I. Luc. xii
Pratique de l'A vent.
d'une prévenance, semblables à celles dont il use à l'égard de l'Eglise elle-même. Elle n'est le temple de Dieu, que parce qu'elle est composée de pierres vivantes; elle n'est l'Epouse, que parce qu'elle est formée de toutes les âmes qui sont conviées à l'éternelle union. S'il est écrit que le Sauveur s'est acquis V Eglise -par son sang l, chacun de nous peut dire en parlant de soi-même, comme saint Paul : Le Christ m'a aimé et s'est livré pour moi 2= Les destinées étant donc les mêmes, nous devons nous efforcer, durant l'Avent, d'entrer dans les sentiments de préparation dont nous venons de voir que l'Eglise elle-même est remplie.
Et d'abord, c'est pour nous un devoir de nous joindre aux Saints de l'ancienne Loi pour demander le Messie, et d'accomplir ainsi cette dette du genre humain tout entier envers la divine miséricorde. Afin de nous animer à remplir ce devoir, transportonsnous, par la pensée, dans le cours de ces quatre mille ans, représentés par les quatre semaines de l'Avent, et songeons à ces ténèbres, à ces crimes de tout genre au milieu desquels l'ancien monde s'agitait. Que notre cœur sente vivement la reconnaissance qu'il doit à celui qui a sauvé sa créature de la mort, et qui est descendu pour voir de plus près et partager toutes nos misères, hors le péché. Qu'il crie, avec l'accent de la détresse et de la confiance, vers Celui qui voulut sauver l'œuvre de, ses mains, mais qui veut aussi
i. Act. xx. 28 2. Gai. 11, 20.
L'Avent.
que l'homme demande et implore son salut. Que nos désirs et notre espérance s'épanchent donc dans ces ardentes supplications des anciens Prophètes, que l'Eglise nous met à la bouche en ces jours d'attente; prêtons nos cœurs, dans toute leur étendue, aux sentiments qu'ils expriment.
Ce premier devoir étant rempli, nous songerons à l'Avènement que le Sauveur veut taire en notre cœur : Avènement, comme nous avons vu, plein de douceur et de mystère, et qui est la suite du premier, puisque le bon Pasteur ne vient pas seulement visiter le troupeau en général, mais qu'il étend sa sollicitude à chacune des brebis, même à la centième qui s'était perdue. Or, pour bien saisir tout cet ineffable mystère, il faut se rappeler que, comme nous ne pouvons être agréables à notre Père céleste qu'autant qu'il voit en nous Jésus-Christ, son Fils, ce Sauveur plein de bonté daigne venir en chacun de nous, et, si nous y voulons consentir, nous transformer en lui, en sorte que nous ne vivions plus de notre vie, mais de la sienne. Et tel est le but du Christianisme tout entier, de diviniser l'homme par Jésus- Christ : telle est la tâche sublime imposée à l'Eglise. Elle dit aux Fidèles avec saint Paul : «. Vous êtes mes petits enfants : car je vous « donne une seconde naissance, afin que « Jésus-Christ soit formé en vous •. »
Mais de même que, dans son apparition en ce monde, le divin Sauveur s'est d'abord montré sous la forme d'un faible enfant,