‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 8 sur 249 · I. Luc. XXII, i · texte numérisé non relu

I. Luc. XXII, i

i8 La Passion et la Semaine sainte.

les rigueurs de la justice divine ont fondu sur lui, et -il a rendu son âme à son Père, dans les horreurs de l'agonie.

Dans l'attente de cette heure terrible, la sainte Eglise manifeste ses douloureux pressentiments, en voilant par avance Timage de son divin Epoux. La croix elle-même a cessé d'être accessible aux regards des fidèles; elle a disparu sous un voile sombre. Les images des Saints ne sont plus visibles ; il est juste que le serviteur s'efface, (^uand la gloire du Maître s'est éclipsée. Les mterprètes de la sainte Liturgie nous enseignent que cette austère coutume de voiler la croix au temps de la Passion exprime l'humiliation du Rédempteur, réduit à se cacher pour n'être pas lapidé par les Juifs, comme nous le lirons dans l'Evangile du Dimanche de la Passion. L'Eglise applique dès le samedi, à Vêpres, cette solennelle rubrique, et avec une telle rigueur que, dans les années où la fête de l'Annonciation de Notre-Dame tombe dans la semaine de la Passion, l'image de Marie, Mère de Dieu, demeure voilée, en ce jour même où l'Ange la salue pleine de grâce et bénie entre toutes les femmes.

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