Hom. XXX. in Gènes
4 La Passion et [a Semaine sainte.
accordée de faire usage des œufs s'arrête vers le milieu de la semaine, et demeure suspendue en plusieurs lieux jusqu'à la fête de Pâques. Les Eglises d'Orient, fidèles aux traditions de l'antiquité, continuent d'observer la rigoureuse abstinence qui , depuis notre Dimanche de Quinquagésime , donne son nom de Xérophagie à cette longue période où il n'est permis de manger que des aliments secs.
Quant au jeûne, dans l'antiquité, il s'étendait aussi loin que les forces humaines le êouvaient permettre. Nous voyons par saint ^piphane ^ (^u'il y avait des chrétiens qui le prolongeaient depuis le lundi matin jusqu'au chant du coq le jour de Pâques. Sans doute, ce n'était que le petit nombre des fidèles qui pouvait atteindre à un tel effort; les autres se contentaient de passer, sans prendre de nourriture, deux, trois ou quatre jours consécutifs ; mais l'usage commun était de demeurer sans manger depuis le Jeudi saint au soir jusqu'au matin au jour de Pâques. Les exemples de cette rigueur ne sont pas rares, même de nos jours, chez les chrétiens orientaux et en Russie : heureux si ces œuvres d'une pénitence courageuse étaient toujours accompagnées d'une ïerme adhésion a la foi et à l'unité de l'Eglise, hors de laquelle le mérite de tant de fatigues devient nul pour le salut !
Les veilles prolongées la nuit dans l'église ont été aussi l'un des caractères de la Semaine sainte dans l'antiquité. Le Jeudi