‹ L'Année politique (volume 5)Chapitre 2 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'année 1890 se distingue heureusement des précédentes : on y a fait peu de hruit et quelque besogne. La modification ministérielle survenue en mars ne mérite même pas le nom de crise : elle n'a été qu'un simple changement de personnes^ occasionné par une discussion d'affaires et, détail notable, par un vote du Sénat, On peut donc dire que la Chambre issue des élections générales de 1889 est demeurée fidèle, \ sauf quelques écarts aussitôt réprimés, à l'un

des deux mandats qu'elle a reçus du pays : celui d'éviter, presque à tout prix, l'instabilité gouvernementale.

^ l Quant àla seconde mission que lui ont confiée

les électeurs, la Chambre n a pu encore qu'en

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ébaucher rexéculion : nous voulons parler de la protection à assurer à Findustrie et à l'agriculture nationales au moment où expireront les traités de commerce. C'est seulement en 1892 que viendra cetta échéance; en attendant, la Chambre n'a eu àétrieftre que des votes partiels ou provisoires : partiels, lorsqu'elle a élevé les droits d'importation StîT tes maïs et les riz qui ne sont point compris dans les traités en cours, ou lorsqu'elle a frappé la fabrication des vins de raisins secs; provisoires, quand elle a élu la commission chargée d'examiner le projet de èàrif général des: douanes. Dans ces diverses «irconstânc^s, la Chambre s'est montrée si rigau^ reusementy si étroitement respectueuse des volontés exprimées par le pays qu'elle paraît même disposée à les dépasser, prête à a protéger)» ceux qui ne le demandent point, comme les fabricants de soieries lyonnais, où ceux qui n'en ont plus besoin depuis la reprise d'affaires de ces derniers mois. Il y a là, on ne saurait le proclamer trop haut, un péril redoutable : péril économique d'abord, parce que la Chambre risque, par l'excès de son zèle tarificabeuir, d« faJka évanouir la matière imposable et de boiileirerscf les conditions générales d^conuaereet;

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péril diplomatique aussi, car les nations étrang^ères, atteintes dans leurs œuvres vives, peuvent Tecourir à des représailles qui rendraient sing'ulièrement ardue la tâche de notre gouver*nement. 11 est à souhaiter que la majorité sache, Tan prochain, résister aux entraînements irréfléchis, sous peine d'accumuler les ruines financières et les difficultés extérieures, à Tinstant précis où la renaissance du commerce et de Tagriculture s'annonce de tous côtés, où la France voit s'éclaircir sa situation diplomatique et s'asseoir son autorité.

Le Parlement ne s'est heureusement pas borné à des manifestations protectionnistes. La loi du 22 mars sur les syndicats de communes peut devenir dans un avenir prochain, si le pays sait l'utiliser, un instrument puissant d'activité et d'émancipation locales; les lois du 1®' juillet sur la suppression des livrets d'ouvriers, du 8 juillet sur les délégués mineurs sont un gage des sympathies efficaces du Parlement poui* la classe ouvrière ; la loi du 27 décembre sur le contrat de louage d'industrie est, à soi seule, une véritable révolution juridique. Dans l'ordre financier, le premier budget volé par la législature actuelle, bien que sujet à certaines critiques

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