Bib. nat., V^/, UGl
4. Voir, à ce sujet, M. Brenet. Les concerts en France sous l'ancien régime, pp. 104-103.
Chaconne. Elles rentrent donc tout à fait dans le cadre ancien de la suite ^ ; les danses s'y dédoublent souvent, et il y a toujours deux Menuets, dont le deuxième, en mineur, est exécuté en trio, tandis que le Menuet majeur est confié au tutti, indication intéressante au point de vue du trio qui sera intercalé plus tard dans le Menuet de la symphonie ^
Les symphonies de Jean-Joseph Mouret ^ présentent, en plus du même caractère formel, des dispositifs instrumentaux qu'il convient de signaler. Mouret a publié, avant 1739, quatre œuvres de symphonie. Dans ses Fanfarespour des trompettes, timbales, violons et hautbois, avec une Suite de symphonies mêlées de cors de chasse, gravées par x1/'^^ Louise Roussel, (donc antérieurement à 1730)*, livre 11°, il adopte un cadre à quatre mouvements, le premier lent, le dernier (( gai », à 6/8, avec un mouvement intermédiaire intitulé « gracieusement sans lenteur » à 3 temps, muni de reprises et de Da Capo. L'écriture est à trois parties, deux dessus et la basse, laquelle est dédoublée et confiée à la basse continue et aux timbales ; comme celles-ci exécutent une partie distincte, on peut dire qu'il y a, en réalité, deux basses ; de nombreuses indications déterminent rigoureusement l'instrumentation qui comprend des trompettes, premiers violons et hautbois, deuxièmes violons et hautbois, timbales, basse
1. G"est un dispositif tout à fait analogue à celui que nous avons signalé plus haut dans la Musique de table de Telemann.
2. Les archives de la ville d'Agen (fonds du duc d'Aiguillon) contiennent, outre le Concert de symphonie de Mangean de 1735, 3 Symphonies en trio, du même (II, 137). Enfin une « symphonie n» 8 par M. Mangean » figure sur le catalogue (II, 133), mais cette symphonie ms. (2 v. alto, b. basson, deux cors, contrebasse) porte seulement sur chacune des parties l'inscription : « A M. Mangean ». Rien n'indique donc que l'attribution de cette composition à Mangean soit certaine. Cette symphonie est postérieure à 17o0.
3. Jean-Joseph Mouret naquit à Avignon, le 11 avril 168:2, de Jean Mouret et de Madeleine Menotte, sur la paroisse N.-D. la principale. 11 serait venu à Paris vers 1707, devint surintendant de la musique de la duchesse du Maine, et entra le 7 février 1720 comme chantre à la musique de la chambre du roi (Arch. nat., 0i64, f" (i'J) ; il épousa la fille de l'argentier du duc du Maine, ^Madeleine Marie Prompt de Saint-.Mars et continua le Concert spiriîuel avec de Lannoy etSimard, après la démission de Philidor en 1728. En 1736, il était compositeur de la Comédie-Italienne. Devenu fou, il fut enfermé au couvent de N.-D. de la Pai.x de la Charité de Gharenton, le 16 avril 1738. Il y mourut le 20 décembre de la même année. (Arch. Seine. Fonds Bégis). Mouret avait pris, le 8 décembre 1718 un privilège qui fut renouvelé l'année de sa mort, le 26 septembre 1738 (Brenet. La Librairie musicale en France, p. 439).
4. Louise Roussel épousa, en effet, en 1730, le violoniste J.-M. Le Clair. Les Fanfares sont à la Bibliothèque du Conservatoire.
etbassons ;tantôt, les dessus, violons et hautbois accouplés, sonnent de concert avec les trompettes, tantôt, celles-ci alternent avec les violons, tantôt, ces derniers 'soutenus de la seule basse continue exécutent un gracieux divertissement. La suite se déroule, de la sorte, dans une atmosphère de contrastes et d'oppositions de timbres. A^oici un exemple de tutti :
Tromp i»".^ V°."^ a Htb.
La sonorité est pleine et joyeuse ; c'est bien là de la musique de lête, d'apparat.
Dans les Simphonies pour des violons, des hautbois et des cors de chasse, exécutées à r Hôtel de Ville, devant le Roy, seconde suite^, Mouret écrit une suite d'orchestre en fa majeur et en neuf mouvements, commençant par un Air ou Prélude pour se terminer par deux menuets, après lesquels on reprend V Allegro qui suit le Prélude. Tous les morceaux sont binaires, à reprises ; les airs, les gavottes, les menuets se dédoublent et ont un Da Capo, ce qui constitue une sorte de réexDOsition à la tonique, puisque, pour conclure, on reprend le thème initial dans la tonalité principale. Rappelons que ce qui distingue le mouvement binaire des suites de la forme sonate ternaire, c'est que dans le premier, le dessin initial n'est pas réexposé. L'orchestre comprend deux violons et hautbois, la basse et deux cors de chasse en fa '-.