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DiRARTE, loco cit., p

l'an!«ée psychologique. X. 18

dans les premiers Jours du développement, une migration des neuroblastes dans le mésoderme. « Ces neuroblastes deviennent fusiformes, poussent un prolongement à chaque extrémité et s'unissent ainsi les uns aux autres pour constituer une chaîne continue. Chacun d'<Mix, dans la suite, se différencie individuellement^ donnant naissance dans son protoplasma à un faisceau de fibrilles cylindraxiles et à un segment de myt'line. Une fois constituées, les fibrilles fusionnent avec les cellules formées dans les neuroblastes voisins pour former un conducteur continu, quoique d'origine multicellulaire. »

« Cette indépendance originelle des tubes nerveux est du reste confirmée par l'étude des m<mstres privés de moelle et de cerveau qui, cependant, possèdent des nerfs normalement constitués (Hertwig, C. Durante, Hrissaud et Hruandet). »

Voilà le renversement de l'argument embryologique en faveur du neurone.

;i. Discmalon de la loi de Waller *.

\ai loi de \Vidler,(iui était un si grand appui pour le neurone, n'est <t confirmée daiis la majorité des cas » que « lorsqu'on se contente d'une élude grossie n» des faits ».

" La dégénérescence wallérienne (îst irrégiiUi^re dans les divers tubes nerveux d'un mémo tronc, même dans les différents segments d'un même tube nerveux <|ui ne subissant pas tous, simultanément et également, les mêmes modifications •>. »< La dégénérescence wallérienne est iiiconstuute. » Elle peut n'être pas conlinuc, les cellules et les nerfs étant atteints, alors i|ue les racines ne \v sont pas. Babinski, Pitres, Krontlial, Durante en ont relevé de nombreux exeni[)Ies.

Tout cela est bien contraire à la notion du cor|»s cellulaire du neurone centre tro[>hi(iue unique.

Pour les auteurs nouv(»aux, la chaîne (b's neuroblastes (pii représente 1(; IuIm» nervcîux (»st nornialemenl en rapports fibrillaii-es avec les réseaux inlra et exlracellulaires et la différenciation des neuro- Ma>les périphéri«|ues est indissolublement liée à leur fonctionnement. Dès lors, quand on sectionne un tronc nerveux, on interrompt tout ap[)ort nerveux dans le Imut périphérique. Celui-ci, devenu inaclif, subit, non une dégénérescence, nuiis la nv/ress/on cellulaire. L'altération dun nombre variable «l'élénients centraux entraînem celte régression jdus ou moins complète.

C'(^st ra[)plication <rune loi générale : « Dans tout organe, la (lifierenciation est fonction do l'activité physiologique ». « La suppression do cettv activité, à la condititni r|u'elle soit c(»mplète, paraît entraîner plus ou moins nij)idenient la disparition de la différenciation |>rotoplasmi(iue et le relour des éléments à un état indifférent plus rapproclié de l'état embryonnîiire, caractérisant ce (jue nous avons appelé la régression cellulaire. »

/. DvHASTEy loro cil., p. lOO.'i.

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Dès lors, dans le bout périphérique du nerf coupé, le fonctionnement étant interrompu, t le neuroblaste fusiforme qui, au cours du développement, s'était différencié en fibrilles et couche myélogène, perd cette différenciation devenue inutile et repasse à l'état de cellule nerveuse indifférente ».

1^ lui de Waller comportait aussi l'intégrité du bout central. Or, on a constaté bien souvent V atrophie rétrograde de ce bout central.

Enfin Durante a réuni un grand nombre de faits montrant que les dégénérescences ne restent pas limitées à un neurone et passent d'un neurone à un autre.

Ost ainsi que « Nissl, en présence de l'ensemble de ces faits montrant combien peu les dégénérescences se limitent au territoire du neurone, en arrive à douter des conclusions tirées jusqu'ici de l'étude des dégénérescences secondaires des voies motrices... Les dégénérescences ne se localisant pas au territoire anatomique de ces neurones, nous ne pouvons plus placer avec sûreté dans les cellules corticales le point de départ du faisceau pyramidal, pas plus que nous ne connaissons avec certitude la terminaison de ses libres ».

Voilà bien le neurone entièrement démoli et réduit en miettes. II y a encore cependant contre lui un dernier argument, plus écrasant que tous les précédents.

6. Régénération autogène du bout périphérique dans le nerf sectionne.

Dans l'ancienne théorie du neurone et du développement exclusif par bourgeonnement central, on ne comprend pas la régénération autogène in situ d'un fragment de nerf séparé du centre par section. Le fait a été cependant observé et étudié.

Vulpian et Philipeaux l'avaient déjà constaté. Récemment divers auteurs ont pu réaliser expérimentalement cette régénération autogène chez l'animal.

Ainsi Bethe * sectionne un nerf chez un chien ou un lapin adulte et empêche la réunion des deux bouts. Dans le bout périphérique, après dégénération complète, la gaine de Schwann prolifère ; puis, en 6 à 9 mois, de ce ruban protoplasmique continu se différencient un cordon axial et une gaine périphérique; les fonctions de conductibilité ne se rétablissent pas; mais il y a régénération partielle. Chez les jeunes animaux, il y a régénération complète, anatomique et fonctionnelle (gaine de Schwann, myéline, cylindraxe avec tibrilles primitives). — Dans une deuxième expérience, ce tronçon de nerf est lui-même sectionné ; là encore, le bout périphérique dégénère; le bout central (tronçon noyé dans les muscles) reste intact. Donc, des éléments cellulaires autres que ce qu'on considère ♦*omme corps de la cellule nerveuse doivent intervenir.

\. Bktre, XXVI* Congrès des neurologisles et aliénistes de rAllemagne du Sad à Baden-Baden, séance du 9 juin 1901, Archiv fi)r Psychiatrie und SêTPenkranfcheiten, 1901, t. XXXIV, p. 1066.

Ballance et Purves Stewait * arrivent aux mômes conclusions : les Jeunes cylindraxes et les jeunes gaines sont tout d'abord indépendants dans le segment dislal; plus tard seulement ils se rattachent à ceux du segment central, rétablissant alors la conductibilité du nerf. Ce sont toujours les cellules névrilematiques qui deviennent neuroblastes. Les cellules araignées longitudinales font de jeunes cylindraxes en chapelet *.

Mémos conclusions de Fleming ^ apW's des sections expérimentales chez le lapin et îiprès l'étude de quatre malades atteints de névrite périphérique avec régénération périphérique.

Durante ^ a fait l'autopsie d'un sujet dont le médian avait, cinq ans auparavant, été réséqué sur une longueur de 20 centimètres. C'est le premier examen histologique complet de ce genre chez l'homme. Dans le bout périphérique non réuni, il y avait des tubes nerveux complets, provenant d'une néoformation sur place, en dehors de toute réunion avec le bout central.

De plus ', a la cellule segmentaire, encore imparfaite, représentée par un cylindre protoplasmatique sans différenciation cylindraxile et non encore excitable, peut cependant déjà servir à transmettre rinllux nerveux. Le neuroblaste périphérique est déjà conducteur, au moins pour cert<iines espèces d'ondes nerveuses, alors qu'il ne paraît pas encore différencié ». Ainsi, « au coui*s de la régénération d'un nerf moteur sectionné, le retour des mouvements volontaires apparaît, alors que les exciUitions électriques du bout périphérique sont encore sans résultat (Duchenne) ». La conductibilité reparaît (avant l'excitabilité) à la période |)urement protoplasmatique, sans cylindraxo.

A l'étal physiologi(iue, les neuroblastes segmentaires paraissent intervenir dans la comluclion ; chacun d'eux renforce l'impulsion (ju'il transmet au suivant ; d'où le phénomène de l'avalanche de IMliiLîer, de la boule de neige de Cliauveau.

Avec ces i(h'*es on comprend aussi que, dans les névrites périphérit|uos, « non sculem(;nt les tubes nerveux d'un même faisceau, mais mémo les divers segments d'un même tubcî soient très inégalenienl altérés et [laraissent, dans la suite, susceptibles de se régénérer indivi(lu(îll(*ment ». De même, dans certaines tumeurs (neurotibromes, lépromes), il n'est pas rare de voir les tubes nerveux « faire en grand«î |)artie défaut au niveau de la tumeur et se retrouver en nombre presque normal plus bas ».

1. Ballance et Pirves Stenvart, Travaux de neurologie chirurgicale, t. VI, 190!, p. 145. lievue neurologique^ 11102, p. 860.

2. Voir aussi, sur l'aclion troi)Iiiquc des éléments non nerveux sur les cléments nerveux : Andeuson, Journal of Phtjsiologij, 1002 [Revue neurologif/ue, 1003, p. 555).

3. Fleming, Scotlish médical and surgirai journal, 1902 {Hetme neurologif/ue, 1003, p. 556).

4. DiiHANTE, Cojigrès de Bruxelles, août 1003, Revue neurologique, 1903, ]). Si3.

o. Dlhame, loco cit., p. iOOO et 1100.

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Tout cela achève bien de destituer complètement Tancien corps cellulaire du neurone de son action génétique et trophique.

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