eux voient finir leurs peines durant ces trois jours, et se joignent à la foule des saints, pour entourer de leurs vœux et de leur amour celui qui ouvre les portes du ciel. Il n'est pas contraire à la foi chrétienne de penser, avec de doctes théolo-
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gicns, que le séjour de l'Homme-Dicu dans la région voisine du limbe des enfants leur apporta aussi quelque consolation ; et qu'ils connurent alors qu'un jour ils reprendront leurs corps, et verront s'ouvrir pour eux une demeure moins sombre et plus riante que celle où la divine justice les retient captifs jusqu'au jour du grand jugement.
Nous vous saluons et nous vous adorons, âme de notre Rédempteur, durant ces heures que vous daignez passer avec nos pères, dans les entrailles de la terre. Nous glorifions votre bonté ; nous admirons votre tendresse envers vos élus dont vous avez daigné faire vos frères. Nous vous rendons grâces d'avoir humilié notre redoutable ennemi ; daignez l'abattre toujours sous nos pieds. Mais, o Emmanuel, assez longtemps vous avez habité la tombe : il est temps de réunir votre âme à son corps. Le ciel et la terre attendent votre résurrection, et déjà votre Eglise impatiente de revoir son Epoux a prononcé l'Allcluia ! Sortez du sépulcre, auteur de la vie ! triomphez de la mort et régnez à jamais.
Le Missel ambrosien nous donnera, pour terminer cette journée et ce volume, Tune de ses plus belles pièces liturgiques. C'est la Préface pour la bénédiction du Cierge pascal, dans laquelle le mystère de cette dernière P-uit est traité avec une onction touchante et un accent poétique digne d'un si grand sujet.
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