IbicL, décembre, I, p
maîtres français dont les dernières velléités de réaction disparaissent presque entièrement vers 1760.
Le second fait que nous avons annoncé consiste en la présence de Jean Stamitz à Paris, en 1754^ Il semble à peu près certain que l'art du compositeur allemand a décidé la vocation symphonique d'un de nos principaux musiciens, Gossec. L'année suivante (1755), surgissent des recueils périodiques uniquement composés de symphonies étrangères, sous la rubrique « Vari autori » ^ si bien, qu'entre 1760 et 1765, nous nous trouvons vis-à-vis de maîtres français qui sont devenus ou bien de parfaits mannheimistes (Gossec, Guénin, Bailleux, le marquis de Chambray), ou bien des italianisants (Talon, Mathieu le tjls, etc.).
A ces observations, il convient d'ajouter que, si nous nous montrons lents à adopter les réformes, ces réformes une fois admises, nous perfectionnons singulièrement les enseignements que nous recevons de l'étranger. Et c'est alors la grâce mondaine et la souplesse d'écriture de Guillemain, l'ingéniosité des trouvailles mélodique de Martin, la tendresse sentimentale de Davesne. Tous ou presque tous nos musiciens sont d'adroits et de bons techniciens, mais tous, même Gossec, restent les vassaux plus ou moins directs de l'Allemagne ou de l'Italie. L'art instrumental de France occupe, en quelque sorte, une position centrale entre l'art italien et l'art allemand. Plus raffiné, dans son maniérisme élégant, que le premier dont il ne possède pas la spontanéité mélodique, il demeure plus individualiste que le second et plus rebelle à la grande discipline orchestrale qui, après les mannheimistes^ fera la gloire de l'école allemande.
Lionel de la Laurencie et Georges de Saint-Foix.
1. Le jugement que les Parisiens portent sur Stamitz est particulièrement favorable : « Le concert [italien] où préside le s' Stamitz, premier violon de S. A. S. et électorale palatine, est le plus estimé, grâces à ce musicien qui est très habile dans sa partie, encore plus pour la composition, et qui a un talent unique pour faire exécuter. C'est le jugement qu'en portent les connoisseurs de cette capitale. » (Bib. de Munich, Ms. 403 [1755], f»29. — J. C. Prod"homme, La Musique à Paris, de 17 53 à 1757, d'après un Ms. de la Bibliothèque de Munich, Sammelband de l'L M. G , juillet 1905.)
2. Le privilège accordé à J. B. Venier pour ses recueils de « Yari autori » porte la date du 13 septembre 1756. (Brenet Loc. cit., p. 449).
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