Le Dimanche de la Passion
ei : Nonne benc dicimus nos quia Samaritanus es tu, et daemonium habcs ?
Hespondit Jésus : Ego damonium non habeo :
sed honorifico Patrem meum, et vos inhonorastis me. Ego autem non quaero gloriam meam :
est qui quaerat et judicet.
Amen, amen dico vobis :
Si quis sermonera meum servaverit, mortem non videbit in aeternum. Dixeruntergo Judaei : Nunc cognovimus quia daemonium habes. Abraham mortuus est, et Prophatae : et tu dicis : Si quis sermonem meum servaverit, non gustabit mortem in aeternum. Numquid tu major es pâtre nostro Abraham , qui mortuus est ? et Prophetae mortui sunt. Quem teipsum facis ? Respondit Jésus : Si ego glorifie© meipsum, gloria mea nihil est : est Pater meus, qui glorificat me,
Suem vos dicitis quia >eus vester est, et non cognovistiseum ; ego autem novi eum : et si dixero quia non scio eum, ero similis vobis mendax. Sed scio eum , et sermonem ejus servo.
Abraham pater vester exultavit ut videret diem meum : vidit, et gavisus
dire que vous êtes un Samaritain, et que vous êtes possédé du démon ? Jésus répondit : Je ne suis point possédé du démon ; mais j'honore mon Père, et vous me déshonorez.
Pour moi, je ne cherche pas ma gloire; il est un autre qui la cnerchera et qui jugera.
En vérité, en vérité, je vous le dis : Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Les Juifs lui dirent donc : Maintenant nous voyons bien que le démon est en vous. Abraham est mort, et les Prophètes aussi ; et vous dites: Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. Etes-vous donc plus grand que notre père Abraham, qui est mort, et que les Prophètes qui aussi sont morts ? Que prétendezvous être ? Jésus répondit :
Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien; c'est mon Père qui me glorifia.
Vous dites qu'il est votre Dieu, et vous ne le connaissez pas; mais moi je le connais. Et si je disais que je ne le connais pas , je serais comme vous un menteur.
Mais je le connais et je garde sa parole. Abraham votre père a désiré ardemment de voir mon jour: il l'a vu, et il ena été comblé de joie. Les Juifs lui dirent: Vous n'avez pas encore cinquante ans : et vous avez vu Abraham î
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Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis: avant qu'Abraham fût créé, je suis.
Alors ils prirent des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se cacha, et sortit du temple.
est. Dixerunt ergo Judaei ad eum : Quinquaginta annos nondum habes, et Abraham vidisti ? Dixit eis Jésus : Amen , amen dico vobis , antequara Abraham fieret , ego sum. Tulerunt ergo lapides ut jacerent in eum :
Jésus autemabscondit se, et exivit de templo.
On le voit, la fureur des Juifs est au comble , et Jésus est réduit à fuir devant eux. Bientôt ils le feront mourir; mais que leur sort est différent du sien ! Par obéissance aux décrets de son Père céleste, par amour pour les hommes, il se livrera entre leurs mains, et ils le mettront à mort; mais il sortira victorieux du tombeau, il montera aux cieux, et il ira s'asseoir à la droite de son Père. Eux , au contraire , après avoir assouvi leur rage, ils s'endormiront sans remords jusqu'au terrible réveil qui leur est préparé. On sent que la réprobation de ces nommes est sans retour. Voyez avec quelle sévérité le Sauveur leur parle : « Vous n'écoutez pas la parole de Dieu, parce que vous n'êtes pas de Dieu. » Cependant il fut un temps où ils étaient de Dieu : car le Seigneur donne sa grâce a tous ; mais ils ont rendu inutile cette grâce ; ils s'agitent dans les ténèbres, et ils ne verront plus la lumière qu'ils ont refusée.
« Vous dites que le Père est votre Dieu; mais vous ne le connaissez même pas. » A force de méconnaître le Messie, la synagogue en est venue à ne plus connaître même le Dieu unique et souverain dont le culte la rend si
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fière ; en effet, si elle connaissait le Pure, elle ne repousserait pas le Fils. Moïse, les Psaumes, les Prophètes sont pour elle lettre close, et ces livres divins vont bientôt passer entre les mains des gentils, qui sauront les lire et les comprendre. « Si je disais que je ne connais pas le Père, je serais comme vous un menteur. » A la dureté du langage de Jésus, on sent déjà la colère du juge qui descendra au dernier )our pour briser contre terre la tête des pécheurs. Jérusalem n'a pas connu le temps de sa visite; le Fils de Dieu est venu à elle, et elle ose dire qu'il est « possédé du démon ». Elle dit en face au Fils de Dieu, au Verbe éternel qui prouve sa divine origine par les plus éclatants prodiges, qu'Abraham et les Prophètes sont plus que lui. Etrange aveuglement qui procède de l'orgueil et de la dureté du cœur! La Pâque est proche; ces hommes mangeront religieusement l'agneau figuratif; ils savent que cet agneau est un symbole qui doit se réaliser. L'Agneau véritable sera immolé par leurs mains sacrilèges, et ils ne le reconnaîtront pas. Son sang répandu pour eux ne les sauvera pas. Leur malheur nous fait penser à tant de pécheurs endurcis pour lesquels la Pâque de cette année sera aussi stérile de conversion que celle des années précédentes ; redoublons nos prières pour eux, et demandons que le sang divin qu'ils foulent aux pieds ne crie pas contre eux devant le trône du Père céleste.
A l'Offertoire, le chrétien, plein de confiance dans les mérites du sang qui l'a racheté, emprunte les paroles de David pour louer Dieu, et pour le reconnaître auteur de cette vie
Le Dimanche de la Passion,
nouvelle dont le sacrifice de Jésus-Christ est la source intarissable.
OFFERTOIRE
SEIGNEUR, je VOUS loucraî de tout' mon cœur ; répandez votre grâce survotre serviteur, et je vivrai, et je garderai vos commandements.
Donnez-moi la vie, Seigneur, selon votre parole.
CONFITEBOR tibi. Domine, in toto corde meo : rétribue servo tuo ; vivam, et custodiam sermones tuos : vivifica me secundum verbum tuum, Domine.
Le sacrifice de l'Agneau sans tache a produit deux effets sur l'homme pécheur : il a brisé ses chaînes, et il l'a rendu l'objet des complaisances du Père céleste. L'Eglise demande, dans la Secrète, que le Sacrifice qu'elle va offrir, et qui est le même que celui de la Croix, produise en nous ces mêmes résultats.
QUE cette offrande, Seigneur, nous dégage des liens de notre malice, et nous concilie les dons de votre miséricorde. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
JEC munera , quaesumus Domine , et vincula nostrae pravitatis absolvant, et tuae nobis misericordiee dona concilient. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen,