I. Cant. iv
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toujours être la joie des peuples, la lumière des doctes, le livre des humbles !
De tout ceci, le lecteur conclura, nous l'espérons, que notre intention n'est pas ici de mettre en œuvre les ressources de notre esprit tel quel pour bâtir un système, et faire de l'éloquence, de la philosophie, ou toute autre belle chose, à propos des mystères de l'Année Ecclésiastique. Nous n'avons qu'un but, et nous demandons humblement à Dieu de l'atteindre : c'est de servir d'interprète à la sainte Eglise, de mettre les fidèles à portée de la suivre dans sa prière de chaque saison mystique, et même de chaque jour et de chaque heure. A Dieu ne plaise que nous nous permettions jamais de mettre nos pensées d'un jour à côté de celles que notre Seigneur Jésus-Christ, qui est la divine Sagesse, inspire par son Esprit à celle qui est son Epouse bien-aimée ! Toute notre application sera de saisir l'intention de l'Esprit- Saint dans les diverses phases de l'Année Liturgique, nous inspirant de l'étude attentive des plus anciens et des plus vénérables monuments de la prière publique, et aussi des sentiments des saints Pères et des interprètes antiques et approuvés ; en sorte qu'à l'aide de tous ces secours, nous puissions offrir aux fidèles la moelle des prières Ecclésiastiques, etréunir, s'il est possible, i'utilité pratique et cette agréable variété qui soulage et qui réjouit.
Dans cet ouvrage, nous insisterons sur le culte des Saints, parce qu'il est un des grands besoins de la piété dans tous les temps, mais surtout au temps présent. La dévotion à la personne adorable du Sauveur a repris,
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chez nous, une vigueur nouvelle; le culte de la sainte Vierge s'étend et s'accroît ; que la confiance dans les Saints renaisse aussi, et alors auront disparu les traces de cette déviation dans laquelle l'influence sourde du Jansénisme entraînait la piété française. Néanmoins, comme il faut savoir se borner, nous traiterons rarement des Saints que le Calendrier Romain ne porte pas.
Toutefois la Liturgie Romaine, base sacrée de cette Année Liturgique, ne sera pas la seule dont nous emprunterons les formules ; l'Ambrosienne, la Gallicane, la Gothique ou Mozarabe, la Grecque, l'Arménienne, la Syrienne, etc., déposeront tour à tour le tribut de leurs richesses dans notre trésor de prières ; en sorte que jamais la voix de l'Eglise ne se sera fait entendre plus pleine ni plus imposante. Le moyen âge des Eglises d'Occident a produit, dans le genre liturgique, des Séquences d'une rare beauté ; un de nos premiers soins sera d'initier les fidèles qui nous liront à ces sources si pures de tendresse et de vie.
Quant au système que nous suivrons dans chacun des tomes de cette Année Liturgique, il est subordonné au genre spécial des matières qu'il se trouvera contenir. Nous réserverons pour nos Institutions tout ce qui tient à la partie purement scientifique de la Liturgie, nous bornant ici aux détails nécessaires pour initier les lecteurs aux intentions de la sainte Eglise dans chacune des saisons mystiques de l'année. Les formules saintes seront expliquées et adaptées à l'usage commun, au moyen d'une glose dans laquelle nous
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tâcherons d'éviter les inconvénients d'une froide traduction, et aussi la pesanteur d'une paraphrase lourde et affadie.
Comme, ainsi que nous l'avons dit, notre but est d'offrir aux fidèles la partie la plus substantielle et la plus nourrissante de la Liturgie, nous avons été dirigé dans le choix des pièces par cette intention même, laissant de côté tout ce qui n'allait pas directement à ce but. Cette observation se rapporte principalement aux morceaux empruntés aux livres d'Offices de l'Eglise grecque. Rien de plus riche et de plus pieux que cette Liturgie, quand on ne la connaît que par extraits ; rien aussi de moins attrayant, si on veut la lire dans les sources elles-mêmes. Les redites y abondent d'une manière fastidieuse, et le sentiment s'y épuise trop souvent dans des répétitions sans fin. Nous n'avons donc pris que la fleur, et glané seulement dans cette moisson trop exubérante. Ceci s'applique particulièrement aux Menées et kV Anthologie de l'Eglise grecque. Les pièces Liturgiques des autres Eglises de l'Orient sont généralement rédigées*~avec plus de goût et de sobriété.
Afin de nous conformer aux volontés du Siège Apostolique, nous ne donnons, dans aucun des volumes de cette Année Liturgique, la traduction littérale de YOrdinaire et du Canon de la Messe : nous tâchons d'y suppléer, en fournissant aux personnes qui n'entendent pas la langue latine, le moyen de produire des actes qui les mettent en rapport immédiat avec tout ce que le Prêtre accomplit et récite à l'autel.
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La première partie de V Année Liturgique est consacrée à VA vent. La seconde renfermera l'explication du service divin, de Noël à la Purification. La troisième conduira la Liturgie de la Purification au Carême, sous le nom de Temps de la Septuagésime. La quatrième sera consacrée aux quatre premières semaines du Carême. La cinquième renfermera seulement la Semaine de la Passion et la Semaine Sainte. La sixième aura pour objet le Temps Pascal. La septième traitera d'abord des fêtes de la Trinité, du Saint-Sacrement et du Sacré-Cœur de Jésus; elle sera consacrée, pour le reste, à la longue période du Temps après la Pentecôte.
Cet ensemble, dont le plan est tracé par la sainte Eglise elle-même, fournit le drame le plus sublime qui puisse être offert à l'admiration humaine. L'intervention de Dieu Eour le salut et la sanctification des hommes, i conciliation de la justice avec la miséricorde, les humiliations, les douleurs et les gloires de l'Homme-Dieu, la venue et les opérations de l'Esprit-Saint dans l'humanité et dans l'âme fidèle, la mission et l'action de l'Eglise : tout y est exprimé de la manière la plus vive et la plus saisissante ; tout arrive à sa place par l'enchaînement sublime des anniversaires. Il y a dix-huit siècles qu'un fait divin s'accomplissait ; son anniversaire se reproduit dans la Liturgie, et vient rajeunir chaque année dans le peuple chrétien le sentiment de ce que Dieu opéra il y a tant de siècles. Quelle intelligence humaine eût pu concevoir une telle pensée ! Qu'ils sont faibles en présence de nos réalités impérissables,
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ces hommes téméraires et légers qui croient prendre le christianisme en défaut, qui osent le juger comme un débris antique, et ne se doutent pas à quel point il est vivace et immortel rar l'Année liturgique chez les chrétiens ! Qu'est-ce donc que la Liturgie, sinon une incessante affirmation, sinon une solennelle adhésion aux faits divins qui se sont passés une fois, mais dont la réalité est inattaquable, parce que chaque année, depuis lors, en a vu renouveler la mémoire ? N'avonsnous pas nos écrits apostoliques, nos Actes des Martyrs, nos antiques décrets des Conciles, nos écrits des Pères, nos monuments figurés, dont la succession remonte à l'origine, et cjui nous rendent le témoignage le plus précis sur la tradition de nos fêtes i Le Cycle liturgique ne vit dans sa plénitude et son progrès qu'au sein de l'Eglise catholique; mais les sectes séparées soit par le schisme, soit par l'hérésie, lui rendent elles-mêmes témoignage par les débris qu'elles en ont conservés, et c'est sur ces restes qu'elles végètent encore.
Mais si la Liturgie nous émeut annuelle ment en présentant à nos regards le renouvellement hautement dramatique de tout ce qui s'est opéré dans l'intérêt du salut de 1 homme et de sa réunion avec Dieu, il y a ceci d'admirable que la succession d'une année à l'autre n'enlève rien à la fraîcheur ni à la force des émotions, lorsqu'il nous faut commencer à nouveau le cours du Cycle dont nous venons de tracer les partitions. L'Avent est toujours imprégné de la saveur d'une attente douce et mvstérieuse ; Noël
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nous attire toujours par les joies incomparables de la naissance de l'Enfant divin ; nous entrons avec la même émotion sous les ombres de la Septuagésime ; le Carême nous abat devant la justice de Dieu ; et notre cœur est alors saisi d'une crainte salutaire et d'une componction qu'il semble que nous n'avions pas ressenties l'année précédente. La Passion du Rédempteur, suivie jour par jour, heure par heure, ne nous apparaît-elle
g as comme nouvelle ? Les splendeurs de la ésurrection n'apportent-elles pas à nos coeurs une allégresse qu'ils ont, ce semble, jusqu'alors ignorée ? La triomphante Ascension ne nous ouvre-t-elle pas, sur toute l'économie de la divine incarnation, des vues que nous n'avions pas encore ? Lorsque l'Esprit-Saint descend à la Pentecôte, n'est-il pas vrai que nous sentons sa présence renouvelée, et que les émotions de l'année précédente en ce grand jour sont en ce moment dépassées ? La fête du Saint-Sacrement, qui revient à son tour si radieuse et si touchante, trouve-t-elle nos cœurs accoutumés au don ineffable que Jésus nous fit la veille de sa Passion? N'entrons-nous pas plutôt comme dans une nouvelle possession de cet inépuisable mystère ? Chaque retour des fêtes de Marie nous révèle des aspects inattendus sur ses grandeurs; et nos saints bien-aimés, lorsqu'ils reviennent nous visiter sur le Cycle, nous semblent plus beaux que jamais, nous les pénétrons mieux, nous sentons plus vivement le lien qui les rattache à nous.
Cette puissance rénovatrice de l'Année liturgique, sur laquelle nous insistons en
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finissant, est un mystère de l'Esprit-Saint, qui féconde incessamment l'œuvre qu'il a inspirée à la sainte Eglise, dans le but de sanctifier le temps assigné aux hommes pour se rendre dignes de Dieu. Admirons aussi, de cette sublime dispensation, le progrès qu'elle opère dans l'intelligence des vérités de la foi et dans le développement de la vie surnaturelle. Il n'est pas un seul point de la doctrine chrétienne qui ne soit non seulement énoncé dans le cours de l'Année liturgique, mais inculqué avec l'autorité et l'onction que la sainte Eglise a su déposer dans son langage et dans ses rites si expressifs. La foi du fidèle s'éclaire ainsi d'année en année, le sens théologique se forme en lui; la prière le conduit à la science. Les mystères restent mystères ; mais leur splendeur devient si vive que l'esprit et le cœur en sont ravis, et nous arrivons à prendre une idée des joies que nous apportera la vue éternelle de ces divines beautés qui, à travers le nuage, ont déjà pour nous un tel charme.
Et quelle source de progrès pour l'âme du chrétien, lorsque l'objet de la foi lui apparaît toujours plus lumineux, lorsque l'espérance du salut lui est comme imposée par le spectacle de tant de merveilles que la bonté de Dieu a opérées en faveur de l'homme, lorsque l'amour s'enflamme en lui sous le souffle du divin Esprit, qui a établi la Liturgie comme le centre de ses opérations dans les âmes ! La formation du Christ en nous l n'est-elle pas le résultat de la communion à