‹ L'Année liturgiqueChapitre 135 sur 160 · DE LA SAINTE MAISON DE LORETTE · texte numérisé non relu

DE LA SAINTE MAISON DE LORETTE

Cette fête n'est pas inscrite sur le Calendrier universel et obligatoire; mais elle se célèbre en ce jour, à Rome et dans tout l'Etat Pontifical, dans la Toscane, le Royaume de Naples, l'Espagne, la Belgique, dans de nombreux diocèses de la chrétienté, et aussi dans la plupart des Ordres Religieux. Elle a pour but de remercier Dieu du grand bienfait dont il daigna gratiner la chrétienté occidentale, lorsque, pour compenser la perte du saint Sépulcre, il fit transporter miraculeusement en terre catholique l'humble et auguste maison dans laquelle la Vierge Marie reçut le message de l'Ange, et où, par le consentement de cette divine Mère de Dieu, le Verbe se fit chair et commença d'habiter avec nous. Tel est le résultat du triste rationalisme auquel la piété française avait été asservie durant plus d'un siècle, qu'il n'est pas rare de rencontrer des personnes sincèrement dévouées à la foi catholique, et pour lesquelles un si grand événement est presque comme s'il n'était pas. Pour venir à leur secours, au cas que ce livre leur tombât entre les mains, nous avons cru devoir placer ici le récit exact et succinct du prodige qui fait l'objet de la Fête d'aujourd'hui ; et afin d'ac-

40 <t L'A vent.

çomplir cette tâche d'une manière qui puisse satisfaire toutes les susceptibilités, nous emprunterons la narration qu'a publiée de cet événement merveilleux le savant et judicieux auteur de la Vie de M. Olier, dans les notes du premier livre de cette excellente biographie :

«"Ce fut sous le Pontificat de Célestin V, en 1291, et lorsque les Chrétiens avaient entièrement perdu les Saints-Lieux de la Palestine, que la petite maison où s'est opéré le mystère de l'Incarnation dans le sein de Marie, fut transportée par les Anges, de Nazareth dans la Dalmatie ou l'Esclavonie, sur un petit mont appelé Tersato. Les miracles qui s'opéraient tous les jours dans cette sainte maison, l'enquête juridique que des députés du pays allèrent faire à Nazareth même, pour constater sa translation en Dalmatie, enfin la persuasion universelle des peuples qui venaient la vénérer de toutes parts, semblaient être des preuves incontestables de la vérité du prodige. Dieu voulut néanmoins en donner une nouvelle, qui eût en quelque sorte l'Italie et la Dalmatie pour témoins.

« Après trois ans et sept mois, en 1204. la sainte maison fut transportée à travers la mer Adriatique au territoire de Recanati, dans une forêt appartenant à une Dame appelée Lorette; et cet événement jeta les peuples de la Dalmatie dans une telle désolation, qu'ils semblaient ne pouvoir y survivre. Pour se consoler, ils bâtirent, sur le même terrain, une église consacrée à la Mère de Dieu, qui fut desservie depuis par des Fran-

La Translation de la Maison de Loreite. 4g i

ciscàins, et sur la porte de laquelle on mit cette inscription : Hic est locus in qnofiiit sacra JDomus Na\arena quœ mine in Recineti partibus colitur. Il y eut même beaucoup d'habitants de la Dalmatie qui vinrent en Italie fixer leur demeure auprès de la sainte Maison, et qui y établirent la Compagnie du Corpus Domint, appelée pour cela des Esclavons, jusqu'au Pontificat de Paul III.

« Cette nouvelle translation ht tant de bruit dans la Chrétienté, qu'il vint de presque toute l'Europe une multitude innombrable de pèlerins à Recanati, afin d'honorer la Maison dite depuis de Lorette. Pour constater de plus en plus la vérité de cet événement, les habitants de la province envoyèrent d'abord en Dalmatie, et ensuite à Nazareth, seize personnes des plus qualifiées, qui firent sur les lieux de nouvelles enquêtes. Mais Dieu daigna en montrer lui-même la certitude en renouvelant, deux fois coup sur coup, le prodige de la translation dans le territoire même de Recanati. Car, au bout de huit mois, la forêt de Lorette se trouvant infestée d'assassins qui arrêtaient les pèlerins, la Maison fut transportée à un mille plus avant, et se plaça sur une petite hauteur qui appartenait à deux frères de la famille des Antici ; et enfin ceux-ci ayant pris les armes l'un contre l'autre pour partager les offrandes des pèlerins, la Maison fut transférée, en 120,5, dans un endroit peu éloigné, et au milieu du chemin public où elle est restée, et où a été bâtie, depuis, la ville appelée Lorette. »

Sous le point de vue de simple critique, ce prodige est attesté non seulement par les

4g 2 L'Ave nt.

annalistes de l'Eglise, et par les historiens particuliers de Lorette, tels que Tursellini et Martorelli, mais par des savants de premier ordre, entre lesquels nous citerons Papebrock, Noël Alexandre, Benoît XIV, Trombelli, etc. Quel homme grave et impartial oserait avouer de vaines répugnances, en présence de ces oracles de la science critique, dont l'autorité est admise comme souveraine en toute autre matière ?

Au point de vue de la piété catholique, on ne peut nier que ceux-là se rendraient coupables d'une insigne témérité, qui ne tiendraient aucun compte des prodiges sans nombre opérés dans la sainte Maison de Lorette ; comme si Dieu pouvait accréditer par des miracles ce qui ne serait que la plus grossière et la plus immorale des supercheries. Ils ne mériteraient pas moins cette note, pour le mépris qu'ils reraient de l'autorité du Siège Apostolique qui s'est employé avec tant de zèle, depuis plus de six siècles, à reconnaître ce prodige, et à le proposer aux fidèles comme un puissant moyen de rendre gloire au Verbe incarné et à sa très sainte Mère. Nous citerons, comme actes explicites du Saint-Sièse sur le miracle de Lorette. les Bulles de Paul II, de Léon X, de Paul III, de Paul IV et de Sixte V ; le Décret d'Urbain VIII, en i632, pour en établir la Fête dans la Marche d'Ancône ; celui d'Innocent XII, en 1699, Pour approuver l'Office ; enfin les indufts de Benoît XIII et de ses successeurs, pour étendre cette Fête à un grand nombre de provinces de la catholicité.

Pour entrer dans l'esprit du Siège Apos-

La Translation de la Maison de Lorette. 4g3

tolique, qui encourage avec tant de zèle la pieuse confiance des fidèles en la sainte Maison de Nazareth, devenue, par la miséricorde divine, la Maison de Lorette, nous emprunterons quelque chose à l'Office de sa miraculeuse Translation.

ANTIENNE

C'est ici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et il a habité avec eux ; et ils seront son peuple, et le Dieu qui est avec eux sera leur Dieu.

f. Nous entrerons dans son tabernacle.

Vf. Nous adorerons au lieu où se sont reposés ses pieds.

Ecce tabernaculum Dei cum hominibus, et habitavit cum eis ; et ipsi populus ejus erunt, et ipse Deus cum eis erit eorum Deus.

f. Introibimus in tabernaculum ejus.

R). Adorabimus in loco ubi steterunt pedes ejus.

O Dieu, qui avez consacré dans votre miséricorde la Maison de la bienheureuse Vierge Marie par le mystère du Verbe incarné, et qui l'avez placée merveilleusement au sein de votre Eglise :

faites que, séparés des demeures des pécheurs, nous devenions dignes d'être les habitants de votre sainte maison. Par le même Jésus- Christ notre Seigneur.

Amen.

Deus, qui beatœ Maria Virginis Dominum per incarnati Verbi mysterium misericorditer consecrasti, eamque in sinu Ecclesiae tuae mirabiliter collocasti : concède, ut segregati a tabernaculis peccatorum, digni efficiamur habitatores domus sanctas tua?.

Per eumdem Christum Dominum nostrum.

Amen.

LE MÊME JOUR

SAINTE EULAL1E, VIERGE et MARTYRE

t^nfin, l'Eglise crEspagne, la perle de la £ catholicité, célèbre aujourd'hui la mémoire de l'illustre Martyre qui fait la gloire de Mérida, l'honneur de toute la péninsule Ibérienne, la joie de l'Eglise universelle. C'est la troisième de ces Vierges sages dont le culte est le plus solennel dans l'Église au temps de l'Avent ; la digne compagne de Bibiane. de Barbe et de cette héroïque Lucie, qui bientôt va recevoir nos hommages. Nous insérons ici en son entier l'admirable poème de Prudence sur la vie et le martyre d'Eulalie. Ce prince des poètes chrétiens n'a peut-être jamais fait entendre des accents plus suaves et plus mélodieux : c'est pourquoi, dans son admiration, la Liturgie Mozarabe n'a fait qu'une seule Hymne des quarante-cinq strophes de ce délicieux cantique. Sa forme historique nous dispensera d'emprunter au Propre des Eglises d'Espagne la Légende de la sainte Martyre.

GERMINE n:bilis Eu- : lalia.

Mortis et indole nobilior, Emcritam sacra virgo

suam, Cujus ab ubere ;

nita est.

Ossibus ornât, amore :

culi t.

Eulalie, vierge sacrée, noble de race, plus noble encore dans son courageux trépas, favorise de sa protection Mérida qui lui donna le jour, et qui garde son tora-

Sainte Eulalie, Vierge et Martyre 49$

C'est aux régions ou le soleil se couche qu'est située la ville qui a produit cette illustre héroïne ; cité puissante et habitée par un peuple nombreux, mais plus hère encore du sang de la martyre et du sépulcre de la vierge.

La jeune fille ne comptait encore que douze années.

lorsqu'on la vit effrayer par son courage les bourreaux tremblants, braver la flamme pétillante du bûcher et mettre sa joid dans le supplice.

Déjà on l'avait vue prendre son essor vers la patrie ou règne le Père céleste; renonçant à l'hymen terrestre, elle avait repoussé les joies et les amusements du jeune âge.

Les parfums, les roses, les riches parures, n'obtinrent que son mépris ; grave dans ses traits, modeste dans sa démarche, dès l'âge le plus tendre on trouvait en elle cette sagesse que la vieillesse seule peut donner.

Tout à coup une fureur

Proximus occiduo lo-

cus est, Qui tulit hoc decus egre-

gium, Urbe potens, populis lo-

cuples :

Sed mage sanguine mar-

tyr'ii, Virgineoque potens ti-

tulo.

Gurriculis tribus atque

novem, Très hyemes quater at-

tigerat, Quum crépitante pyra

rrepidos Terruit aspera carnifices, Supplicium sibi dulce

rata.

Jam dederat prius in-

dicium Tendere se Patris ad so-

lium, Nec sua membra dicata

toro, Ipsa crepundia repule-

rat, Ludere nescia pusiola.

Spernere succina. fla-

rc rusas.

Fulva monilia respuere :

Ore severa, modesta gra-

du, Moribus et nimium te-

neris Canitiem meditata se-

num.

Ast ubi se furiata lues

Excitât in famulos Domini,

Christicolasque cruenta jubet

Thura cremare, jecur pecudis

Mortiferis adolere deis ;

Infremuit sacer Eula-

lise Spiritus, ingeniique fe-

rcx Turbida frangere bella

parât, Et, rude pectus anhela

Deo, Femina provocat arma

virum.

Sed pia cura parentis

agit,.

Virgo animosa domi ut

lateat, Abdita rure, et ab urbe

procul :

Ne fera sanguinis in pre-

tium :

Mortis amore puella

ruât.

Illa perosa quietis

opem Degeneri tolerare mora.

Nocte fores sine teste

movet, Septaque claustra fugax

aperit.

Inde per invia carpit

iter.

Ingreditur pedibus laceris

impie s'anime contre les serviteurs de Dieu ; on ordonne aux chrétiens de brûler un sacrilège encens, avec le foie des victimes, devant desdieux qui ne donnent que la mort.

L*àme sainte d'Eulalie en frémit ; sa noble fierté se prépare à repousser un tel assaut : son cœur intrépide, épris de l'amour d'un Dieu, sollicite la jeune fille à braver le glaive des tyrans.

En vain la tendre sollicitude d'une mère veille à retenir la vierge généreuse dans le secret de la maison, à la campagne et loin de la ville, de peur que l'amour d'un trépas glorieux ne l'entraîne à sacrifier son sang.

Elle, dédaignant un repos qui lui semble une lâcheté, fatiguée d'un retard qui la déshonore, force les portes, la nuit, sans témoins ; dans sa fuite, elle ouvre les barrières qui la retenaient, et bientôt elle prend des sentiers détournés.

De ses pieds déchirés, elle franchit des lieux couverts de

Sainte Eulalie, Vierge et Martyre. 4gj

ronces et d'épines; mais un

Per loca sema situ et

chœur d'anges l'accompagne ;

vepribus,

la sombre nuit l'environne

Angelico comitata choro:

de son silence : mais une lu-

Et licet horrida nox si-

mière céleste la guide-.

leat, Lucis habet tamen illa ducem.

Telle on vit la troupe cou-

Sic habuit generosa

rageuse des Hébreux, nos

patrum

pères, marcher à la suite de

Turba columniferum ra-

la colonne lumineuse qui bri-

dium :

sait les ombres de la nuit, et

Scindere qui tenebrosa

traçant par ses feux une

potens,

voie éclatante, anéantissait

Nocte viam face perspi-

l'obscurité.

cua Prœstitit,intereuntechao.

Ainsi la vierge pieuse, sui-

Non aliter pia virgo,

vant sa voie durant la nuit,

viam

obtint du ciel la clarté du

Nocte secuta, diem me-

jour et n'eut point à lutter

ruit.

avec les ténèbres , à cette

Nec tenebris adoperta

heure où elle fuyait aussi

fuit,

l'Egypte, et commençait une

Régna canopica quum

route qui devait la conduire

fugeret,

bien au delà des astres.

Et super astra pararet iter.

D'un pas hardi et prompt.

Illa gradu cita pervi-

elle a su franchir plusieurs

gili- Alillia multa prius pera-

milles, avant que l'aurore

vienne illuminer le ciel : dès

git,

le matin elle est rendue au

Quarn plaga Ipandat eoa

pied du tribunal, et, dans une

polum :

sainte fierté, elle vient se

Mane superba tribunal

placer au milieu des faisceaux.

adit, Fascibus adstatet in mediis.

« Quelle fureur vous ani- « me? s'écrie-t-elle. Pour-

Vociferans : Rogo,

quis furor est

L' a VENT

L'A veut.

Perdere praecipites animas,

Et maie prodiga corda sui

Sternere rasilibus scopulis,

Omnipatremque negare Deum ?

Quaeritis, o miseranda

manus.

Christicolum genus ? En

ego sum Daemonicis inimica sa-

cris ; Idola protero sub pedi-

bus : Pectore et ore Deum fa-

teor.

Isis,Apollo, Venus ni-

hil est.

Maximianus et ipse nihil:

Ula nihil, quia facta

manu ; Hic, manuum quia facta

colit :

Frivola utraque, et utra-

que nihil.

Maximianus opum dominus,

Et tamen ipse cliens lapidum.

Prostituât, voveatque suis

Numinibus caput ipse suum :

Pectora cur generosa quatit ?

« quoi perdre vos âmes im- « prudentes, en les abaissant « devant des pierres taillées

par

seau ? Pourquoi

Dux bonus, egregius

arbiter

'( renier le Dieu père de tous

c Infortunés, vous pour- 'i suivez les chrétiens ; moi i aussi je suis une ennemie ;< du culte des démons, je « foule sous mes pieds les •v idoles ; de mon cœur et de « ma bouche je confesse « Dieu.

« Isis, Apollon, Vénus ne « sont rien : .Maximien aussi « n'est que néant : vos idoles, « parce qu'elles sont faites « de la main des hommes ; « lui, parce qu'il les adore :

» tout cela est nul et doit être * compté pour rien.

« Que Maximien, ce prince « opulent, et pourtant l'hum- • ble serviteur de ces pierres, « dévoue et sacrifie jusqu'à h sa tête à de telles divinités ; « mais pourquoi persécute- » t-il des cœurs généreux?

« Cet empereur plein de bonté, ce maître excellent,

Sainte Eulalie, Vierge et Martyre. 4g g

« il lui faut du sang inno- « cent pour se nourrir. Dans « sa faim il déchire les corps « des saints et jusqu'à leurs « entrailles accoutumées au « jeûne ; son bonheur est de « torturer jusqu'à leur foi.

« Allons, bourreau, em- «. ploie le fer et le feu ; divise « ces membres sortis du li- « mon de la terre ; il est aisé « de détruire une chose si « fragile ; mais au dedans vit « une àme que la douleur n'afl battra pas. »

Un tel discours fait monter au comble la colère du Préteur : « Licteur, s'écrie-t-il, " saisis cette furieuse, et « dompte-la par les tortures.

« Fais-lui sentir ce que c'est « que les dieux de la patrie, « et qu'on ne méprise pas en « vain les édits du prince.

« Jeune fille égarée, plutôt C que de t'envoyer à la mort, « je voudrais, s'il est possible, « t'arracher à tes erreurs perce verses. Vois donc quel bondi heur cette vie te destine, « quel honorable hymen t'est « préparé.

« Ta famille dans les lar- « mes te recherche en ce mo-

Sanguine pascitur inno-

cuo :

Corporibusque piis in-

hians Viscera sobria dilacerat, Gaudet et excruciare

fidem.

Ergo âge, tortor, adure, seca,

Divide membra coacta luto.

Solvere rem fragilem facile est :

Nonpenetrabitur interior

Exagitaute dolore animus.

Talibus excitus in fu-

rias Prsetor, ait : Râpe prseci-

pitem, Lictor, et obrue suppli-

ciis :

Sentiat esse deos patrios, Nec levé principis impe-

rium.

Quam cuperem tamen

ante necem, Si potis est, revocare

tuam, Torva puellula, nequi-

tiam !

Respice gaudia quanta

metas, Quse tibi fert genialis ho-

nor.

Te lacrymis labefacta , domus

5oo

L'A vent.

Piosequitur, generisque

tui Ingemit anxia nobili-

tas, Flore quod occidis in te-

nero.

Proxima dotibus et tha-

lamo.

Non movet aures. pompa tori.

Non pietas veneranda senum.

Quos temeraria débilitas ?

Ecce parata ministeria

Excruciabilis exitii.

Aut gladio feriere

caput, Aut laniabere membra

feris, Aut facibus data fumi-

ficis, Flebiliterque ululanda

tuis In cineres resoluta flues.

Hœc. rogo, quis labor

est fu ^ Si modicum salis eminu-

lis Thuris et exiguum digitis Tangere. virgo, benigna

velis.

Pœna gravis procul ab-

fuerit.

Martyr ad ista nihil :

sed enim Infremit. inque tyranni

« ment ; cette famille d'un-:

» si illustre noblesse se désoie « de te voir périr à la fleur de « tes ans, à la veille des pomi pea nuptiales.

« La splendeur d'un hyméa née opulent n'est-elle donc u rien pour toi ? Dans ta pré- » somption, veux-tu donc «i ébranler la pieté filiale ? Eh ( bien ! considère ces instru- « ments d un cruel trépas.

« Ou ta tête tombera sous c le glaive, ou tes membres « seront déchirés par la dent « des bétes féroces, ou les i torches embrasées les ccn- <i sumeront à petit feu. ou ie a bûcher te réduira en cena dres. au milieu des cris et « des larmes de tes parents.

« Et quel si gran.

<r as-tu à faire pour éviter un « sort si affreux ? Da.

lement, jeune fille, toucher « du bout de tes doigts un « peu de sel et quelques grains a d'encens ; et ces supplices a terribles ne te regardent « plus. »

La martyre garde le silence, mais elle frémit à un tel di>- C'iurs : dans son inJ:^ elle crache aux yeux du tyran,

Sainte Eulalie. Vierge et Martyre. 5oi

renverse d'un coup de pied les idoles, les gâteaux sacrés et l'encens.

Aussitôt deux bourreaux déchirent la chair délicate de la vierge ; ses flancs sont sillonnés jusqu'aux os par les ongles de fer ; Eulalie compte ses glorieuses blessures.

« C'est votre nom. Sei- « gneur, que l'on trace sur « mon corps ; que j'aime a « lire ces caractères qui ra- « content vos victoires, ô « Christ! La pourpre de mon « sang sert à écrire votre « nom sacré. j>

C'est ainsi qu'elle chantait dans sa joie, la vierge intrépide ; pas une larme, pas un soupir ; de si crueiles souffrances sont pour elle comme si elles n'étaient pas; et cependant sesmembres sontarrosés à chaque instant par un nouveau jet de son sang qui jaillit tiède sous les ongles de fer.

Mais ce n'est pas la dernière de ses tortures; il ne leur suffit pas d'avoir labouré tout

Sputa jacit. Simulacra

dehinc Dissipât, impositamque

molam Thuribulis pede prosu-

bigit.

Nec mora, carnifices

gemini Juncea pectora dilace-

rant, Et latus ungula virgi-

neum Puisât utrinque, et ad

ossa secat, Eulalia numerante notas.

Scriberis ecce mihi,

Domine, Quam juvat hos apices

légère, Qui tua. Christe, trophea

notant !

Nomen et ipsa sacrum

loquitur Purpura sanguinis eli-

citi.

Hase sine fletibus et

gemitu Lœta canebat et intrepi-

da.

Dirus abest dolor ex ani-

mo, Membraque picta cruore

novo Fonte cutem recalente

lavant.

Ultima carnificina dehinc, Non iaceratio vulnifica,

Crate tenus nec arata cutis :

Flamma sed undique lampadibus

In latera, stomachumque furit.

Crinis odorus et in ju-

gulos Fluxerat, involitans hu-

meris, Quo pudibunda pudici-

tia, Virgineusque lateret ho-

nos.

Tegmine verticis oppo-

sito.

Flamma crepans volât

in faciem, Perque comas vegetata,

caput Occupât, exsuperatque

apicem :

Virgo, citum cupiens

obitum.

Appétit, et bibit ore ro-

gum.

Emicat inde columba

repens, Martyris os nive candi-

dior Visa relinquere, et astra

sequi :

Spiritus hic erat Eula-

iœ Lacteolus, celer, inno-

cuus.

Colla fluunt, abeunte anima,

son corps de sillons cruels :

c'est maintenant le tour de la flamme ; des torches ardentes parcourent avec fureur ses flancs et sa poitrine.

La chevelure embaumée d'Eulalie s'était détachée ; flottant sur les" épaules, elle était venue descendre comme un voile appelé à protéger la pudeur de la vierge.

Mais la flamme pétillante des torches est montée jusqu'au visage : en un instant, elle prend à la chevelure, elle parcourt la tète et s'élève audessus du visage. La vierge, avide de mourir, ouvre ses lèvres, et aspire ce feu qui l'environne.

On vit soudain une colombe plus blanche que la neige s'élancer de la bouche de la martyre, et monter vers les cieux:

c'était l'âme d'Eulalie. toute pure, toute vive, tout innocente.

La tête s'incline au moment où l'âme b'est enfuie; le feu des

Sainte Eulalie, Vierge et Martyre. 5o3

torches s'éteint tout à coup; les membres endoloris ont cessé de souffrir; le souffle qui animait la vierge, monte joyeux à travers les airs et se dirige, semblable à l'innocent oiseau, vers les temples du ciel.

Le bourreau l'a vu s'élancer de la bouche de la jeune fille ; saisi de terreur, il s'est enfui loin du théâtre de sa barbarie; le licteur lui-même a disparu tremblant.

Tout à coup une neige inattendue se forme dans l'air glacial et descend sur le forum ; comme un blanc linceul, elle vient couvrir le corps d'Eulalie qui demeurait exposé aux injures de la saison.

Les larmes humaines accompagnent les funérailles d'un être chéri ; ici, ces témoignages de regret sont dépassés ; les éléments euxmêmes, ô vierge, ont reçu de Dieu l'ordre d'accomplir envers toi les devoirs suprêmes.

Aujourd'hui, Mérida, ville célèbre de la Vettonie, s'hotiore de posséder son sépulcre ;

Et rogus igneus emori-

tur ; Pax daturartubus exani-

mis, Flatus in asthere plaudit

ovans, Templaque celsa petit

volucer.

Vidit et ipse satelles

ave m Feminas ab ore meare

palam, Obstupefactus et attoni-

tus Prosilit et sua gesta fu-

git, Lictor et ipse fugit pavi-

dus.

Ecce nivem glacialis hyems

Ingerit, et tegit omne forum :

Membra tegit simul Eulaliœ,

Axe jacentia sub gelido,

Pallioli vice linteoli.

Cedat amor lacryman-

tum hominum, Qui celebrare suprema

soient, Flebile cedat et officium:

Ipsa elementa, jubente

Deo, Exequias tibi, virgo, fe-

runt.

Nunc locus Emerita est tumulo Clara colonia Vettonias :

L'A vent.

Quam nemorabilisamnis

Ana Prseterit. et viridante ra-

pax Gurgite maenia pulchra

lavit.

Hic. ubi marmoreper-

spicuo Atria luminat aima ni-

tor Et peresrinus, et indi-

gena, Relliquias, cineresque

sacros Servat humus veneranda

sinu.

Tecta corusca super rutilant

De laquearibus aureolis.

Saxaque caesa solum variant,

Floribus ut rosulenta putes

Prata rubescere multimodis.

Carpite purpureas violas.

Sanguineosque crocos metite :

Non caret his genialis hvems.

Laxat et arva tepens glacies,

Fforibus ut cumuletcalathos.

Ista cnmantibus e foliis Munera. virgo, puerque, date :

- -]ue parcourt la fleuve Ana qui, dar.s rapide et ombrage d'arbre toujours verts, vient baigner son élégante enceinte.

C'est là que, dans un sanctuaire où la lumière est réfléchie par l'éclat des marbres étrangers et indigènes, un tombeau digne de tout respect garde les cendres sacrées d E lalie.

Au-dessus étincelle un lambris tout resplendissant d'or; le pavé du temple, formé de pierres délicatement taillées, semble un jardin émaillé de fleurs et des roses les plus vermeilles.

Cueillez la violette pourprée, moissonnez des rieurs éclatantes; l'hiver, malgré sa rigueur, en produit encore ; le sol glacé qu'échauffe le soleil en fournira de quoi remplir vos corbeilles.

Jeunes filles. jeunes homme-, en présentant cette offrande, n'oubliez pas de l'entourer d'un

Sainte Euïalie. Vierge ci Martyre.

épais feuillage; ma guirlande à moi sera ces vers dactyliques que j'offre pour les chœurs ; ils sont humbles, ils se ressentent de ma vieillesse : cependant ils conviennent à la fête.

C est ainsi que nous offrirons nos hommages aux restes sacrés de la martyre.

et à l'autel qui couvre son tombeau : du ciel où elle repose aux pieds de Dieu, elle agrée l'offrande, et, rendue propice par nos chants, elle répand sa protection sur un peuple qui est le sien.

Ast ego serta choro in

medio Texta feram pede dacty-

lico.

Vilia. marcida. festa ta-

Sic venerarier ossa li-

bet.

Ossibus altar et imposi-

tum :

Illa Dei sita sub pedi-

bus Prospicit hase, populos-

que suos Carminé propitiata fo-

vet.

Nous regrettons de ne pouvoir donner ici qu'une faible idée des richesses liturgiques que nous offrent le Bréviaire et le Missel Mozarabes, sur sainte Eulalie. Rien n'est plus magnifique que les éloges consacrés à sa mémoire par l'ancienne Eglise d'Espagne. Nous prenons, presque au nasard, dans le Missel, les deux belles pièces qui suivent, que nous avons choisies sur vingt autres qui auraient presque un droit égal à être citées ici :

Oue la virginité se réjouisse en vous . Seigneur, et que la continence, sœur de la virginité, prenne une part à sa joie. Voici une guerre dans laquelle il ne s'agit plus du sexe, mais du courage ; la défense a .

dans le glaive, mais dans la

L.ETETUR in te, Domi< ne. queeso, virgini- ;as : et huic proxima congaudeat continentia.

Non -ex.; m quœrunt hujus modi relia, sed an> mum. Xcn mucronisronfidentiam, sed pudoris.

Non etiam personas dis-

L'A vent.

cussuras, sed causas.

Impune inter armatas transit acies innocens conscientia : quae superavit crimina. superat et metalla. Facile vincit alios quisquis se vicerit ; et cum laudabile sit viro fecisse virtutem, majoris tamen praeconii est fecisse virgmem rem virilem.

Prophanum sacra ingreditur puella concilium:

et solum Deum in pectore gestaos infert violentiam passioni. Nec deest Lictor tam impudens quam crudelis : qui sponsam '.seccre dixerim) Christi, fornieantium verberibus oculorum, supplicio libidinante torqueret : ut quae pœnas in adulterio non luebat . saltem pœnas adultéras sustineret. Dudum quod gravius carnifex putat , exspectantium oculii corpus exponit et per divaricatas viscerum partes, ictuum sulcos cursus fusi sanguinis antecedit. Periit tune tortoris iniqui commentum : -5ù!a patiuntur tormenta ludihriura. Habet quidem virginem nostram nuditas. sed pudicam. Discat ergo. discat uterque sexus ex vi rgine, non pulchritudinjm colère, sed

pudeur; le combat n'est pas entre les personnes, mais entre les causes. Une conscience innocente traverse, sans blessure, des bataillons armés; elle a vaincu l'ardeur des sens, elle triomphera du fer. Il vaincra facilement les autres, celui qui s'est vaincu lui-même ; mais si la vertu est louable dans l'homme, la vierge qui déploie un courage viril est digne encore de plus grands éloges. Voici qu'une Vierge sacrée pénètre dans une assemblée profane, et, portant Dieu seul dans son cœur, elle triomphe des supplices. Cependant il y a là un licteur non moins impudent que cruel, qui, lançant les traits impudiques de ses regards, torture par un infâme supplice celle qu'on peut appeler l'épouse du Christ : en sorte que celle qui est étrangère à l'adultère ait du moins à subir une peine adultère. Bientôt le bourreau, pour la soumettre à une plus rude épreuve, expose le corps de la Vierge aux yeux des spectateurs ; et le long de ses flancs déchirés le sang coule en ruisseaux, plus rapides que n'e>t la main du licteur à ouvrir de nouvelles blessures. L'intention sacrilège du juge est confondue : il n'y a ici d'autre jouet que ses tourments.

Sans doute notre Vu

Sainte Enlalie, Vierge et Martyre. 5oj

nue ; mais sa nudité est pudique. Que l'un et l'autre sexe apprennent donc de cette Vierge à rechercher non la beauté, mais la vertu, à aimer la foi, non les grâces du corps. Que celui qui veut plaire au Seigneur, s'attende à être jugé, non sur les agréments du visage, mais sur la pudeur . Maintenant , 6 Christ ! puisque c'est par vous que cette Vierge a vaincu, par vous qu'elle a mérité, par vous aussi qu'elle a accompli sa tâche (car nous ne saurions repousser les traits de nos ennemis, si nous n'é-

virtutem: fidem amare, non formam. Placiturus Domino : non decoris expectare judicium, sed pudoris. Sed quia tuum est, Christe, totum quod meruit: tuum etiam quod peregit. Nec enim tela repellimus adversantium, nisi tua? divinitatis beneficio sublevemur. Nanc prœsta nobis, ut sicut hœc beatissima Martyr tua pugnando prœmium adepta est castitatis : ita nos commissorum nostrorum ad te dimissis contagiis , adipiscamur praemia tuœ promissionis.

tions soutenus par le secours

de votre Divinité), daignez donc, de même que votre bienheureuse Martyre a gagné par son combat le prix de la chasteté, nous pardonner l'impureté de nos méfaits, nous faire obtenir la récompense que vous avez promise

ILLATION.

IL est digne et juste, Seigneur Dieu, que nous vous rendions grâces, à vous qui avez établi dans une ■gloire sublime cette Vierge prudente, fidèle disciple de la foi ; à vous qui, ayant fait que Marie devînt mère, avez fait aussi qu'Eulalie fût martyre : l'une heureuse d'enfanter, l'autre heureuse de mourir; l'une accomplissant le ministère de l'Incarnation du Verbe, l'autre s'appropriant l'imitation de ses souffrances.

L'une crut à l'Ange, l'autre

ILLATIO.

Dignum et justum est.

Domine Deus, qui tam prudentem virginem fidei sociatam apice glorias consecrasti, tibi gratias agere : Ut per quem facta est mater Maria, fieret Martyr Eulalia : illa pariendi affectu felix, ista moriendi. Illa implens Incarnations officium , ista rapiens passionis exemplumtilla credidit Angelo, ista resistit inimico. Illa electa per quam

Christusnasceretur : ista as-umpta per quam diabolus vinceretur. Digna re Eulalia Martyr et\ ir- Macitura Domino suo : quoe. Spiritu Sancto protegente, tenero sexu bellum forte sudaverit ; et ultra opinionem humanœ virtutis ad tolerantiam pœnarum zelo tui amoris se obtulerit :

quum in specie pretiosi Unigeniti tui sanguinem suum sub testimonio bons ccnfessionis effuderit:

et incorrupta flammis viscera in odorem suavissimi thymiamatis adoleverit. Yadit ad tribunal cruemi prxsidis. non quœsita. In qua tam solum fuitanimus incontinens ad secretum, quam locus competens ad triumphum. Lucratura

regnum, contemptura supplicium , inventura quœsitum , visura confes<um. Non trépida de pcena, non ambigua de corona. non defessa de equuleo. non diffisa de praernio. Interrogatur , confitetur: occiditur, coronatur. Ingentique miraculo majestas tua exhalatum Virgiois spiritum.

quam assumpsit per flammam . suscepit per columham. Ut hoc prodigio in cœlis Martyr as-

résista à l'ennemi ; l'une élue pour que le Christ naquit d'elle, l'autre choisie pour que le diable fût vaincu par elle. Elle fut vraiment digne de plaire à son Seigneur, Eulalie, la Martyre et la Vierge qui , protégée par l'Esprit- Saint , soutint un combat rude à la délicatesse de son sexe. On la vit. dépassant toutes les forces humaines, s'offrir aux tortures par le zèle de votre amour ; quand, pour l'honneur de votre cher Fils unique, elle versa son sang dans le témoigne confession généreuse, et livra aux flammes ses chastes flancs, comme un encens de très suave odeur.

Sans être appelée, elle se présente au tribunal d'un gouverneur sanguinaire. Là, son âme se montre aussi incapable de dissimulation que le lieu même était propre à un triomphe. Elle veut gagner un royaume, mépriser les supplices, trouver celui qu'elle cherche, voir enfin celui qu'elle aura confessé.

La peine ne l'émeut pas : elle ne doute pas de sa couronne; !e chevalet ne l'a pas lassée ; elle est sans inquiétude sur la récompense. On l'interroge, elle confesse; on l'immole, elle est couronnée. Par un

firodige étonnant, l'esprit de montant vers vous par la flamme, votre Majesté

Sainte Eulalie, Vierge et Martyre. 5og

cenderet, quo in terris Filium Pater ostenderat.

Siquidem nec inhonorum patiuntur elementa corpusculum, quod deciduis nix aspersa velleribus , cr virtutis rigorem et vir^initatis tecta candorem eluceret . vestiret, absconderet. Superni velaminis operimento, cœ-

quias, et per misericordiam Redemptoris daret animse sedem. pro sepultura redderet dignitatem.

le reçoit sous la forme d'une colombe ; en sorte que la Martyre s'élève au ciel sous le symbole merveilleux par lequel, Ô Père céleste ! vous avez désigné votre Fils à la terre. Mais les éléments euxmêmes ne peuvent souffrir que le corps de la Martyre demeure plus longtemps sans honneur: une neige tombant

du ciel comme une blanche lum funeri prœstat exetoison vient embellir, couvrir et voiler ces restes dans lesquels respirent l'austérité de la vertu, la candeur de la

virginité. Le ciel lui-même prête la pompe de son linceul à de si augustes funérailles; enfin, par la miséricorde du Rédempteur , l'àme de la Vierge est établie dans la demeure céleste, et les honneurs d'en haut compensent la sépulture terrestre dont son corps est privé.

Laissez-nous, glorieuse Martyre, mêler notre admiration à celle de l'Eglise, notre voix aux cantiques sublimes qu'elle entonne en votre honneur. L'amour du Christ, o Vierge héroïque, avait transporté votre cœur, et vous ne sentiez plus les tourments ; ou plutôt la douleur était l'aliment de votre amour, en l'absence de cet Epoux qui, seul, pouvait répondre à vos désirs. Cependant, avec cette ardeur invincible, avec cette audace magnanime qui vous faisait affronter les tyrans et la fureur du peuple, rien de plus doux que votre sourire, de plus tendre que vos paroles. Obtenez-nous, 6 Epouse du Christ ! une part à ce courage qui ne défaille jamais devant l'ennemi, à cette tendresse pour le Seigneur Jésus , qui seule sauve

L'A vent.

les âmes de la sécheresse et de l'orgueil. O vous, la gloire de l'Ibérie ! colombe pacifique ! ayez pitié de cette terre catholique qui vous a nourrie pour le ciel. Ne soutirez pus que l'antique foi pâlisse dans une Eglise qui brilla si longtemps entre toutes les autres d'un éclat non pareil. Priez pour que les jours de la tribulation soient abrèges ; que Dieu, rléchi par vos prières, confonde la sacrilège audace des impies qui ont résolu d'anéantir le royaume de Dieu sur la terre; qu'il inspire au clergé la force et l'énergie des anciens jours ; qu'il rende fécond le sang des martyrs qui a déjà coulé ; qu'il arrête le scandale dont les simples et les faibles sont si aisément les victimes ; qu'il daigne enfin ne pas effacer l'Espagne du nombre des nations catholiques, et pardonner aux fils dégénérés, en souvenir de leurs pères !

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