‹ L'année psychologiqueChapitre 49 sur 205 · L. FREDERICQ. — SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

L. FREDERICQ. — SYSTÈME NERVEUX

Citons encore les travaux de Hermanides et KOppen (102), Brodman (103), Grûnbaum et Sherrington (104), Langelaan et Beyermann (105), Bolton (106), Veraguth (107), Kalberlah (108), sur les localisations corticales. Verger et Abadie (109) décrivent un càs de êléréagnosie sans lésions cérébrales, avec conservation intégrale des sensibilités élémentaires.

Anthony (110) constate que le grand développement des muscles masticateurs exerce une influence défavorable sur le développement du cerveau. Il suppose que lorsque Tanimal à crotaphytes puissants, qui devait devenir Thomme, a fait un moindre usage de ses mâchoires, ses muscles crotaphytes ont diminué de puissance et de volume, ce qui a permis au cerveau, désormais libre de toute compression, de prendre le développement qu'on lui connaît.

Auguste Charpentier constate une émission de rayons N par les muscles, les nerfs, les centres nerveux, spécialement pendant le fonctionnement des organes. L'augmentation de la radiation pendant le fonctionnement du centre du langage peut servir à circonscrire anatomiquement ce centre.

KjKitation électrique du cerveau. — S. Leduc et A. Rouxeau (113, 115) soumettent des lapins à l'action de courants vol laïques intermittents de basse tension (5 à 10 volts par exemple) sur le cerveau, et observent, suivant les conditions de rythme et d'intensité : A, rinhibition respiratoire, simple, pouvant amener la mort du sujet; B, l'inhibition des mouvements volontaires et de la sensibilité, ou sommeil électrique; C, des réactions motrices convulsives.

A. Zimmern et G. ûimier (116) provoquent chez le chien des 3ympt<5mes épilepti formes en soumettant le cei^veau à l'action de courants voltaîques intermittents de basse tension (courants de Leduc) appliqués à la surface externe intacte de la tôte : phénomènes d'inhibition ou coma, pour des courants mathématiquement rythmés et d'intensité constante; phénomènes moteurs (accès épilepliformes) dès qu'il y a une variation dans le rythme ou dans 'intensité des courants employés.

F. Battelli (117) provoque chez le chien des accès épileptiformes durables par une électrisation des centres nerveux de très courte durée (une fraction de seconde) au moyen de courants industriels alternatifs (45 périodes par seconde) de 420 à 140 volts. L'accès se divise en trois périodes : a, convulsions toniques pendant sept à quinze secondes ; 6, convulsions cloniques violentes pendant vingt à 30 secondes; c, agitation ou coma pendant un certain nombre de minutes.

Vertige voltaique, — J. Babinski (118, 119) admet que le vertige voltaïque est dû à une excitation du labyrinthe, spécialement du ▼estibule et des ampoules (la destruction des canaux semi-circulaires ne supprime pas chez le pigeon la possibilité de le faire apparaître). L'excitation électrique unilatérale du labyrinthe donne lieu, ohez l'homme, à une inclinaison de la tôte du côté de l'oreille excitée ou, au contraire, du côté opposé, suivant que l'électrode la

plus rapprochée du labyrinthe est positive ou qu'elle est négative.

On peut obtenir Tinrlinaison de la tète avec des courants 1res faibles (faible fraction de milliampère, 3 h 4 dixièmes de volt), si Ton a soin d'appliquer les élortrodes au-devant du tragus et à sa partie supérieure (point d'élection).

l/auteur appelle l'attention sur un mouvement lent de rotation de la tête (du C(^té opposé au pôle négatif), qui se montre également dans le vertige voltaique, si Ton a soin d'abaisser un peu l'élec- t trode négative sous le tragus. !

Noyau caudé, — l.es expériences d'excitation électrique du noyau caudé pratiquées par Wilh. Stieda (120) chez des chiens dont la capsule interne avait été mise hors de cause par dégénérescence (extirpation de Fécorce motrice prati([uée deux à trois semaines auparavant, procédé de Minor), n'ont fourni aucun résultat digne d'être noté.

Le problème des fonctions du noyau caudé reste entier.

Couche optique, — Sellier et H. Verger (121) constatent, au moyen du procédé de l'électrolyse bipolaire, que les lésions de la couche optique produisent le syndrome typique de l'héniianesthésie cérébrale, identique à celle qui dépend des lésions corticales ou capsulaires. La guérison de l'hémianesthésie cérébrale peut se faire, même après des lésions portant à la fois sur l'écorce et sur la couche optique.

Cet-velet. — Lewandowsky (122) consacre une volumineuse monographie à l'étude des fonctions du cervelet. Il divise les symptômes qui suivent Texlirpation partielle ou totale du cervelet en deux groupes. Pendant une première période, on observe des mom'emcnU forcés de locomotion circulaire, dirigés vers le côté opéré (quand on regarde l'animal de dos). L'excitation électrique ou mécanique du cervelet donne lieu à des mouvements en sens inverse.

Si la lésion est bilatérale, il y a mouvement de recul. Ces mouvements forcés ne doivent pas être considérés comme des phénomènes d'excit^ition; ils sont, au contraire, dus à des suppressions d'innervation. Il y a altération de la situation du corps dans l'espace; chez les animaux supérieurs, il y a vertige, correspondant à une altih-ation de la représentation de la direction du corps.

Pendant la seconde période qui suit l'opération, on observe Vatnxic ct'réhelleusr, qui, d'après l'auteur, est une véritable ataxie sensorielle, due à une altération profonde du sens musculaire, d'où incoordination des mouvements, man(jue de graduation et d'harmonie des contractions des dilTérents muscles. Le cervelet est l'organe central du sens musculaire, tel qu'il intervient dans les mouvements inconscients ou subconscients. L'écorce cérébrale constitue un second organe du mms musculaire, qui inler\'ient plus spécialement dans les mouvements conscients.

Les résultats de l'extirpation du cervelet varieront donc d'une espèce animale à l'autre : ce seront les mouvements inconscients ou la composante inconsciente des mouvements de locomotion qui seront principalement atteints par Tataxie cérébelleuse.

LÉON Frkdericq, Professeur à l'Universilé de Liège.

Page 1