PRIERE DE LA LITURGIE AMBROSIEN'NE
(Dans la troisième semaine de l'A vent.)
Christ tout-puis6ant, Fils de Dieu , vecsz , dans votre miséricorde , sauver votre peuple, au jour de votre Nativité, et daignez , avec votre bénignité accoutumée.
nous délivrer de toute inquiétude et de toute crainte temporelle. Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.
OMNIPOTENS Christe, Fili Dei , in die Nativitatis tuae propitius ad salvandum in tepopulum veni : ut benignitate solita ab omni dubietate, et metu temporis nos jubeas liberari. Quivivis et régnas, etc.
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LE MARDI
DE LA DEUXIEME SEMAINE DE LAVENT
Regem venturum Dominum, venite, adoremus.
De Isaia Propheta.
CaF. XIV.
Prope est ut veniat tempus ejus, et dies ejus non elongabuntur. Miserebitur cnira Dominus Jacob, et eliget adhuc de Israël, et requiescere eos faciet super humum suam : adjungetur advena ad eos, et adhaerebit domui Jacob. Et tenebunt eos populi, et adducent eos in locum suum : et possidebit eos domus Israël super terrain Domini in servos et ancillas : et erunt capientes eos qui se ceperant.
et subjicient exactores suos. Et erit in die illa, cum requiem dederit tibi Deus a labore tuo et a concussione tua , et a servitude dura, qua ante Fervisti: sûmes parabolam istam contra regem Babylonis, et dices : Quomodo cessavit exactor , quievit tributum ? Con-
LE Roi qui doit venir, le Seigneur : venez , adorons-le.
Du Prophète Isaïe.
Chip. XIV.
Le temps ou il doit venir est proche, et les jours n'en sont pas éloignés. Car le Seigneur aura pitié de Jacob, et il choisira des hommes dans Israël, et il les fera demeurer paisiblement dans leur terre.
L'étranger se joindrai eux et s'unira à la maison de Jacob.
Et les peuples les prendront et les introduiront dans leur pays : et la maison d'Israël aura ces peuples pour serviteurs et pour servantes dans la terre d'Israël. Ceux qui les avaient assujettis seront leurs captifs, et ils s'assujettiront ceux qui les avaient dominés.
En ce jour-là, quand le Seigneur aura mis fin à tes travaux, à l'oppression et à la dure servitude que tu souffrais auparavant, tu entonneras ce Cantique contre le roi de Babylone , et tu diras :
« Comment a disparu le ty- « ran ? Comment a cessé le a tribut qu'il nous imposait?
Le Deuxième Mardi de l'A vent. ig3
« Le Seigneur a brisé le bâ- « ton des impies, la verge des « dominateurs, qui, dans son « indignation , frappait les « peuples d'une plaie incura- « ble, s'assujettissait les na- « tions dans sa fureur, les « persécutait avec cruauté.
« Comment es-tu tombé du « ciel, ô Lucifer ! toi qui te « levais le matin avec tant « d'éclat ? Tu as été renversé « sur la terre, toi qui coude vrais de plaies les nations ; a qui disais dans ton cœur :
« Je monterai au ciel, j'élè- « verai mon trône au-dessus « des astres de Dieu, je m'as- « seyerai sur la montagne de « l'alliance, aux côtés de l'ait quilon ; je monterai au- « dessus des nuées, je serai « semblable au Très-Haut. « Et te voilà précipité dans < l'enfer, jusqu'au plus pro- « fond de ses abîmes. »
Ta ruine est en effet consommée, ô Lucifer ! Tu refusas de Rabaisser devant Dieu et tu fus précipité. Ton orgueil ensuite cherchant a s'étourdir sur l'humiliation d'une chute si profonde, tu causas la ruine du genre humain, en haine de Dieu et de son œuvre. Tu réussis à inspirer au fils de la poussière ce même orgueil qui avait été cause de ta dégradation. Par toi, le péché entra dans ce monde, et par le péché la mort; le genre humain semblait une proie dévouée à ta rage éternelle. Forcé de renoncer à tes espérances d'une royauté céleste, tu pensais du
trivit Dominus baculum impiorum, virgam dominantium, caedentem populos in indignatione , plaga insanabili, subjicientem in furore Gentes, persequentem crudeliter. Quomodo cecidisti de coelo , Lucifer , qui mane oriebaris ? corruisti in terram, qui vulnerabas gentes : qui dicebas in corde tuo : In cœlum conscendam ; super astra Dei exaltabo solium meum, sedebo in monte testamenti, in lateribus Aquilonis : ascendam super altitudinem nubium, similis ero Altissimo. Verumtamen ad infernum detraheris in profundum laci.
ig4 L'A vêtit.
moins régner sur l'Enfer et dévorer la création à mesure qu'elle sortirait des mains de Dieu. Mais tu es vaincu aujourd'hui. Ton règne était dans l'orgueil ; à lui seul tu aurais dû ta cour et tes sujets ; or, voici que le souverain Seigneur de toutes choses vient saper ton empire par les fondements, en enseignant luwnême l'humilité à sa créature; et il vient l'enseigner, non par des lois promulguées avec l'appareil éclatant du Sinaï,mais en la pratiquant lui-même sans bruit, cette divine humilité qui seule peut relever ceux qui sont tombés par la superbe. Tremble, Lucifer ! ton sceptre va se briser entre tes mains.
Dans ta fierté, tu dédaignes cette humble et douce Vierge de Nazareth, qui garde silencieuse le mystère de ta ruine et de notre salut. Tu dédaignes par avance l'Enfant qu'elle porte dans son sein et qu'elle mettra bientôt au jour. Sache que Dieu ne le dédaigne pas; car il est Dieu aussi, cet Enfant qui n'a pas vu le jour encore ; et un seul des actes d'adoration et de dévouement qu'il pratique à l'égard de son Père, au sein de Marie, apporte plus de gloire à la Divinité, que tout ton orgueil, croissant à jamais dans l'éternité, ne lui en pourrait ravir. Instruits désormais parles leçons d'un Dieu sur la puissance du grand remède de l'humilité, les hommes sauront y avoir recours. Au lieu de s'élever comme toi, dans un fol et criminel orgueil, ils s'abaisseront avec joie et amour ; et plus ilsseront humbles, plus Dieu prendra plaisir à les élever ; plus ils se confesseront pauvres, plus il aimera à les rassasier. C'est la Vierge
Le Deuxième Mardi de F A vent. ig5
divine qui nous le dit dans son beau Cantique. Gloire à elle, si douce mère à ses enfants, et si terrible à toi, Lucifer! qui te débats en vain sous son pied victorieux.
PROSE POUR LE TEMPS DE l'aVENT.
(Composée au xi° siècle, et tirée des anciens Missels Romains- Français.)
PÊT à recevoir celui qui règne dans les siècles éternels,
Peuple chrétien, chante-le dévotement , rends hommage à ton Créateur.
C'est lui que bénissent avec jubilation les milices céiesies, enivrées de sa vue.
C'est lui qu'attendent toutes les choses terrestres, pour comparaître devant lui,
Sévère en ses jugements,
Clément en sa puissance.
O Christ ! sauvez-nous par votre clémence, vous qui souffrîtes pour nous une cruelle passion.
Soulevez-nous jusqu'aux brillantes étoiles des cieux, vous qui effacez les souillures des siècles ;
Rosée du ciel, Sauveur véritable, chassez nos périls ;
Faites que tout soit pur, et donnez-nous la paix ;
Afin que, sauvés ici-bas par votre miséricorde, nous puissions, après cette vie, monter joyeux aux célestes royaumes :
REGNANTE M Sempi- • terna per sascla susceptura
Concio, dévote concrepa : Factori redde débita.
Quem jubilant agmina ccelica, ejus vultu exhilarata.
Quem exspectant omnia terrea , ejus vultu examinanda,
Districtum ad judicia,
Clementem in potentia.
Tua nos salva, Christe, clementia propter quos passus es dira.
Ad poli astra subleva nitida : qui sorde tergis saecula.
Influens salus vera, effuga pericula.
Omnia ut sint munda, tribue pacifica ;
Ut hic tua salvi misericordia : laeti régna post adeamus supera.
igfj
L'A vent.
Qui régnas saecula per I Vous qui régnez dans les infinita. Amen. | siècles infinis. Amen.
PRIERE DU SACRAMENTAIRE GALLICAN
(En la Messe de la Vigile de Noél.)
Misericors ac piissime Deus, eu jus voluntate ac munere Dorainus noster Jésus Christus ad hoc se humil.*ivit, ut totura genus exaltaret humanum. et ideo ad ima descenderit, ut humilia sublimaret : ac propterea Deus homo nascitur per Virginem. ut in homine perditam cœlestem reformaret imaginem :
da ut plebs hœc tibi adhaereat, ut quam redemisti tuo munere, tibi semper devota placeat servitute.
DIEU miséricordieux et clément, par la volonté et la munificence duquel Jésus- Christ notre Seigneur s'est humilié, pour élever le genre humain tout entier, et est descendu au plus bas pour exalter ce qui était misérable, en sorte que Dieu est né homme au moyen d'une Vierge, afin que la ressemblance céleste que l'homme avait perdue fût rétablie en lui ; faites que vôtre peuple s'attache à vous, et qu'après que vous l'avez racheté par votre bienfait, il vous soit toujours agréable par sa dévote servitude.
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