Arch. Nat. J. 960 f
7. « Et durant le disner, les trompettes, hautboys, cornets et chantres ne cessèrent de jouer et de chanter » Mémoires de Martin Du Bellay, édit. Petitot, II,
En 1538, les négociations menées pour mettre une fin à la guerre entre l'Empereur et François P'', donnent aux musiciens de la Cour l'occasion de briller devant des souverains et des grands seigneurs étrangers. Tous ces personnages traînent à leur suite des bandes nombreuses de joueurs d'instruments, qui ne manquent pas de venir saluer le roi de France. De telles marques de respect n'ont d'ailleurs rien de désintéressé. En pareil cas les souverains font assaut de générosité et comblent réciproquement les visiteurs de présents et d'honneurs. En 1S38, François P' doit faire de nombreuses largesses de ce genre, car nombreux sont les instrumentistes qui défilent cette année-là devant lui : cornets de la reine de Hongrie ^ violons de l'ambassadeur de Venise "^ hautbois du duc de Mantoue^ et surtout innombrables musiciens de la suite du Pape ^. Paul IIl n'avait pas amené avec lui moins de deux bandes de trompettes et deux de hautbois, sans compter les virtuoses de sa Chambre comme ce Francesco Canona qui joua du luth en présence de François P''^ et rivalisa sans doute avec Albert de Rippe dans une lutte courtoise. Tous ces artistes étrangers durent fraterniser avec les musiciens du roi de France, parmi lesquels ils purent trouver de nombreux compatriotes. Si l'on parcourt en effet les états de l'Écurie, on constate que, vers 1530, tous les joueurs de hautbois et sacquebutes sont ultramontains. 11 en va de même pour la plupart des trompettes. Seuls, les violons sont français. Ce fait est d'ailleurs intéressant à noter, car il semble contredire l'opinion généralement reçue selon laquelle la plupart des instruments à archet (violes ou violons) ® nous viendraient d'Italie.