‹ L'Année liturgiqueChapitre 105 sur 160 · L AVEN T · texte numérisé non relu

L AVEN T

in passione tolerantiam.

Ou! post iniqua verbera, post carceris septa, alligatus suspendio se purum sacrincium tibi obtulit Deo. Extendit miiissimus brachia ad cœ tos ; amplectitur crucis vexillum ; defigit in osculis ora ; Agni cognoscit arcana. Denique dum ad pc.tibulum duceretur, in cruce suspenderetur, carne patiebatur, et Spiritu loquebatur. Obliviscitur crucis tormenta ; dum de cruce Christum prœconat. Quantum enim corpus ejus in iigno extendebatur ; tantum in lingua ejus Christus exaltabatur ; quia pendens in ligno , sociari se ei gratulabatur. Absolvi se non patitur a cruce, ne tepescat certamen in tempore. Turba circumspicit, et lamentât ; demitti a vinculo petit, quem reparatorem mentis intelligit. Laxari postulat justum, ne pereat populus hoc delicto. Interea fundit Martyr spiritum, possessurus sempiterni Judicis regnum.

Prc cujus meritis concède nobis, omnipotens Deus : ut a malis omnibus tuti atque defensi, tibi Domino nostro Deo Martyrum et Principi

tance dans la prédication, la patience dans les supplices.

Après des verges injustes, après l'étroite prison, enchaîné au- gibet, il s'offrit à vous, ô Dieu '..comme une oblation pure. Plein de douceur, il étend ses bras vers le ciel, il embrasse l'étendard de la Croix, il y colle ses lèvres.

il y pénètre les secrets de l'Agneau. Enfin, comme on le conduisait au supplice, comme on le suspendait à la croix, il souffrait dans la chair, mais l'Esprit parlait par sa bouche. Il oublie les douleurs de la croix, en prêchant Jésus-Christ du haut de cette croix. Plus son corp-, était étendu sur le bois, plus s.i langue exaltait le Christ ;car.

suspendu au bois, il se félicitait d'être associé au Christ.

Il ne souffre pas qu'on le descende de la croix, dans la crainte que l'ardeur du combat qu'il soutient ne s'attiédisse. La foule le considère et se lamente ; elle veut qu'on délie les liens de celui qu'elle saitètre le médecin des âmes ; elle demande qu'on dégage le juste, dans la crainte que le peuple lui-même ne périsse pour un si grand forfait. Cependant, le martyr rend l'àme. et est admis en

fossession du royaume de éternel juge. Par ses mérites . accordez-nous , Dieu tout-puissant, d'être délivrés

Saint André, Apôtre.

Apostolorum , laudes semper et gratias referamus.

et préservés de tous les maux, et de vous rendre d'éternelles louanges et actions de grâces, à vous, notre Seigneur, Dieu des Martyrs et Prince des Apôtres.

La Liturgie Mozarabe est très abondante sur les louanges de saint André, tant au Missel qu'au Bréviaire; nous nous bornons à lui emprunter la belle Oraison qui suit :

O Christ, notre Seigneur, qui avez décoré le très heureux André de la grâce de l'Apostolat et de la couronne du Martyre, lui ayant fait l'honneur d'arriver lui-même au supplice de la Croix, après avoir prêché le mystère de cette même Croix: accordeznous de devenir de très véritables amateurs de votre sainte Croix, et, nous renonçant nous-mêmes, de prendre notre croix et de vous suivre ; afin que, participant en cette vie à vos souffrances, nous méritions de parvenir à la félicité de l'éternelle vie.

CH r i s T e. Dominus noster. qui beatissimum Aniream. et Apostolatusgratia, et Martvrii decorasU corona ; hoc illi specialiter in munerc prasstans. ut Crucis prasdicanjo mysterium, ad Crucis mereretur pervenire patibulum: da nobis, ut sanctse Crucis tuae verissimi amatores effecti, abnegantes nosmetipsos tollamus crucem nostram, et sequamur te : ut passionibus tuis in hac vita communicantes, ad œternam vitam pervenire mereamur felices.

L'Eglise Grecque ne le cède à aucune de celles de l'Occident pour le zèle à célébrer les prérogatives et les mérites de saint André. II lui est même d'autant plus cher, que Constantinople le regarde comme son Apôtre tutélaire. Il serait difficile, peut-être, de justifier par des arguments sérieux la prétention

L'A vent.

des Grecs, qui attribuent à saint André la fondation de l'Eglise de Byzance ; mais il est certain que Constantinople fut, pendant plusieurs siècles, enrichie du précieux dépôt de ses reliques. Elles y furent transportées en 357, par les soins de l'Empereur Constance, qui les déposa dans la Basilique des Apôtres bâtie par Constantin. Plus tard, vers le milieu du vie siècle, Justinien en fit une nouvelle translation, toujours dans la même Eglise. Nous empruntons aux Menées des Grecs les belles Hymnes qui suivent; la première se chante à Y Office du Soir, et la seconde à l'Office du Matin.

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