‹ L'Année musicaleChapitre 76 sur 159 · Monval. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Monval. Loc. cit., p

subsisté, elles quelques Pièces pou?' viole d'amow\ violon et basse insérées dans sa Méthode facile pour la viole d'amour, seuls morceaux qui nous restent de lui, sont tout à fait insuffisantes pour nous faire une idée de l'écriture de ce musicien ^

Avec l'œuvre IV de Gossec et les compositions du marquis de Cliambray, nous allons constater que la symphonie française entre délibérément dans le courant « moderne ».

L'œuvre IV de Gossec, qui existe en deux collections dépareillées à la bibliothèque du Conservatoire et à la Bibliothèque nationale, porte le titre suivant- :

Set Sinfonie a piu slromenti composte da Fràcesco Giuseppe (sic) Gossec, opéra IV, gravées par M""^ Bérault, Paris, La Chevardière, (s. d.).

Seules, les parties de premier, deuxième violons, d'alto, de basse, de premier et deuxième hautbois, et des deux cors, nous ont été conservées ; les flûtes manquent ; il n'y a de hautbois que dans la Symphonie I et la Symphonie VI n'admet pas de cors.

Cette œuvre a paru vers 1760, puisqu'elle fut éditée chez La Chevardière'* ; mais ce n'est pas à dire que Gossec ne l'avait pas composée avant cette date ; nous inclinerions même à le penser, et à croire que la symphonie de lui exécutée, en avril 1757, au Concert spirituel, appartient à l'œuvre IV. Simple hypothèse, cependant, car l'ignorance où nous sommes de la nature des œuvres II et III du musicien, oblige à la plus grande prudence et empêche de formuler une conclusion définitive '■^ Il est clair, en

\. Mercure, décembre 1749, p. J93 et octobre 1761, p. 196. La Bibliothèque du Conservatoire possède la Méthode de Milandre qui porte le numéro d'œuvre V. Milandre entra à l'Opâra en 1755, et figure sur l'état de paiement de 1757-58 parmi les basses du grand chœur aux appointements de 430 livres (Arch. Opéra). Milandre a été violon delà Comédie française de 1760 à 1764 (Almanach Ducliesne); il compte au nombre des seconds violons au Concert spirituel en 1762, et au nombre des parties du même Concert, de 1764 à 1768. Vori Eitner, VI, p. 473.

-2. Voir plus haut pour les références bibliographiques.

3. On sait, en effet que La Ghevardière ne devint éditeur qu'aux environs de 1760; il succéda à Leclerc qui tenait boutique à la Groix-d'Or, rue du Roule.

4. La liste des œuvres instrumentales de Gossec établie par Eitner dans son Quellen — Lexikon présente le plus grand désordre et de nombreuses inexactitudes. Ainsi, l'œuvre !'■» est indiquée d'abord comme consistant en 6 Quatuors, et, à la ligne suivante, la même œuvre se transforme en Trios à deux violons et basse. L'œuvre IV se composerait de Duos de violon conservés à la bibliothèque de Darmstadt, alors qu'en réalité ces Duos forment l'œuvre VII. L'ouvrage de

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effet, que si l'œuvre III consiste en symphonies, il devient difficile de rattacher la symphonie de 1757 à celle-ci ou à l'œuvre IV- Toutefois, 1 indécision s'atténuerait, au cas où l'œuvre III ne cornprendrait pas de symphonies à cors de chasse, car il paraît bien probable que la composition jouée en 1757 nécessitait l'emploi de ces instruments'.

Les symphonies de l'œuvre IV sont toutes bâties sur le modèle à quatre mouvements adopté par Stamitz et son cénacle ; elles débutent par un Allegro suivi d'un Andante ou d'un Adagio qui précède un Menuet accompagné d'un Trio; le morceau final consiste en un Presto ou même en un Prestissimo (Symphonie I). La présence du Menuet, flanqué de son Altemalivo, entre le mouvement lent et le final, semble indiquer une influence mannheimiste ; de même, le choix du Presto, comme mouvement terminal, conduit à une conclusion identique. Mais, en général, l'oeuvre IV de Gossec n'emprunte à l'école palatine que son cadre extérieur; dans le détail, le musicien se montre encore assez rapproché de sa première manière toute italienne. Sans doute, les Allégros de début, sauf celui de la Symphonie VI, ne comportent pas de barres de reprise, particularité qui se rencontre chez Stamitz, mais qui est aussi typique de V Ouverture italienne ; sans doute, encore, des dispositifs tels que :

apparaissent fréquemment dans les symphonies de Richter, de Sta-

M. Hellouin attribue à l'œuvre V la date de 1773, date qui est celle de la copie manuscrite conservée à la Bibliothèque nationale sous la cote Vm' 1596, et non pas celle de l'œuvre elle-même, qui doit se fixer vers 1763, car V Avant-Coureur du 2o février 1763 annonce déjà l'œuvre VII [Sei due/ti per duo violini) ; en supposant donc que Gossec ait fait paraître un ouvrage par année, l'œuvre "VI se placerait en 1764 et l'œuvre V en 1763. Nous proposons donc, jusqu'à plus ample informé, la chronologie ci-après pour ses neuf premières compositions : œuvre I", 17o3, œuvre II, III de 1754 à 1736, œuvre IV, 1757 ou 1760, œuvre V, 1763, œuvre VI, 1764, œuvre VU, 1765, œuvre VIII, vers 1765, œuvre IX, 1766. (Annoncée dans V Avant-Coureur) . D'après le même journal, l'œuvre XIV (6 Quatuors) a paru en 1770. Mais le privilège pris pour la publication remontait à 1769.

1. La symphonie de Gossec fut jouée, en effet, en tête du programme, qui débutait d'ordinaire par une symphonie à cors de chasse.

mitz et de Filtz, mais ils sont également très répandus dans celles de Jommelli. Gossec use, avec insistance, de longs mouvements ascendants, assouplis de syncopes, et servant de véhicule à des crescendos, mouvements qui témoignent d'une inspiration plus italienne qu'allemande ^ :

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Ce n'est pas à dire, cependant, qu'on ne relève pas chez les mannheimistes des formules analogues, dont la poussée des syncopes entraîne aussi un renforcement dans la sonorité -. Tantôt, les cadences conclusives à(i$, Allégros présentent un faciès italien (Symphonies I, III, IV), tantôt, elles sont préparées par des suspensions exécutées piano, à la façon de Stamitz (Symphonie II). Il semble que le musicien subisse des influences multiples : il n'abandonne pas complètement sa manière italienne, mais, il la laisse se pénétrer d'éléments germaniques, tels ces grandes nappes de batteries qu'il jette dans les mouvements vifs, telles encore, les entrées des Prestos, souvent exposées sous forme d'accords brisés :

qu'on rapprochera de celles des prestos de Stamitz :

En définitive, l'œuvre IV de Gossec marque une évolution de son style vers le type mannheimiste.

Construits sur deux motifs contrastés, les Allégros exposent sou-

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