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€6 qui est forme par rapport à ses éléments simples est matière d'une chose plus complexe. Bref, comme la substance, la matière et la forme sont des relatifs '.
La matière n'est donc pas je ne sais quelle chose en soi, opaque et inerte, impénétrable à la pensée, et qu'on ne pourrait concevoir qu'en dépouillant une chose de toutes ses qualités; c'est exclusivement l'indéterminé par rapport à un plus déterminé, le genre par rapport à l'espèce, la possibilité ambiguë par rapport à la réalisation de l'une des possibilités, en un mot la condition par rapport au conditionné-. Quand Aristote affirme que la véritable réalité c'est le rrr/o/.ov, le c;'jv6£Tov \ Teiisemble de la matière et de la forme, il faut entendre l'ensemble formé par certains caractères ou attributs et certains autres qui sont les conditions des premiers.
Si, maintenant, nous considérons les deux extrémités de la série des choses : d'une part, la réalité la plus pauvre et la plus vide de toutes, les catégories ; d'autre part, Vem realissimum, le premier moteur, nous voyons que chacune des catégories, n'y ayant pas au-dessous d'elles de réalités plus simples, ne peut être forme, mais seulement matière. C'est ce que la pensée peut saisir de plus indéterminé. Si l'on voulait poursuivre plus loin encore l'applicatiou de la loi suivant laquelle ce qui est matière par rapport au plus complexe est forme par rapport à un plus simple, si l'on voulait, à toute force, trouver un geure aux catégories, on arriverait, par analogie, à leur douuer pour matière lindétermluation pure^ Ce serait supposer un geure en deçà des genres derniers, et tel est précisément l'ov de Platon. La matière la plus iuforme que l'on puisse concevoir doit être encore quelque chose de formel. — Inversemeut, le premier moteur, la forme suprême, ne peut, par cela même, servir de matière à aucune forme supérieure. Quaud Aristote dit que le moteur immobile est une forme sans matière, il faut entendre, non point à la rigueur qu'il n'y a pas en lui de matière, mais plutôt qu'il ne peut pas
1. Quœ alterius 'jÀt,; forma est, eadem allerius formas potesl JÀr, esse: à'XAw î'eot à7XTj 'JÀr, [Ind ar.. 219 a, li' ; 786 b 7t. t, 'j-o'/î'-uivr, o'jdt; £~'.a-:-fjir, -/.xt' àva/oyîav (Phys., l, 7, 191 a. 7).
2. To Y^^vo; 'jXvj o5 It^zzoi'. yovo? (Ind. av., 152 a, 8). ~o sloo:; '('.'['/ izoï.'. l/, S,:; -où £'.'5ou; 5X-/)ç {Ibid., 218 a, 20).