‹ L'année psychologiqueChapitre 112 sur 205 · V. Les tempérés.. | E^lîiîfbr^ê^J supérieurs · texte numérisé non relu

V. Les tempérés.. | E^lîiîfbr^ê^J supérieurs

VL Les volontaires. ^^''''''' ^' '"^ i lIs pondérés.'"

( Hommes d^actiorï.

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Il est intéressant de voir passer sous ses yeux toutes ces «lassifications hétérogènes et absolument arbitraires. Elles me rappellent les échafaudages nécessaires pour bâtir les mai.sons; seulement, ici, aucune maison n'a été bâtie. C'est qu'on a employa une méthode iiui ne pouvait conduiiv à rien. On a fait œuvre d'irnagi nadon, rien de plus. Les auteurs de ces constructions ne s'en sont pas toujours douté; et quelques-uns disent même gravement qu'ils fondent leurs théories sur l'observation. Je suis donc persuadé, quant à moi, que c'est une mauvaise méthode qui a été suivie; la vraie méthode pour fonder l'étude du caractère n'a pas été trouvée; et par conséquent. Je ne puis souscrire à la conclusion et à lu phrase dernière de M. Malapert, qui écrit : «f II y a lieu de < roiro qu'une science aussi nouvelle que l'est l'éthologie est condamnée pour longtemps encore à des tâtonnements..., mais il est permis d'espérer que ses progrès deviendront de plus en plus rapides, puisque, dès aujourd'hui, elle a réuni de très précieux matériaux, et qu'elle semble bien en possession d'une idée précise de son objet, dv ses limites et de ses méthodes, ce qui, pour une science encore inchoative, est peut être, après tout, ressentie). >•

Je ne suis pas convaincu qi^e nous tenons la méthode. Je ne l'ai vue formulée nulle part. Sans doute, il faut admettre comme une chose de bon sens que ce doit être une méthode d'observation et d'expérimentation; sur ce point, on peut se mettre d'accord. Mais est ce beaucoup dire? Est il possible de commencer une étude des caractères avec ce seul principe comme guide qu'on va les étudier d'aj)rès nature? Je défie bien qui (jue ce soit de mener à bonne tîn un travail de ce genre.

A mon avis, la méthode à suivre consiste d'abord à fractionner la question; il est impossible d'étudier en bloc, et d*un seul coup, les caractères; mais on peut très bien étudier et observer des traits particuliers de caractère. Si je devais commencer une recherche de ce genre, je choisirais avec le plus grand soin une circonstance importante de la vie — ou même une circonstance artificiellement arrangée — dans laquelle les individus doivent montrer une partie de leurs aptitudes intellectuelles et morales; et j'étudierais une série d'individus, je chercherais comment ils se comportent, ce qu'ils éprouvent, ce qu'ils disent, ce qu'ils pensent et ce qu'ils font dans cette circonstance; j'obtiendrais ainsi, d'après nature, une série de réactions diverses, que je grouperais, que je classerais, et d'où je chercherais à extraire des réactions types, autour desquelles je réunirais les autres. Ce ne serait pas là, certainement, ce qu'on appelle une étude de caractère; ce serait l'étude soigneuse d'une face spéciale du caractère, d'une forme particulière d'adaptation de l'individu au milieu; ce serait une étude plus modeste, plus étroite, mais autrement précise et féconde que toutes ces vues théoriques et ces classiflcations arbitraires.

Alfred Binet.

PÉDAGOGIE

SCHUYTEN (M. C). — Sur les méthodes de mensuration de la fatigue des écoliers. — Arch. de psychologie (Geuèye), n^ 8, t. II, f. 4, p. 321-326.

L'auleur constate, dans des expériences scolaires sur la mémoire des chiffres, qu'une première séance d'expérience donne des résultats constamment meilleurs que la seconde séance faite parallèlement, et dans le même milieu, sur les mêmes élèves. Il attribue cette différence à la diminution d'intérêt. 11 en conclut qu'on doit tenir compte de cette cause d'erreur quand on compare la fatigue intellectuelle du matin à celle du soir, au moyen d'un test sur la mémoire des chiffres. Si la première expérience a lieu le matin, elle donnera de meilleurs résultats que le soir, ce qui tient, non à ce que les élèves sont moins fatigués le matin que le soir, mais à ce (jue l'expérience du matin a été la première. En intervertissant l'ordre des séances, on aurait les résultats opposés. L'auteur a encore observé que dans ces essais de mémoire des chiffres, les tillos coniiiieltent moins d'erreurs que les garçons de même î\ae.

A. BiNET.

WlEIiSMA (E.). — Die Ebbinghaus'che Gombinationsmethode (ta méthode de combinaison d'Ebbinghaus), — Zeits. f. Psych. u. Pliys. d. Sinnesorg., XXX, 106-223, 1903.

Le présent travail a pour objet le contrôle de la « méthode de combiniiison » d'Ebbinghaus, (juo Wiersina se propose d'utiliser en clinique. Le mémoire original d'Ebbinghaus a été analysé dans ÏAnnée (IV, p. 041 et suiv.). Je me borne à rappeler ici que la méthode est destinée à mettre en lumière la faculté de « combin»M' », c'est-à-dire d'unir convenablement des élément variés, de découvrir entre eux des liaisons, de les synthétiser en un tout cohérent. Elle est d'une appplication fort simple : le sujet a pour tache de combler, le plus vite possible, les lacunes d'un texte préparé où un certain nombre de mots, de syllabes ou de parties de syllabes ont été effacés. — Deux nombres représentent le travail exécuté.

PÉDAGOGIE 509

Chaque syllabe sautée est comptée pour une demi-erreur; chaque syllabe remplie inexactement est comptée pour une erreur entière. La somme des erreurs, calculée en pour cent de la somme des syllabes remplies (exactement ou non) représente la qualité du travail. La somme des syllabes remplies, diminuée de la somme des erreurs, représente la quantité du travail. — Je ne m'arrête pas aux diverses critiques dont le principe de la méthode et le procédé d'évaluation sont passibles : on trouvera l'indication de quelques-unes dans l'analyse de V. Henri, citée plus haut.

L'auteur a opéré dans trois écoles : une école normale d'instituteurs, une école normale d'institutrices et une école primaire supérieure. — Les écoles normales comprennent chacune quatre classes. L'âge d'entrée est quatorze ans. Les élèves, au nombre de vingt, sont admis chaque année à la suite d'un concours. Les candidats sont plus nombreux pour l'école d'instituteurs que pour celle d'institutrices : quatre-vingt-dix, d'une part, cinquante de l'autre. Les classes sont, en conséquence de ce mode d'admission,* relativement homogènes. Le développement des garçons, dont la sélection est la plus rigoureuse, est supérieur à celui des filles, toutes choses égales d'ailleurs. — L'école complémentaire comprend deux classes, scindées en deux divisions parallèles. La composition des classes, dont le recrutement est beaucoup moins sévère que celui des précédentes, est aussi moins homogène.

. Expériences tlans les écoles normales, — L'auteur avait préparé quatre textes; deux textes faciles étaient destinés aux classes inférieures, deux textes difficiles étaient destinés aux classes supérieures. Les épreuves ont eu lieu le matin à 9 heures, immédiatement avant les vacances de Noël, d'une part, le jour de la rentrée, de l'autre. Elles duraient cinq minutes chacune.

La comparaison des résultats obtenus avant les vacances et des résultais obtenus après décèle en général une légère supériorité en faveur de ces derniers. Le travail est meilleur, quantitativement et qualitativement, aussi bien chez les filles que chez les garçons. La difi'érence est due très probablement à l'influence de l'exercice. Elle se retrouve en efTet dans la classe supérieure des garçons, qui avaient consacré leurs vacances à la préparation d'un examen.

Bien que les classes soient très homogènes, la méthode est assez sensible pour manifester la supériorité des élèves qui occupent les premières places. C'est là ce qui ressort nettement du tableau suivant où sont consignées les moyennes des résultats obtenus avant et après les vacances. (La classe supérieure porte le numéro I.) On remarquera que les différences (en particulier dans le nombre des syllabes exactement remplies) sont beaucoup moins accentuées chez les garçons que chez les filles : ce fait est en accord satisfaisant avec ce que le mode de recrutement des deux écoles conduisait à supposer. L'ensemble de ces résultats confirme pleinement ceux qu'Ebbinghaus avait obtenus.

ANALYSES BIBLIOGHAPHIQUES

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