I. Matth. XII
LA PASSION ET LA SEMAINE SAINTE. 48
Le Samedi Saint.
déployer de majesté, et montrer la force et la gloire de l'ICmmanuel. Au moment où Jésus a rendu sur la Croix son dernier soupir, le limbe des justes s'est vu tout à coup illuminé des splendeurs du ciel. L'âme du Rédempteur unie à la divinité du Verbe estdescendue en un instant au milieu de ces ombres, et du lieu de l'exil elle a fait un paradis. C'est la promesse du Christ mourant au voleur repentant : « Aujourd'hui tu seras avec moi en Paradis. »
Qui pourrait dire le bonheur des justes, à ce moment attendu depuis tant de siècles ; leur admiration et leur amour à la vue de cette âme divine qui vient à la fois partager et dissiper leur exil ? Quels regards de bonté l'âme de Jésus arrête sur cet immense troupeau d'élus que quarante siècles lui ont fourni, sur cette portion de son Eglise qu'il a acquise par son sang, et à qui les mérites de ce sang divin furent appliqués par la miséricorde du Père, avant même qu'il fût versé ! Nous qui, au sortir de ce monde, avons l'espoir de monter vers celui qui est allé nous préparer une place dans les cieux i, unissonsnous aux joies de nos pères, et adorons la condescendance de notre Emmanuel, qui daigne s'arrêter trois jours dans ces demeures souterraines, pour ne laisser rien dans les destinées, même passagères, de l'humanité, qu'il n'ait accepté et sanctitié.
Mais, dans cette visite aux lieux infernaux, le Fils de Dieu vient aussi manifester son pouvoir. Sans descendre substantiellement