LA MUSIQUE DE LA CHAMBRE ET DR L ECURIE
Ils pouvaient alors chevaucher tout comme Albert de Rippe lui-même.
Leur traitement est en général assez faible, 180 Hvres le plus souvent^; encore n'ont-ils pas les mille petits produits dont bénéficient les musiciens de la Chambre. Nous voyons en effet les cornets fournir au souverain des trompes de chasse qui leur sont royalement payées -, les organistes se charger de l'achat et de la réparation des clavecins et épinettes ^ Les instrumentistes de l'Écurie n'ont pas ces avantages. A leur mort, ils laissent des sommes infimes, qui vont le plus souvent soulager la misère de quelques-uns de leurs compagnons*. Les plus heureux sont ceux qui touchent les revenus d'une charge d'huissier ou de sergent à verge °, mais les Italiens non naturalisés ne peuvent prétendre à cette faveur et doivent compter, pour vivre décemment, sur la générosité du Monarque et de ses hôtes.
De nombreuses pièces d'archives nous montrent l'active participation des musiciens de l'Écurie à toutes les fêtes données par François P'' et nous révèlent de menus détails assez amusants. Au mois d'octobre 1583, nous voyons toute la troupe se transporter à Marseille pour l'entrevue du Roi avec le pape Clément VU, venu pour négocier le mariage de sa nièce Catherine dé Médicis. Tous les instrumentistes de l'Kcurie sont habillés de neuf à cette occasion, ils reçoivent chacun une robe de soie, des chausses, un bonnet et deux chemises ^ L'année suivante, les troupes réunies des musiciens de la Chambre, de la Chapelle et de l'Écurie contribuent à la magnificence de la réception du roi d'Angleterre au camp du Drap d'Or ■*.
1. Sous Henri II le traitement est porté à 200 livres pour les chefs de la troupe, mais non pour les simples instrumentistes (Ms. fr. 3132 f<>o7 v, Ms. fr. 7835, pièce n" 9.