‹ L'Année philosophique (volume 4)Chapitre 3 sur 78 · DE DIEU · texte numérisé non relu

DE DIEU

Les diverses interprétations qu'a reçues la doctrine spinoziste des attributs de Dieu, et qui sont au fond des interprétations, ou peu s'en faut, de tout le système, pourraient, ce semble, être plus sûrement examinées, si l'on s'appliquait à recbercber en quel sens tout d'abord Spinoza a pris la notion dattribut, et si l'on était conduit par cette recberche à marquer avec plus de précision le rapport qu'a l'attribut, d'une part avec la substance dont il constitue l'essence, d'autre part avec l'entendement qui le perçoit.

Spinoza a commencé par désigner du nom de substances les attributs qui constituent selon lui Dieu ou l'Être absolument infini, et dont chacun exprime une essence infinie en son genre et éternelle^ Il a sans doute reçu de Descartes l'idée, qu'il y a pour toute substance un attribut qui la constitue au point de n'en pouvoir être réellement distingué-. Substance ou attribut, c'est une même essence, considérée, soitdans le sujet où elle est en soi réalisée, soit dans la nature intelligible qui en fait l'objet d'une notion complète et distincte. Mais tandis que Descartes admet qu'un même attribut peut appartenir à une

1. Court Traité, partie I, ch. ii, Ed. Van Vloten et Land. de 1882-1883, t. II, p. -.'05-270. Œuvres de Spinoza, trad. Appuhn, t. 1, p. 48-61.

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