II AVANT-PROPOS
bien réussi. On a cherché par les mêmes moyens à ouvrir une nouvelle crise et à faire finir Tannée comme elle avait commencé. Mais heureusement la campagne dirigée contre M. Félix Faure a complètement avorté et soulevé l'indignation générale. Il y a lieu de se féliciter grandement de la déception qu'ont dû éprouver les amateurs de désordres et les friands de scandales. Ceux-ci d'ailleurs n'ont pas été privés de toutes satisfactions. Ils ont eu chaque jour leur pâture et il ne semble pas qu'elle doive leur manquer de sitôt. A nous entendre parler de nous-mêmes on dirait vraiment que notre pays est de tous le plus corrompu. Il n'est bruit que de tripotages, d'affaires véreuses, de chantages. Devant l'avalanche de dénonciations qui se succèdent ou se croisent, la suspicion se généralise et nul n'est à l'abri d'une accusation inattendue; l'exploitation du scandale se poursuit avec tant d'ftpreté qu4l est très difficile, pour ne pas dire impossible, à l'opinion publique de faire la part du vrai et du filux. La justice elle-même est soupçonnée, sillon de partialité, du moins de n'être pas entièrement libre. Plus que jamais pourtant elle a besoin d'une indépendance et d'un calme abso-
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lus pour remplir son devoir et donner au pays la satisfaction qu'il exige, en faisant vite et bien son œuvre d'assainissement.
La Chambre a continué de donner les preuves nombreuses de sa versatilité. Tantôt on Ta vue soutenant des ministères nettement modérés, tantôt revenue à la politique de concentration; la voici maintenant docile et soumise à un cabinet purement radical. Dans ces conditions il n'est pas étrange que son œuvre soit à peu près négative. Elle a consacré la plus grande partie de son temps à des débats inutiles ou irritants et il lui a fallu le secours du Sénat pour mettre en éiquilibre un budget déposé depuis plus d'une année ; elle a entrepris la réforme du régime des boissons et l'œuvre qui est sortie de ses longues délibérations semble à peu près inapplicable et sera, selon toute vraisemblance, complètement transformée par le Sénat ; appelée à encourager la prévoyance et à la récompenser, elle a ouvert deux sources de dépenses indéterminées au lieu d'une et installé dans notre législation le droit à l'assistance due par l'Etat, elle a enfin introduit dans