‹ L'Année liturgique (volume 5)Chapitre 80 sur 249 · I. Sermo de xii stellis · texte numérisé non relu

I. Sermo de xii stellis

'2nX Le Vendredi de la Semaine

dans les airs, Marie entend descendre vers elle cette parole mourante qui lui apprend qu'elle n'aura plus d'autre tils sur la terre qu'un fils d'adoption. Les joies maternelles de Bethléhem et de Nazareth, joies si pures et si souvent troublées par Tinquiétude, sont refoulées dans son cœur et s'y cnangent en amertumes. Elle fut la mère d'un Dieii, et son fils lui est enlevé par les hommes ! Elle élève une dernière fois ses regards vers le bien-aimé de sa tendresse; elle le roit en proie à une soif brûlante, et elle ne peut le soulager. Elle contemple son regard qui s'éteint, sa tète qui s'affaisse sur sa poitrine : tout est consommé. Marie ne s'éloigne pas de l'arbre de douleur, à l'ombre duquel l'amour maternel l'a retenue jusqu'ici: et cependant quelles cruelles émotions l'y attendent encore ! Un soldat vient sous ses yeux traverser d'un coup de lance la poitrine de son fils expiré. « Ah ! dit encore saint Bernard, c'est votre cœur, ô mère, qui est transpercé par le fer de cette lance, bien plus que celui de votre fils qui a déjà rendu son dernier soupir. Son âme n'est plus là; mais c'est la vôtre qui ne s'en peut détacher ^ » L'invincible mère persiste à la garde des restes sacrés de son fils. Ses yeux le voient détacher de la Croix; et lorsque enfin les pieux amis de Jésus, avec tout le respect qu'ils doivent au fils et à la mère, le lui rendent tel que la mort le lui a fait, elle le reçoit sur ses genoux maternels, sur ses genoux qui autrefois furent le trône où il reçut les hommages des princes de l'Orient. Qui comp^

Page 1