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Lettres sur les écrits de ce temps, t. II (1749), p

LULLISTES ET RAMISTES 211

qui auraient consacré d'une manière particulièrement agressive les progrès de l'influence italienne en France, ce serait oublier et méconnaître le génie français de Rameau, son immense science musicale et son tempérament de musicien.

En réalité, la querelle entre lullistes et ramistes, quoique non sans rapport avec l'opposition du goût français au goût italien, est l'expression d'un fait de portée encore plus générale : l'opposition du goût français à la musique pure, et aussi, il faut bien le dire, la faveur croissante de la musique pure chez un peuple qui s'y est montré parfois rebelle. Qu'on reproche à Rameau son excès de science, son harmonie trop compliquée, ses chants bizarres et difficiles, son mépris de la poésie ou même son italianisme, tous ces reproches se réduisent au fond à un seul : trop de musique. C'est un reproche qu'on n'avait pas encore souvent adressé à un musicien français ; et, bien qu'en matière de musique dramatique il puisse avoir sa valeur, c'est un reproche dont aucun vrai musicien ne s'est jamais affligé outre mesure.

Paul-Marie Masson.

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