Voir MoRAT, loco cit., p. liO
3. Professeur de physiologie à la Faculté de mcderinc de Strasbourj;.
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J. GRASSET. — NEUROPATHOLOGIE 273
« Ce réseau nerveux extracellulaire ou neuropile, avec les fibrilles qui le constituent, forme la partie la plus importante des centres nerveux... Aussi, continue van Gehuchten, Bethe arrive-t-il à cette conclusion étrange, c'est qu'il n'y a plus de centres nerveux. Tout le système nerveux central se réduit à un réseau élémentaire dans lequel pénètrent de tous côtés des fibrilles centripètes et d'où sortent des fibrilles centrifuges, toutes les fibrilles étant en continuité directe les unes avec les autres. »
Il ne suffit même plus, pour sauver le neurone, de transporter, avec Morat, le centre du corps cellulaire à l'articulation. 11 n'y a plus d'articulation puisqu'il y a continuité partout. L'action des centres est dans les réseaux et la conception du neurone est complètement détruite *.
Et Bethe n'appuie pas ses conclusions uniquement sur des considérations morphologiques; il fait des expériences comme la suivante *.
Dans le système nerveux central d'un crustacé {Carcinus mœnas), chaque ganglion comprend une partie centrale, formée par un entrelacement compact de fibrilles nerveuses ou neuropile et une partie périphérique où s'amassent les cellules ganglionnaires motrices. A cette partie correspond le nerf mixte qui va à la deuxième antenne. La section de ce nerf entraine la paralysie immédiate de l'antenne correspondante. Mais, laissant le nerf intact, on enlève le paquet de cellules motrices réunies à la surface, ne laissant intacts que les réseaux extracellulaires, neuropile, du centre du ganglion : Vantenne reste normale. Donc, sans cellule, le tonus est conservé, les réflexes existent avec tous leurs caractères ordinaires; l'irritabilité réflexe est simplement quelque peu exagérée.
C'est la démonstration de cette idée de Gajal que « le corps de la cellule nerveuse n'intervient pas nécessairement dans la fonction de conduction, mais que l'ébranlement nerveux amené par les fibres centripètes peut se transmettre aux prolongements protoplasmatiques d'un neurone moteur et, de là, directement, au prolongement cylindraxile ».
De tout cela résulte bien, de plus en plus, la mort du neurone.