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Allegro poco Andante de la Sonate V

3. Né à Besançon, de Jean-Baptiste Blavet et d'Oudette Lyard, et baptisé le 13 mars en l'église Saint-Jean-Baptiste de cette ville, Michel Blavet était fils d'un tourneur et vint à Paris en 1723, avec le duc Charles-Eugène de Lévis. Dès 1726, il parait au Concert spirituel avec grand succès et son privilège du 1"'' octobre 1728 (Brenet, Loc. cit.. p. 431) montre qu'il était alors au service du prince de Carignan. Entré chez le comte de Clermont, il devint surintendant de sa musique. 11 appartient à la musique royale en 1738 où il reçoit 1. 200 livres d'appointements (Luynes, Mémoires, II, pp. 292-^93), et se voit accueilli par l'Opéra en 1740. Sur l'État de 1752, il touche 700 livres d'appointements et 500 livres de gratifications. Ses appointements s"élèvent à 800 livres en 1758 et, en 1759, il obtient une pension de 600 livres (Arch. Opéra). Atteint de la pierre, il mourut, des suites d'une opération, le 28 octobre 1768 à labbayeSaint-Germaindes-Prés ;on l'enterra le lendemain à Saint-Symphorien. Deux des fils qu'il avait eus de son mariage avec Marguerite Ligier, Jean-Louis, et Pierre-Lambert, étaient prêtres. (Arch. Seine, fonds Bégis).

Allégros, le premier à quatre, le dernier à trois temps, se placent deux Gavottes, l'une er mineur, l'autre en majeur sur la tonique (la). La composition ne porte pas de date, mais son apparition semble pouvoir se placer vers J745, car Blavet exécute en 1744, 1745, et 1746, de nombreux concertos de flûte au Concert spirituel, et tout porte à croire que le concerto de Carlsruhe se trouvait parmi ceux-ci.

Les deux Allégros, dépourvus de reprises, présentent chacun 'un système de quatre groupes T-S, et sont construits dans la forme sonate, avec réexposition finale à la tonique du thème du tutti. Le solo y expose un thème accessoire. Dans le premier Allegro, le thème du tutti a le caractère d'une sorte de refrain qui se répète trois fois. Quant aux Gavottes, elles se présentent dans la forme binaire habituelle.

Blavet a fortement subi l'influence italiennes et le goût qu'il manifestait pour les compositions de Telemann se traduit par certaines « manières w, chères à ce compositeur, les effets de pédale par exemple; au cours du premier Allegro, on relève une pédale de dominante tenue par le premier violon et soutenant pendant cinq mesures les ramages de la flûte-.

L'instrumentation comporte, outre la flûte, deux violons et une basse d'archet non chiffrée, ce qui laisse la composition un peu en l'air. Tout l'ensemble est vif, animé, brillant, avec d'exquises qualités d'élégance et de goût. Le travail thématique de la flûte rend compte de la façon dont on exécute alors le développement, au moyen du fdigrane des « passages».

Le thème suivant du tutti :

devient à la flûte :

et se transforme en un lono- trait modulant.

1. Dans ses Recueils de petits airs, accommodés pour les flûtes, les violons, etc., il arrange des menuets italiens ou des gavottes de Corelli, Geminiani, et aussi des pièces de Haendel. L'abbé le Blanc assurait qu'il brodait les Sonates de Mascitti.

2. Telemann. dans le Prélude du 1°'' des Nouveaux quatuors en six Suites (1738), place au-dessous de brillantes figurations confiées à la flûte une longue pédale de tonique tenue par les ins'ruments à archet.

La Bibliothèque de Dresde possède deux Concertos manuscrits de Jean-Pierre Guignon qui remontent aussi aux environs de 1745. Nous n'insistons pas sur ces deux ouvrages, écrits dans le style italien, parce qu'ils font l'objet d'une étude qui vient de paraître dans la Rivista tnusicale italiana *.

1746. — L'année suivante, 1746, le flûtiste Benoist Guillemant^ publie une oeuvre qui mérite de retenir notre attention :

Sei Sonate en quatuor pour deux flûtes, un violon obligé et la basse continue. Dédiées à Son Excellence il/°'' le comte de Rottembourg, colonel d'un régiment de dragons, lieutenant général des armées de Sa Majesté le Roy de Prusse, eic. Composées ^par M. Guillemant, maître de flûte, œuvre I". Avec privilège du Roi, 1746''.

Avertissenfient. — « Quoique ces six sonates soient en quatuor, on observera que les deux parties de flûte peuvent se jouer en duo, et même en trio avec la basse, elles pouront se jouer également sur le violon et même en quatuor. »

La dédicace nous apprend encore qu'il s'agit du « premier essai » de l'auteur. D'autres recueils suivirent*, carie comte de Rottembourg, comme tant d'autres de ses compatriotes, marchait sur les traces de son maître et commanda plus d'un volume au flûtiste parisien. Frédéric le Grand était, en effet, un infatigable virtuose et compositeur pour la flûte et c'est incontestablement à son goût persistant pour cet instrument que l'on doit l'énorme quantité de concertos et solos de flûte qui ont paru le plus souvent en copies manuscrites, aux environs des années 1740 et 1750.

Toutes ces sonates de Guillemant sont en quatre morceaux ; la tonalité initiale est conservée dans les différents morceaux de chaque sonate (sauf le relatif mineur). En ce qui concerne leur coupe intérieure, on peut dire, d'une façon générale, que les rentrées des thèmes se font toujours à la fin des morceaux, après d'assez

1. L. de la Laurencie : Uîl musicien piémontais en France au xviii» siècle : J.-P. Guignon, dernier Roi des violons (Rivista musicale italiana, 1911, fasc. 4.)

2. Eitner et Fétis disent qu'il était flûtiste à Paris vers 174Û. Son privilège est du 31 mars 1746 « pour des Sonates, Trio, Concerto et autres pièces de musique instrumentale de sa composition ».

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