Cf. A. Schering, Loc. cit., p
2. Telemann disait lui-même avoir composé en deux ans jusqu'à :200 ouvertures à la française. (Mennicke, Loc. cit., p. 92.)
3. Très probablement l'œuvre 1°''. Six Sonates à quatre, op. II, parurent en 1731 (Maupetit, Vernadé etc.), et c'est une de ces symphonies qu'on a dû exécuter au Concert spirituel du 28 octobre 1731, sous la dénomination de « Concerts à quatre parties par M. Breuschi, œuvre seconde ». [Annonces, Affiches et Avis divers, 1751, p. 384).
renouveler en le marquant du sceau de leur propre originalité. Les uns se contentent de la vieille langue à base de contrepoint, et écrivent pédagogiquement, comme Mondonville, d'autres affichent des préoccupations d'ordre plus théorique que musical, tel Blainville. Beaucoup, en revanche, adoptent le cadre, en trois mouvements, de la Sinfonia italienne, et, dans le style de chambre, cisèlent des pièces qui sont de véritables modèles de sobriété élégante, en même temps que les dignes contemporaines de nos monuments de style Louis XV. Mais, encore une fois, aucun d'eux ne marque un pas décisif en avant.
L'accueil de plus en plus large fait à la musique étrangère devait nécessairement parvenir à modifier notre production. Il suffit de jeter un coup d'œil sur l'un ou l'autre des nombreux catalogues de librairie parus aux environs de 1750, pour être frappe de l'invasion du marché musical par des noms italiens, tchèques ou allemands. En dépit de la réaction qui persiste, la pénétration des ferments étrangers s'effectue à la longue, et vers 1765, le triomphe du style nouveau paraît complet.
Deux faits saillants sont à retenir dans l'histoire de cette évolution ou, si l'on veut, de cette révolution : le premier de ces deux faits, à peu de chose près concomitants, consiste dans l'exécution, de plus en plus fréquente, au Concert spirituel, à partir de 1750, de symphonies étrangères. De grands noms, vers cette époque, commencent à s'acclimater chez nous : Graun (très probablement Jean Goltlieb) figure avec une symphonie, au début du concert du 1" novembre 1750^; le nom déjà célèbre de Jean Stamitz apparaît pour la première fois sur l'affiche en avril 1751 - et, cette même année, on exécute audit concert, le jour de la Toussaint, une (( belle symphonie » de Sammartini '' . Voilà donc des maîtres étrangers très authentiques qui prennent rang parmi nous; nul doute que l'apparition de leurs œuvres en pleine atmosphère parisienne n'ait contribué à avancer le mouvement de réforme qui se produit dans la musique française, comme d'ailleurs dans toute autre musique de ce temps. De la sorte, la publicité par le concert vient à l'appui de la publicité commerciale pour agir sur l'esthétique des