VI
1743. — L'œuvre XII de Guillemain, annoncée clans le Mercure d'avril 1743 ^ : Six sonates en quatuors ou Conversations galantes et amusantes entre une flûte travei^sière, un violon, une basse de viole et la basse continue (1743) ^ appartient aussi à la musique de chambre, et l'auteur, dans un « Avertissement «placé en tête de sa publication, déclare expressément que ses Sonates en quatuors ne doivent être jouées qu'à quatre instrumentistes •'. On remarquera le sous-titre de Conversations que reçoivent ces pièces, désignation assez fréquente alors et que nous retrouverons dans l'œuvre du violoncelliste François Martin. Rien de plus juste, d'ailleurs, de plus adéquat au caractère de tels ouvrages qu'un pareil titre, car ils constituent avant tout de la musique de salon et comme une fine causerie entre gens spirituels et bien élevés.
La distribution des mouvements s'effectue à l'intérieur de l'habituel cadre ternaire, avec Aria central qui est dédoublé dans trois sonates sur six, et le bithématisme déjà observé en étudiant l'œuvre VI surgit à nouveau de place en place. Il est généralement souligné par un contraste d'instruments. Ainsi (Sonate III), au premier thème proposé par le violon en fa majeur, s'oppose un deuxième thème confié à la flûte; dans la deuxième partie de Y Allegro, ces deux motifs participent au développement qui consiste en un travail de passages modulants. Il convient, toutefois, d'observer, qu'en raison de la nature spéciale de la mélodie de Guillemain, mélodie très ciselée, très ornée, très complexe, oii l'écoulement fluide des triolets vient contraster avec l'allure alanguie de figures en rythme binaire.