I. Matth. XXIV, 3o
128 Le Dimanche de la Passion.
L'Introït est le début du Psaume xlii. Le Messie implore le jugement de Dieu, et proteste contre la sentence que les hommes vont porter contre lui. 11 témoigne en môme temps son espoir dans le secours de son Père, qui, après Tépreuve, l'admettra triomphant dans sa gloire.
JUDICA me , Deus , et discerne causam meam de gente non sancta : ab homine iniquo et doloso eripe me : quia tu es Deus meus, et fortitudo mea-
P5.F2mitte lucem tuam, et veritatem tuam: ipsa me deduxerunt et adduxerunt in montcm sanctum tuum, et in tabernacula tua. Judica me.
ODiEU, jugez-moi. et séparez ma cause de celle d'un peuple impie ; arrachezmoi à l'homme inique et trompeur, parce que vous êtes mon Dieu et ma force.
Ps. Envoyez-mei votre lumière et votre vérité : elles me guideront et me conduiront jusqu'à votre montagne sainte et à vos tabernacles. O Dieu, jugez-moi.
On ne dit plus Gloria Fatri, si ce n'est aux messes des Fêtes; mais on répète l'Introït.
Dans la Collecte, l'Eglise demande pour ses enfants cette complète réforme que le saint temps du Carême est appelé à produire, et qui doit tout à la fois soumettre les sens à l'esprit, et préserver l'esprit des illusions et des entraînements auxquels il n'a été que trop sujet jusqu'à présent.
COLLECTE
OU^suMUs , omnipotens Deus. familiam tuam propitius respice :
DAIGNEZ, Dieu tout-puissant, regarder votre famille d'un oeil favorable ; éi
Le Dimanche de la Passion.
par vos soins paternels conduisez-la au dehors et gardez-la au dedans. Par Jésus- Christ notre Seigneur.Amen.
ut, te largiente, regatur in corpore, et, te servante , custodiatur in mente. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
On ajoute ensuite l'une des deux Oraisons suivantes:
CONTRE LES PERSECUTEURS DE l'EGLISE.
DAIGNEZ, Seigneur, vous laisser fléchir par les prières de votre Eglise, afin que, toutes les adversités et toutes les erreurs ayant disparu, elle puisse vous servir dans une paisible liberté.
CCLESi^ tuae, quaesup mus Domine, preces placatus admitte : ut, destructis adversitatibus et erroribus universis, secura tibi serviat libertate.
POUR LE PAPE
^^ Dieu, qui êtes le Pasteur \J et le Conducteur de tous les fidèles, regardez d'un œil propice votre serviteur N., que vous avez mis à la tête de votre Eglise en qualité de Pasteur ; donnez-lui , nous vous en supplions , d'être utile par ses paroles et son exemple à ceux qui sont sous sa conduite, afin qu'il puisse parvenir à la vie éternelle avec le troupeau qui lui a été confié. Par Jésus-Christnotre Seigneur. Amen.
Lecture de l'Epître de saint Paul , Apôtre , aux Hébreux. Chap. IX.
MES frères, Jésus-Christ, le Pontife des biens futurs,
EUS , omnium fide- |J lium Pastor et Rector, famulum tuum N.
quem Pastorem Ecclesiae tuai praeesse voluisti, propitius respice : da ei, quaesumus, verbo et exemplo, quibus praeest, proficere ; ut ad vitam, una cum grege sibi credito, perveniat sempiternam.
Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Hebraeos. Cap. ix.
FRATREs : Christusassistens Pontifex futu-
LA PASSION liT LA SSMAINt SAINTE.
j3o Le Dimanche de la Passion.
rorum bonorum, pcr amplius cl perfectius tabernaculum non manufactum, id est, non hujus creationis : neque per sanguinem hircorum aut vitulorum, sed per proprium sanguinem introivitsemel in Sancia. aeterna redempiione inventa.
Si enim sanguis hircorum et taurorum. et cinis vitulae aspersus inquinatos sanctificat ad emundationem carnis : quanlo magis sanguis Christi , qui per Spiritum Sanctum seraetipsum obtulit immaculatum Dfeo, emundabit conscientiam nostram ab operibus mortuis, ad serviendum Dec viventi ? Et ideo novi Testamenti mediatorest :
ut morte intercedente , in redemptionem earum praevaricationum , quae erant sub priori Testamenlo , repromissionem accipiant,qui vocati sunt, aeternas haereditatis : in Christo Jesu Domino nostro.
étant venu a paraître, est entré une fois dans le sanctuaire par un tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'a point été fait de main d'homme, c'est-à-dire qui n'a point été formé par la voie commune et ordinaire. Il est entré une fois dans le Saint des Saints, non avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang , nous ayant acquis une rédemption éternelle ; car si le sang des boucs et des taureaux, et l'aspersion de l'eau mêlée avec la cendre d'une génisse, sanctifient ceux quioat été souillés, et leur donnent une pureté extérieure et charnelle : combien plus le sang du Christ qui par TEsprit- Saint s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache , purifiera-t-il notre conscience de ses œuvres mortes, pour nous rendre capables de servir le Dieu vivant ? Et c'est pourquoi il est le médiateur du Testament nouveau , ahn que , par fa mort qu'il a subie pour racheter les prévarications commises sous le premier Testament, ceux qui y sont appelés reçoivent l'héritage éternel, en Jésus-Christ notre Seigneur.
C'est seulement par le sang que l'homme peut être racheté. La majesté divine offensée ne s'apaisera que par l'extermination de la
Le Dimanche de la Passion. j3i
créature rebelle qui, par son sang épanché à terre avec sa vie, rendra témoignage de son repentir et de son abaissement extrême devant celui contre lequel elle s'est révoltée. Autrement la justice de Dieu se compensera par le supplice éternel du pécheur. Tous les peuples l'ont compris, depuis le sang des agneaux d'Abel jusqu'à celui qui coulait à flots dans les hécatombes de la Grèce, et dans les innombrables immolations par lesquelles Salomon inaugura la dédicace de son temple. Cependant Dieu dit : « Ecoute, Israël, je suis ton Dieu. Je ne te ferai pas de reproches sur tes sacrifices : tes holocaustes s'accomplissent fidèlement devant moi ; mais je n'ai pas besoin de tes boucs ni de tes génisses. Toutes ces bêtes ne sontelles pas à moi? Si j'avais faim, je n'aurais pas besoin de te le dire : l'univers est à moi, et tout ce qu'il renferme. Est-ce que la chair des taureaux est ma nourriture ? est-ce que le sang des boucs est un breuvage pour moii ? )) Ainsi Dieu commande les sacrifices sanglants, et il déclare qu'ils ne sont rien à ses yeux. Y a-t-il contradiction ? Non : Dieu veut à la fois que l'homme comprenne qu'il ne peut être racheté que par le sang, et que le sang des animaux est trop grossier pour opérer ce rachat. Sera-ce le sang de l'homme qui apaisera la divine justice ? Non encore : le sang de l'homme est impur et souillé; d'ailleurs, fût-il pur, il est impuissant à compenser l'outrage fait à un Dieu. Il faut le sang d'un Dieu; et Jésus s'apprête à répandre tout le sien.