‹ L'Année musicaleChapitre 13 sur 159 · Bib. du Conservatoire (s. d · texte numérisé non relu

Bib. du Conservatoire (s. d

2. Mouret écrit en tête de sa suite : « Pour la facilité des cors de chasse, j'ay mis avant la clet de C sol uL (ut 1"), celle de G ré sol (sol) qu'il faudra toujours su))poser ».

Le deuxième Air présente deux parties réelles de cors que soutiennent très ^gracieusement de souples festons confiés aux violons :

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Comme dans l'œuvre précédente, on observe ici d'habiles échanges de timbres, et les deux livres de Concert de chainbre à deux et à trois parties, pour les violons, fiùles et hautbois ^ présentent des caractères analogues. Toute cette musique, malgré la sécheresse d'imitations trop systématiques, est facile et aimable. Elle respire une gaieté élégante et bien apprise, la « gaieté de Mouret » ainsi que l'écrivait Voltaire.

Si la majorité des compositions de cette époque n'admeltenl guère

1. Bib. du Conservatoire (s. d.). Ces 2 livres de Concert de chambre figurent sur l'Inventaire du Concert spiritueldu 31 juillet 1748, conservé aux Archives de l'Opéra.

que récriture en trio, il s'en faut cependant que les musiciens ne s'essayent pas à manier un plus grand nombre de parties. Nous citerons, dans cet ordre d'idées, la XXXIV^ œuvre de l'inépuisable Boismortier^ : Six sonates à quatre parties différentes et égaleïuent travaillées pour trois flûtes traversières, violons ou autres iiistruments, avec la basse (1731) 2.

Ici, nous sommes en présence de pièces dont la réalisation nécessite trois dessus et la basse. Les parties sont dites également travaillées parce qu'il règne, du haut en bas de la composition, un sj^stème d'imitations égales ; tout au plus, le premier dessus se permet-il quelques enjolivements supplémentaires. Disposées à la quinte, à l'octave, ces imitations se distribuent entre tous les instruments, et on peut dire des pièces dé Boismortier, avec Blainville, que ce ne sont « qu'imitations successives » ^. D'où, un style sec, étriqué, monotone.

Le cadre comporte quatre mouvements : tantôt, la sonate commence par un mouvement vif (type de la Sinfonia italienne), tantôt, par un mouvement lent d'allure saccadée (type de ÏOuverture française). Il est à remarquer que, dans le premier cas, Boismortier accumule volontiers les mouvements vifs en tête (Sonates II et IV).

A côté de la suite ou symphonie en trio, on voit apparaître, à partir de 4725, des pièces intitulées concertos et qui présentent le cadre ternaire des concertos italiens : un mouvement lent flanqué de deux mouvements rapides. Ainsi, en 1727, Boismortier publie son œuvre XV : Six Concertos pour cinq flûtes traversières ou autres instruments, sans basse % qui constitue une singularité dans notre littérature instrumentale. L'auteur a énormément écrit pour la flûte,

1. Né dans le Roussillon vers 1691, au dire deFétis. Joseph Bodin de Boismortier a produit avec une prodigalité sanspareille des œuvrettes faciles et médiocres. On a dit de lui :

11 Bienheureux Boismortier dont la fertile plume

'( Peut tous les mois sans peine enfanter un volume. »

De 1724 à 1737, il n'écrit pas moins de 33 œuvres symphoniques ; il met à contribution tous les instruments et, en particulier, les instruments dits « champêtres », dout on raffolait alors, tels que la vielle et la musette. Marié à Marie- Anne VaUette, il en eut, le 5 avril 173.5, un fils qui reçut les prénoms d'Anne- François (Arch. Seine, Fonds Bégis). Il mourut à Paris, en 1755, selon La Borde, en 1765, selon Fétis.

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