I. Galat. iv, ii
Préface générale.
ses divers mystères, joyeux, douloureux et glorieux ? Or, ces mystères passent en nous, s'incorporent à nous chaque année, par l'effet de la grâce spéciale qu'apporte leur communication dans la Liturgie, et l'homme nouveau s'établit insensiblement sur les ruines de l'ancien. S'il est besoin que l'impression du type divin en nous soit favorisée par un rapprochement avec les membres de la famille humaine qui l'ont le mieux réalisé, l'enseignement pratique et l'encouragement ne nous arrivent-ils pas par nos chers Saints dont le Cycle est comme étoile ? En les contemplant, nous arrivons à connaître la voie qui mène au Christ, comme le Christ nous offre en lui-même la Voie qui conduit au Père. Mais au-dessus de tous les Saints, Marie resplendit plus éclatante que tous, offrant en elle-même le Miroir de justice, où se reflète toute la sainteté possible dans une pure créature.
Enfin, V Année Liturgique, dont nous venons de tracer le plan, nous initiera à la plus sublime poésie que l'homme ait pu atteindre ici-bas. Non seulement nous obtiendrons par elle l'intelligence des chants divins de David et des Prophètes, qui sont comme le fond de la louange liturgique ; mais le Cycle dans son cours ne cessera d'inspirer à la sainte Eglise les cantiques les plus beaux, les plus profonds, les plus dignes du sujet. Tour à tour nous entendrons les diverses races de l'humanité, réunies en une seule par la foi, épancher leur admiration et leur amour en des accents où l'harmonie la plus parfaite dans les pensées et les sentiments s'unit à la
xxx fréface générale:
variété la plus marquée dans le génie et l'ex pression. Nous repoussons, comme il est juste, de notre recueil certaines compositions modernes, trop souvent imitées d'une littérature profane, et qui, n'ayant pas reçu la bénédiction de la sainte Eglise, ne sont pas destinées à vivre toujours; mais nous cueillons dans tous les âges les produits du génie liturgique : pour l'Eglise latine, depuis Séduhus et Prudence jusqu'à Adam de Saint-Victor et ses émules; pour l'Eglise orientale, depuis saint Ephrem jusqu'aux derniers hymnographes catholiques de l'Eglise byzantine. La poésie ne fera pas plus défaut dans les prières qui sont rédigées en simple prose cadencée, que dans celles qui se présentent ornées d'un rythme régulier. Dans la Liturgie, comme dans les Ecriture: Inspirées, elle est partout, parce qu'elle seule est à la hauteur de ce qui doit être exprimé; et le recueil des monuments de la prière publique, en se complétant, devient aussi le plus riche dépôt de la poésie chrétienne, de celle qui chante sur la terre les mystères du ciel et nous prépare aux cantiques de l'éternité.
Qu'il nous soit permis, en terminant cette Préface générale, de rappeler à nos lecteurs eue, dans un travail de la nature de celui-ci, 1 œuvre de l'écrivain est tout entière sous la dépendance du divin Esprit qui souffle où il veut 1, et non de l'homme auquel appartient tout au plus de planter et d'arroser 2. Nous osons donc supplier les enfants de la sainte
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Eglise qui s'intéressent au retour des traditions antiques de la prière, de nous aider de leur suffrage auprès de Dieu, afin que notre indignité ne soit point un obstacle a l'œuvre que nous entreprenons, et que nous sentons si fort au-dessus de nos moyens.
Il ne nous reste plus qu'à déclarer que nous soumettons notre œuvre, tant pour le fond que pour la forme, au souverain et infaillible jugement de la sainte Eglise romaine, qui seule garde, avec les secrets de la Prière, les Paroles de la vie éternelle.