‹ L'Année philosophique (volume 5)Chapitre 27 sur 51 · I. Revue t/es cours et conférences du la mars · texte numérisé non relu

I. Revue t/es cours et conférences du la mars

souvenir. Nous les touchons encore et uousles reconnaissons. Nous les touchons de nouveau : il y a quelque chose de changé. Pourtant ce sont bien elles : les parties touchées les premières y sont les dernières et réciproquement. Il y a là succession réversible : donc simultanéité. Il y a là retour des mêmes sensations : donc permanence. Donc le loucher ne perçoit que des surfaces.

Changeons d'exemple. Considérons l'homme dans la marche. Analysons cette marche en psychologue. Quelles en sont les données élémentaires? Des surfaces successives. — Successives et distantes ! — Soit. Nous comptons nos pas. Chacune des sensations pédestres est séparée par une sensation de vide. Mais puisque la marche comble la distance, s'exprimer ainsi équivaut à reconnaître, qu'en marchant, nous comblons des vides. Et « c'est apparemment que ladistauce est identique au vide ».

Il nous faudrait, maintenant, ramener la profondeur à la distance. Est-ce possible ? Constatons que le marcheur a devant lui un plan, une surface. De cette surface il néglige la droite et la gauche : elles sont indifférentes au but qu'il veut atteindre. Il en néglige la hauteur. Celle-ci l'intéresserait peutêtre; mais elle lui est inaccessible. Il fixe du regard la partie de la surface dont la hauteur égale ou ne surpasse que de très peu la sienne : puis il se met en mouvement.

Qu'est-ce à dire? Il transforme le bas de cette surface en une succession de pas et en une évolution de visa J. Il fait de la succession avec de la surface. Voici maintenant notre homme au terme de sa course. Qu'a-t-il devant lui? Une sorte de « mur spatial » : en haut le ciel, en bas le sol, une surface verticale et horizontale. Mais il se souvient du pays traversé, des « surfaces marchées ». Celles-ci lui apparaissent sous la forme d'un continu temporel. Il peut en constater l'ordre permanent, puisqu'il lui est loisible d'aller et de venir sur la route. Il peut eu outre constater la réversibilité de cet ordre. Tout se passe comme si la durée avait clé fixée. Mais la durée n'exclut-elle pas la fixité ? D'autre part, l'éteudue donnée, avec ses deux dimensions, ne nous ofïre-t-elle pas l'image de l'immobilité? Il semble, dès lors, naturel que nous exprimions cette durée fixée en termes d'espace. Eu fautil davantage pour l'aire éclore l'idée de profondeur et attri-

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