III. Giga. Allegro S/S
IV. Minuetto I et Minuelto II (ce dernier en mineur suivi du Da Capo du premier). A remarquer ce dédoublement des menuets qui correspond à celui de VAndante.
L'écriture de Guillemant, sans être symphonique, a un caractère concertant : les deux flûtes marchent généralement ensemble mais ne se doublent point. Ainsi que le fait remarquer l'auteur, elles forment un duo. Le violon, lui, est absolument indépendant : son rôle est évidemment un rôle d'accompagnement, mais assez libre et qui ressemble, dans les premiers morceaux, à celui d'un second violon d'orchestre de symphonie (figurations, nombreux trémolos, etc.) ; il accompagne souvent en triolets dans les mouvements lents. Quant à la basse, soigneusement chiffrée, elle joue un rôle actif et fait bien plus penser au clavecin qu'au violoncelle.
Un exemple éclairera nos explications :
Adagio ^
Flûte II
Violon
En résumé, ces sonates de Guillemant rentrent encore dans le ^enre de la suite, genre auquel nos musiciens renoncent difficilement. Dans deux d'entre elles, les finales sont dénommés Ballo, terme dont se servent les vieux maîtres italiens, et parfois encore, Domenico Scarlatti. Au surplus, ce terme s'accorde parfaitement avec le genre suite.
On ne saurait, du reste, reprocher aux musiciens français leur fidélité à la forme suite. Ne la trouvent-ils pas cultivée précisément chez les musiciens étrangers qui détiennent alors la faveur publique, et en particulier chez Telemann, dont deux des six pièces du recueil de 1736 et toutes les compositions de celui de 1738 sont des suites ^ ?
A côté de la suite ils rencontrent chez les Allemands et les Italiens \sl symphonie en trois parties dont Richter remplit ses deux recueils édités chez Duter ^, et dont Scheibe, dès 1745, décrit avec torce détails la structure '.
1748. — Nous ne devons donc pas être surpris de voir se développer parallèlement les deux genres. Simon et Guillemain vont donner, en 1748, deux livres de symphonies.
Le Mercure de mai 1748 annonce Six symphonies pour deux violons., violoncelle, quinte ou troisième violon. Dédiées à M'^^Dupin,
1. Les six Suites des Nouveaux quatuors de 1738, comme du reste celles de 1736, reçoivent une terminologie française ; mais les noms de danse y sont remplacés par des adverbes à signification esthétique : tendrement, flatteusement, légèrement, tristement.
2. Six grandes simphonies pour les violons, en quatre parties séparées et double basse par M. Richter. Chez Duter, à partir de 1744.