IV. 161 ; VI
, Cos. 38, 17.
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elles étaient, par cela môme, dirigées vers le monde sacré. Il y avait des cas où la destruction et Télimination qui en résultait portaient sur le corps tout entier et non pas seulement sur certaines de ses parties. Dans Vôlâ hébraïque et dans l'holocauste grec S la victime était tout entière brûlée sur Tautel ou dans le lieu sacré, sans que rien ea fût distrait. Le prêtre, après avoir lavé les entrailles et les membres de la bête, les plaçait sur le leu où ils se consumaient^ Le sacriQce était appelé quelquefois Kalily c'est-à-dire complet'.
Parmi les cas de destruction complète, il en est un certain nombre qui présentent une physionomie spéciale. L'immolation de la victime et la destruction de son corps s'opéraient d'un seul coup. On ne commençait pas par la tuer pour incinérer ensuite ses restes : tout se passait à la fois. Tels étaient les sacriQces par précipitation. Qu'on jetât l'animal dans un abime, qu'on le précipitât de la tour d'une ville ou du haut d'un temple^, on réalisait ipso facto la séparation brutale qui était le signe de la consécration ^ Ces sortes de sacrifices s'adressaient très généralement aux divinités infernales ou aux mauvais génies. Chargées d'influences mauvaises, il s'agissait surtout de les éloigner, de les retrancher du réel. Sans doute, toute idée d'attribution n'était pas absente de l'opération. On se représentait vaguement que l'âme de la victime, avec toutes les puissances malfaisantes qui étaient en elle, s'en allait rejoindre le monde des puissances malfaisantes ; c'est ainsi que le bouc du Grand-Pardon était dévoué à Azazel ^ Mais l'essentiel était de l'éliminer, de l'expulser.
(1) Plat. Qh. Symposiacœ, VI. 8, 1 (Smyrne). — Virg. j€n., Vf, 253. Serv. ad loc, — Cf. Tautaiii, in Anthropologie, 1897, p. 670. — Les LXX ont traduit i^hl par fiolocauste.
(2) Uv. I, 0; IX, 14; fX, 20; I. 17. — Ezéch. XL, 38.
(3; Deut. XXXIII, 10; àld kalil I ^am. Vif, 9. — Ps. LI, 21. le kaiil est distingué de ïolâ.
(4) Luc. de Dca Syria, 58. — Hérodien, V, 5 sqq. ; Lamprid. Ilélag, 8. — MovcTSyPhon. I, 365. — Plut. d. h. el Os. 30. — Aux Thargélies : km monios, p. Wl Valok. ; cf. Mannhardt, Myth. Forsch.^ p. 136, n. 1. — Aux Thesmophories : Rhein. Mus, XXV, 549 (Schol. à Luc. Dial. mer. Il, 1). — A Marseille : Serv. ad ALneid. III, 57. — Le bouc d'Azazel, au jour du grand Pardon était de même précipité du haut d'un rocher. {Talm. J. Mischnâ de Yoma^ VI, 3, 7).
(5) Il y a quelque analogie entre ces précipitations et certaines des noyades des victimes pratiquées dans les fôtes agraires. V. Stengel, op. cit., p. 120 aqq. — Mannhardt, W. F. A'.. II, p. 278, 287. Cf. Rohde, Psyché, I, 192.
(6) Lév. XVll, 26.
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is qu'il y eût ictime échapchamps dans a Judée', le Lthènes, sont les rites, il se 3 Vol'i à Jérufumée devant e, elle dispaps les mêmes ; les deux cas.
is tout entiers i s'en servait ux objets du tées la conséllons maintevons renconilors le sacrilime quelque victime ou ce ités nouvelles mmunication s, en général, par exemple, des onctions ion*. Parfois,
nombre de faits igmenté, Frazer,
t le in^ine prinau sacriûant >.
dent h Unis p. 174 lent). — Frazer,
I sur la peau de cij>8iov. Stengel, 52 ; Rob. Smith,
ustration, Somb.
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ranimai était coupé en deux et le sacrifiant passait au travers ^ Mais le moyen de réaliser la communication la plus parfaite était d'abandonner au sacrifiant une part de la victime qu'il consommait ^ Il s'assimilait les caractères du tout quand il en mangeait une parcelle. D'ailleurs, de même qu'il y avait des cas où tout était brûlé par le dieu, il y en avait d'autres où le sacrifiant recevait la totalité de l'oblation '.
Toutefois, ses droits sur la partie de la victime qui lui était abandonnée étaient limités par le rituel ^ Il devait très souvent la consommer dans un temps donné. Le Lévitique permet de manger le lendemain de la cérémonie les restes de la victime du sacrifice du vœu (neder) et du sacrifice désigné par le nom de nedabd (offrande volontaire). Mais s'il y en avait encore le troisième jour, ils devaient être brûlés ; celui qui en mangeait péchait gravement \ Généralement, la victime doit être mangée le jour même du sacrifice ' ; quand il a lieu le soir, rien ne doit rester au matin : c'est le cas du sacrifice de la Pàque^ On trouvait en Grèce des restrictions analogues, par exemple, dans les sacrifices Oeoî; toi; MeO.iyCoi;, dieux chthoniens, à Myonia en Phocide^ En outre, le repas sacrificiel ne pouvait avoir lieu que dans l'enceinte du sanctuaire^. Ces précautions étaient destinées à empêcher que les restes de la victime, étant sacrés, n'entrassent en contact avec les choses profanes. La religion défendait la sainteté des objets sacrés en même temps qu'elle protégeait le
(1) Voir plus haut. Jér. XXXIV, 18 sqq. ; cf. I Rois, XVUI, 36. Le rite semble avoir fait partie d'un sacriûce sacramentaire, symbolique d'un contrat. Cf. Gen. X11I.9 sqq. Plut. Qu, Rom. Hl.
(2) On sait que le nom technique des chairs du zebah shelamim, etc. qu'on pouvait consommer dans Jérusalem était celui de Qedashim = saintetés (Cf. LXX xpsa atYia). Jer. XI, 15. Cf. Rob. Smith, Rel. Sem., p. 238.
(3) Dans le zebah shelamim, en dehors des parties réservées, le sacrifiant a droit au tout.
(4) Voy. Rob. Smith, Rel. of Sem., p. 237 sqq.
rS) Lév. VU, 15-18; XIX, 5^; Ex. XXIX, 34. Cf. Mannhardt, W. F. K If, p. 250. — Frazer, Gold. fi. II, p. 70.
(^)Lév. VII, 13; XXII, 29, 30. Voy. Dillmann-Knobel, t. XII, p. 448.
(7) Ejc. XII, 10; XXIII, 18 ; XXIV, 25 ; DeuL XVI, 4.
(8) Paus. X, 38-6; Voy. Frazer, t. III, p. 240. — Rob. Smith, op. cit., p. 282, 369. — Cf. Athénée, VII, p. 276.
(9) Paus. i6. ; II. 27, 1; VIII, 38-6. Ilesych. s, v. *E<r:(a Ouojisv. — Paton, Cos. 38, 24.
vulgaire contre leur malignité. Si, quoique profane, le sacrifiant était admis à y toucher et à en manger, c*est que la consécration, en le sanctifiant, Tavait rais en état de le faire sans danger. Mais les eflfets de sa consécration ne duraient qu'un temps ; ils s'évanouissaient à la longue et c'est pourquoi la consommation devait se faire dans un délai déterminé. Inutilisés, les restes devaient être tout au moins, s'ils n'étaient pas détruits, serrés et surveillés *. Môme les résidus de la crémation qui ne pouvaient être ni détruits ni utilisés n'étaient pas jetés au hasard. Ils étaient déposés dans des endroits spéciaux protégés par des interdictions religieuses -.
L'étude du sacrifice animal hindou, dont nous avons interrompu la description, présente un ensemble, rarement réalisé, de toutes ces pratiques, et de celles qui concernent l'attribution aux dieux, et de celles qui regardent la communication aux sacrifiants.
Immédiatement après Tétouffement de la victime, on en assure par un rite spécial la pureté sacrificielle. Un prêtre conduit auprès du corps étendu la femme du sacrifiant qui a assisté à la cérémonie ^ et, pendant difiérents lavages, elle « fait boire « à chacun des orifices de la bête les eaux de purification ^ Cela fait, le dépeçage commence. Dès le premier
(1) Paus. X, 32-9. (Culte d'Isis à Tithorea) : les restes de la victime restaient exposés dans le sanctuaire d'une fête à l'autre ; et, avant chaque fête on les enlève et les enfouit.
(2) Lév. VI, 4; XIV, 4; Cf. IV, 11; on recouvrait de terre le sang des oiseaux tués dans le temple. — A Olympie il y avait un monceau de cendres devant Tautel : Paus. X, 13, 8: Voy. Frazer, t. III, 556: Slengel, p. 15.
(3) La femme du sacrifiant assiste à tous les sacrifices solennels hindous, à une place spéciale, liée légèrement, et est l'objet de certains rites, qui lui communiquent en quelque sorte les effluves du sacrifice et assurent sa fécondité. Kâty. çr. su, VI, 6, 1 sqq. Âp. çr. su, 111, lij, 1. 12 com.
(4) Elle fait boire tous les souffles san^ân prânân (Ap., VII, !8, 6) pendant que l'officiant asperge à grande eau tous les membres {T. S., 1, 3, 9, 1. Cf. 6, 3, 9, 1; V. S., VI, 14; Ç. B , 3, 8, 2, 4, 7). on doit reconstituer nâsike^ etc. in T. S). La cérémonie fa plusieurs sens. Les Taitt ont exagéré le côté propitiatoire : la mort est « une douleur -, une fiamme qui brûle avec les souffles, qu'il faut apaiser. Pour cela, on fait boire aux souffles de Teau, et la douleur et la flamme parlent avec l'eau dans la terre. (Cf. Ç- B, 3, 8, 2, 8, 16). Aussi les Taitt ont-ils pour chacun des maniras adressés à chaque orifice : « Buvez • et non pas « purifiez-vous »> (Vàj.), expression qui correspond au nom même du rite. L'explication des Vàj. insiste sur le côté purificatoire du rite; ils disent : • Purifiezvous • : la victime est une vie, elle est même Vamrta (nourriture immortelle, l'immortalité) des dieux. Or on tue la bête quand on l'étouffé et
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coup de couteau, le saog coule; on le laisse s'échapper. C'est la part destinée aux mauvais génies. « Tu es la part des raksas *. »
Vient alors la cérémonie qui a pour objet d'attribuer au dieu la partie essentielle de la victime : c'e3t la rapd, en terme médical le grand épiploon^. On Tenlève rapidement avec toutes sortes de précautions et de propiliations. On ramène processionnellement comme une victime, le sacrifiant tenant toujours le prêtre qui la portée On la fait cuire auprès
l'apaise. Mais les eaux sont les souffles de vie (contiennent les principes vitaux); ainsi, ce faisant (cette lustration), on replace les souffles. La victime redevient vie et nourriture immortelle des immortels • {Ç. H. loc. cit.).
(1) Âp., VII, 18, 14, mantras: T. S., i, 3. 9, 2 ; V. Ib., 6, 3, 9. 2, propose un rite plus précis. (Cf. Kâly, VI. 6, 11.) Mais les textes de l'école du Rg Veda (radhrgunigada Àçv. çr. stl, 111, 3, 1; Ait. Br., 6, 7, I, 10) parlent simplement de répandre le sang pour les démons, afin qu'ils s'éloignent. La discussion instituée à ce sujet est intéressante : il est expliqué que les démons, comme les dieux, assistent aux sacrifices ; qu'il leur faut à eux aussi leurs parts ; parce que sans cela, comme ils y ont droit, si on ne la leur donnait pas pour les écarter (nir-ava-dà ; cf. Oldenberg, Rel, d, Ved., p. 218 et T. S., 6, 3, 9, 2), ils - s'appesantiraient • sur le sacrifiant et sa famille. — Différentes autres parties de la victime sont ainsi attribuées aux démons, ce sont : les gouttes de sang qui s'échapperont lors de la cuisffon du cœur {Kâly^ VI, 7, 13) et de plus, l'estomac, et les excréments, et les brins de gazon sur lesquels on répand le sang recueilli. (. p. ne donne pas ces détails ; voy. Schwab, p. 137), on les enfouit tous dans la « fosse aux excréments », en dehors du lieu sacrificiel {Âp.^ VII, 16, 1 ; cf. Àçv.f m, 3, 1). L'ylt7. Br., 6, B, 16 donne une autre interprétation à cet enfouissement. — Les textes glissent assez volontiers sur ces parts faites aux démons. Il a paru rite irréligieux (cf. Ait.j 6, 7, 2), de convier les ennemis des dieux au sacrifice. — Mais les rites sont nets : en général tous les débris inutilisables des sacrifices (par exemple les sons des grains concassés pour fabriquer un gâteau) sont ainsi rejetés, expulsés. — On peut comparer à ces faits : la pratique grecque du sacrifice à "Hpat YaiJir,X(«, où l'on rejetait le fiel de la victime (Plut. Conj. pt^c, 27), et la prescription biblique d'enfouir le sang des oiseaux de purification. — Faisons observer que le rituel des sacrifices de l'Inde prouve que, contrairement aux idées admises, un sacrifice sanglant n'a pas nécessairement pour principe l'usage à faire du sang.
(2) La partie supérieure du péritoine, musculeuse et graisseuse, - la plus juteuse, pour toi, du milieu, parmi les graisses, a été enlevée, nous te la donnons >. R. F., III, 21, 5. Elle est la partie centrale de la bète ; le principe de sa vie individuelle, son âtman [T. S., 6, 3, 9, 5), comme le • sang est la vie » chez les Sémites. Klle est le principe sacrificiel de la victime (le medhas) T. 3, 1, 5, 2 ; p. B., 3, 8, 2, 28 ; voy. Ait. Dr., 7, 3. 6, un mythe rituel curieux.
(3) Ap. çr. su. Vil, 19, 3 sqq. En tête marche un prêtre, ayant un brandon allumé à la main, puis le prêtre qui porte la portion à Taide de deux broches (car il ne doit pas la toucher directement), puis le sacrifiant qui tient le prêtre comme plus haut {Àp., VU, 19, 6. 7, comm.). Le» raisons du rite sont les mêmes que celles indiquées plus haut \\. p. 67 et n" 1. T, S., 6. 3, 9. 3 et 4).
du feu sacré et on dispose les choses de manière à ce que la graisse, eu fondant, coule goutte à goutte sur le feu. On dit qu'elle tombe « sur la peau du feu* », c'est-à-dire d'Agui et, comme Agni est chargé de transmettre aux dieux les offrandes, c'est une première part attribuée aux dieux*. — Une fois la mpd cuite, découpée, on la jette au feu', au milieu de bénédictions, de révérences et après que les invocations nécessaires ont été faites. C'est une nouvelle part pour les dieux. Cette seconde attribution est elle-même traitée comme une sorte de sacrifice complet*; c'est ainsi qu'on s'excuse auprès de la tapa, comme on avait fait auprès de la victime au moment de l'immolation. — Cela fait, on revient à la bète, on l'écorche et, dans ses chairs, on découpe dix-huit morceaux*, que l'on fait cuireensemble. La graisse, le bouillon, l'écume * qui surnagent ' dans le pot où a lieu cette cuisson, est pour le dieu ou le couple de dieux auquel s'adresse ce sacrifice : on sacrifie tout cela dans le feu. Ce qu'on détruit ainsi représente formellement
(1) R. K., III, 21, 5. Trad. d'OIdenberg {ad toc) contre Sâyana in R. K., et r. B.
(2) Tout le rite est fort ancien car un des prêtres récite Vhymne : R, K., Il, 75, 1, puis III, 21 tout entier = T. /?., III, 6, 7. 1 sqq. = M. S., 3, 10, 1. — Cf. T. S., 6, 4, 3, 5. Cf. Ait. Br., 7, 2, 5 sqq. — Voy. Ludwig. RigVeila, IV, p. 303. — Bergaigne, Hist. de la Liturgie védique^ p. 18, considère cet hymne comme récent parce qu'il est formé de vers de mètres variés, c'esl-â-dire d'une série de formules entièrement séparées. (Voy. Oldenberg, Vedic Hymns S, B. E., XLVI, p. 283.) Ce fait est incontestable ; les formules sont de diverses sources, et ont été colligées tardivement. Mais les formules sont bien antérieures à l'hymne. De telle sorte que si l'hymne n'a pas d'unité de rédaction, il présente une unité d'objet, et la façon naturelle dont il a été composé démontre qu'il se rattache à un des rites les plus anciens. -— L'hymne décrit fort exactement tous les détails de l'opération (Cf. T. S., 6, 3,9, 5 et Ç. /?., 3. 8, 2, 11). A ce rite sacrificiel des plus importants, les brahmanes ont trouvé une signification naturaliste.
(3)/l>., VU, 22, 2.
(4) Tous se lavent. Âp., VII, 22, 6. = Kdty, 6, 6, 29. = ipt?., 3. 5, 1 et 2. Les mantras sont T. S., 4, 1, 5, 1. = R, V., X, 9, 1,-3. La F. S., VI, 16 donne le même texte que A. K., VI, 89. Le dernier manlra exprime la délivrance de la maladie, du péché, de la mort, de la malédiction, divine et humaine. — C'est d'ailleurs le sacrifice de la vapâ^ qui marque, dans le cas où le sacrifice a pour but de racheter un homme, le moment précis du rachat.
(5) Voy. Schwab, Thieropf., n" 98, p. 126 sqq.
(6) Voy. Schwab, Thieropf., p. 141, n'» 1, cf. Ludwig, Rig-veda, IV. p. 361. — Voy. Ap,, VII, 25, 7 sqq. — Ç. B., 3, 8, 3, 10. Eggel ad toc.
(7) Âp., VU, 25, 8.
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encore une fois la victime tout entière*, c'est une nouvelle élimination totale de la béte qui se trouve eflectuée de cette manière. — Enfin, sur les dix-huit morceaux qui ont servi à faire ce bouillon, un certain nombre sont prélevés qui sont encore attribués à différentes divinités ou personnalités mythiques *.
Mais sept de ces parts servent à un tout autre objet' : c'est par elles que va être communiquée au sacrifiant la vertu sacrée de la victime*. Elles constituent ce qu'on nomme Vidd. Ce nom est également celui de la déesse qui personnifie les bestiaux et qui dispense la fortune et la fécondité ^ Le même mot désigne donc cette divinité et la part sacrificielle *. C'est que la déesse vient s'y incarner au cours même de la cérémonie, et voici comment s'opère cette incarnation. Dans les mains d'un prêtre, préalablement ointes ', on place Vida; les autres prêtres et le sacrifiant l'entourent et la touchent ^ Pendant qu'ils sont dans cette position, on invoque la déesse*. Il s'agit ici d'une invo-
(i) T. S., 6, 3, tl, 1. Pendant la sacrification on récite : R, F., VI» 60, 13 ; I, 109, 7 et 6. = T, B., 6, 3, 11, 1 sqq., formules de glorification aux dieux, et décrivant la façon dont ils agréent l'offrande et la consomment une fois qu'elle leur est parvenue.
(2) A Agni qui parfait les rites (voy. ^Veb. Ind. Slud., IX, p. 218) cf. Hilleb. N. V. 0., p. 118. — Pour les autres êtres auxquels sont attribuées des parts (du gros intestin) dans une offrande supplémentaire {Ap. VII, 26, 8 sqq.) voy. Schwab, n» lOi. Les mantras récités et les réponses se correspondent assez mal.
(3) On peut leur en ajouter d'autres, sans os. yf/)., VII, 24, 11.
(4) Sur ridà, voir tout particulièrement ; Oldenb. Rel. d. Ved.^ p. 289 sqq. et les passages cités à l'Index.
(5) Voy. Berg. Rel. Véd., I, 323. 325 ; II, 92, 94. Syl. Lévi, Doctr., p. 103 sqq.
(6) Ce moment du sacrifice est assez important pour que le Çat. Br., y ait rattaché la fameuse légende devenue classique, du déluge. {Çat. Br., 1, 8, 12 entier; Eggel. ad. /oc, S. B. E., XII). Cf. Web. Ind. Slud., l, p. 8 sqq. — Muir, OÎd Sanskrit TealSy I, p. 182, p. 196 sqq. — Mais les autres Brâhmanas n'ont, de cette légende, que la fin, qui est seule un article de foi brahmanique. Selon eux, c'est en inventant le rite de Tldâ, en créant ainsi la déesse Ida (sa femme, ou sa fille selon les textes) que Manu, le premier homme et le premier sacrifiant, a acquis postérité et bétail (voy. T. S., 1, 7, 1 et 2, tout entiers 6, 7 ; T. B., 3, 7, 5, 6). En tout cas, elle et son correspondant matériel représentent les bestiaux, en sont toute la force : idâ vai paçavo^ • t(W, c'est les bestiaux ».
(7) Voy. Hillebr. AT. V. 0., p. 124; Schwab, Th., p. 148.
(8) Hillebr., p. 125.
(9) La cérémonie se nomme ulâhvayana, ou bien idopafivâna, terme qui correspond exactement à Vepiclèse de la messe chrétienne. Le texte est
E. DuRKHEitf. — Année sociol., 1898. 6
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82 L*ANXÉE SOCIOLOGIQUE. 1898
i au sens propre et technique du mot {tocare in, appeler ls). La divinité n'est pas seulement invitée à assister et à iper au sacrifice, mais à descendre dans Toffraude. C'est éritable transsubstantiation qui s'opère. Sur l'appel qui t adressé, la déesse vient et amène avec elle toutes sortes ces mythiques, celles du soleil, du vent, de l'atmosphère, jl, delà terre, des bestiaux, etc. G'est ainsi que, comme 1 texte, on épuise sur Vida (part sacrificielle) tout ce ^ a de bon dans le sacrifice et dans le monde*. Alors, le ) qui la tenait en ses mains mange sa part' et, ensuite, rifiant en fait autant ^ Et tout le monde reste assis en e jusqu'à ce que le sacrifiant se soit rincé la bouche*. '% on distribue leurs parts aux prêtres, qui représentent n un dieu*.
• su., I, 7. 7, traduit in Ilillebr. .V. V. 0., p. 12.5 et 6 ; Oldenb. Ver/., p. 290 sqq. Les textes Çdnkh. çr. sti, 1, 10, 1 ; Taill. Br., 3, ; 3, 5, 13, i sqq. sont légèrement différents. — Celte invocation e essentiellement en une série d'appels de la divinité, qui est amener avec elle toutes les forces mentionnées, et d'autre part ', à son tour, les prêtres et le-sacrifiant à prendre sa part des ainsi amassées. Le sacriliant dit, pendant une pause [Ap.^ IV, 10, 6. S. y 1, 7, 1, 2) : • que cette offrande (de lait de mélange) soit ma
litl, lir.. 3, 5, 8 fin, 3, 5, 13, lin.
avânlareUd, idà supplémentaire qu'il tient dans l'autre main. (Voy.
Ind. Sl.\ IX,' p. 213;. Il dit (/1(t. P'. su, 1, 7, 8; cf. T. 6'., 2, 6, 8, : - ïdâ, agrée notre part, fais prospérer nos vaches, fais prospérer ivaux. Tu disposes de la fleur de richesse, nourris-nous-en, donne- 1 •.
î sacriûant dit : • Idà, agrée, etc.. ., puissions-nous consommer de js en corps et en àme (comm. à Tailt. Dr.), nous tous avec tous is - (7'. /?., 3, 7, 0, 6).
îrtainc école prescrit un rite de présentation aux mânes. {Kâ/y, 3
17). Le rite quoique ancien (F. .S., 11, 31) n'est qu'un rite d'école. L)y. les mantras in Ilillebr. .Y. V. 0., 12G sqq. ; c'est ainsi que la
de Vufinidhra (prêtre du feu) est censée ôtre la bouche môme
Les parts sacerdotales sont donc bien des parts divines. — 11 ne tas ici, comme l'a vu M. Oldenberg, d'un repas en commun, d'un
communion sociale, quelles qu'en soient les apparences. Dans la part du sacrifiant » a une sorte de vertu a médecine »• (Oldenb.); ine de la force au sacrifiant • elle place en lui les bestiaux ■ comme
les textes : pnçûn yajamâne dadhdti (à remarquer l'emploi du . Voy. r. S., 2. 6, 7, 3 : Ail. Br., 2, 30, 1 ; 6, 10, 11 ; Çat. Br., 1, 8, te. — L'Idd fait partie du rituel des sacrifices solennels hindous. — is que le reste de la victime est, dans une certaine mesure, profanée : imanes et le sacrifiant peuvent les emporter chez eux. (Schwab .
Nous ne connaissons pas de règle prescrivant des délais pour la imation des restes des victimes. Mais il en existe pour la consomde toutes les nourritures en général.
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Après avoir distingué dans les divers rituels qui viennent d'être comparés les rites d'attribution aux dieux et les rites d'utilisation par les hommes, il importe de remarquer leur analogie. Les uns et les autres sont faits des mêmes pratiques, impliquent les mômes manœuvres. Nous avons retrouvé des deux côtés Taspersion du sang; l'application de la peau, ici sur l'autel ou sur l'idole, là sur le sacrifiant ou les objets du sacrifice; la communion alimentaire, fictive et mythique pour ce qui regarde les dieux, réelle pour ce qui concerne les hommes. Au fond même, ces différentes opérations sont toutes substantiellement identiques. Il s'agit de mettre en contact la victime une fois immolée soit avec le monde sacré, soit avec les personnes ou les choses qui doivent profiter du sacrifice. L'aspersion, l'attouchement, l'application de la dépouille ne sont évidemment que des manières différentes d'établir un contact que la communion alimentaire porte à son plus haut degré d'intimité ; car elle produit non pas un simple rapprochement extérieur, mais un mélange des deux substances qui s'absorbent l'une dans l'autre au point de devenir indiscernables. Et si ces deux rites sont à ce point semblables, c'est que l'objet poursuivi de part et d'autre n'est lui-même pas sans analogie. Dans les deux cas, il s'agit de faire communiquer la force religieuse que les consécrar tions successives ont accumulée dans l'objet sacrifié, d'un côté avec le domaine du religieux, de l'autre avec le domaine profane auquel appartient le sacrifiant. Les deux systèmes de rites contribuent, chacun dans leur sens, à établir cette continuité qui nous parait, après cette analyse, être l'un des caractères les plus remarquables du sacrifice. La victime est l'intermédiaire par lequel le courant s'établit. Grâce à elle, tous les êtres qui se rencontrent au sacrifice, s'y unissent. Toutes les forces qui y concourent se confondent.
Il y a plus : il n'y a pas seulement ressemblance, mais solidarité étroite entre ces deux sortes de pratiques d'attribution. Les premières sont la condition des secondes. Pour que la victime puisse être utilisée par les hommes, il faut que les dieux aient reçu leur part. Elle est, en effet, chargée d'une telle sainteté que le profane, malgré les consécrations préalables qui l'ont, dans une certaine mesure, élevée au»dessus de sa nature ordinaire et normale, ne peut y toucher sans danger. Il faut donc abaisser de quelques degrés cette religiosité qui est en elle et qui la rend inutilisable pour de
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84 L* ANNÉE SOCIOLOGIQUE. i898
simples mortels. Déjà Timmolation avait, en partie, atteint ce résultat. En efïet, c'est dans Tesprit que cette religiosité était le plus éminemment concentrée. Une fois donc que Tesprit est parti, la victime devient plus abordable. On pouvait la manier avec moins de précautions. Il y avait même des sacrifices où tout péril avait dès lors disparu ; ce sont ceux où ranimai tout entier est utilisé par le sacrifiant, sans qu'il en soit rien attribué aux dieux. Mais, dans d'autres cas, cette première opération ne suffisait pas à décharger la victime autant qu'il était nécessaire. Il fallait donc s'y reprendre à nouveau pour éliminer encore, vers les régions du sacré, ce qui y était resté de trop redoutable; il fallait, comme le dit le rituel hindou, refaire une sorte de nouveau sacrifice*. C'est à quoi peuvent servir les rites d'attribution aux dieux. Ainsi les rites, si nombreux, qui sont pratiqués sur la victime, peuvent être, dans leurs traits essentiels, résumés en un schéma très simple. On commence par la consacrer ; puis les énergies que cette consécration a suscitées et concentrées sur elle, on les fait échapper, les unes vers les êtres du monde sacré, les autres vers les êtres du monde profane. La série d'états par lesquels elle passe pourrait donc être figurée par une courbe : elle s'élève à un degré maximum de religiosité où elle ne reste qu'un instant, et d'où elle redescend ensuite progressivement. Nous verrons que le sacrifiant passe par des phases homologues *.
(1) Voy. plus haut, p. 80.
(2) On a pu s'étonner que. dans ce schème, nous n'ayons pas fait aUusion aux cas où la victime est autre chose qu'un animal. Nous en avions relativement le droit. Nous avons vu, en effet, comment les rituels ont proclamé l'équivalence des deux sortes de choses (voy. plus haut, p. 40). Par exemple, dans tout l'ensemble des sacrifices agraires, leur identité foncière rend possible la substitution des unes aux autres (voy. p. 117). Mais il y a plus, il est possible d'établir des symétries réelles entre les victimes et les oblations sacrificielles. — La préparation des gâteaux, la façon dont on les oignait, d'huile, ou de beurre, etc., correspond à la préparation de la victime. Même la création de la chose sacrée, au cours de la cérémonie est bien plus évidente, dans le cas de l'oblation, que dans tout autre, puisqu'on la confectionne souvent de toutes pièces, sur le terrain même du sacrifice. (Voy. Inde : Hillebr. N. V. 0., p. 28, 4!) surtout au cas où ce sont des figurines (voy. pour l'Inde, Hillebr. Rit. LU., § 64, p. 116; § 48. Cf. Weber. Naksalra, II, 338 renseignements assez fragmentaires : Çânkh. grh. su, IV, 19). Pour la Grèce, voy. plus haut, p. 40. Stengel, p. 90 sqq. — Festus, 129; cf. Frazer, Golden Bough, 11, p. 84, p. 139 sqq. — Lobeck, Aglaophamus, p. 119, 1080 sqq. — Ensuite la destruction a le môme caractère de consécration définitive que la mise à mort d'une victime animale. On met toujours, au moins l'esprit de l'oblation, hors du monde réel. S:;ule, une différence existe, naturelle, d'ailleurs
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La sortie.
Les efïets utiles du sacrifice sont produits ; cependant, tout n'est pas terminé. Le groupe de gens et de choses qui s'est formé pour la circonstance autour de la victime n'a plus de raison d'être; encore faut-il qu'il se dissolve lentement et sans heurts et, comme ce sont des rites qui l'ont créé, ce sont des rites aussi qui, seuls, peuvent remettre en liberté les éléments dont il est composé. Les liens qui unissaient à la victime les prêtres et le sacrifiant n'ont pas été rompus par l'immolation ; tous ceux qui ont pris part au sacrifice y ont acquis un caractère sacré qui les isole du monde profane. Il est nécessaire qu'ils y puissent rentrer. Il leur faut sortir du cercle magique où ils sont encore enfermés. De plus, au cours des cérémonies, des fautes ont pu êtres commises qu'il faut effacer avant de reprendre la vie commune. Les rites par lesquels s'opère cette sortie du sacrifices sont exactement les pendants de ceux que nous avons observés lors de l'entrée*.
Dans le sacrifice animal hindou, comme, d'ailleurs, dans tous les sacrifice du même rituel, cette dernière phase du sacrifice est très nettement marquée. On sacrifie ce qui reste de beurre et de graisse épars sur le gazon ^ ; puis, on détruit
même des choses : dans la majorité des cas le moment de ratiribution et celui de la consécration coïncident, sans que la victime portât pour autant le caractère d'une chose à éliminer. En effet, la libation est détruite au moment où elle découle sur l'autel, se perd dans la terre, s'évapore ou brûle dans le feu, le gâteau, la poignée de farine se consument et partent en fumée. La sacrification et l'attribution à la divinité ne font qu'un seul et même temps rituel. Mais il n'y a aucun doute sur la nature de la destruction : c'est ainsi que le simple dépôt de bois à brûler est, dans le rituel hindou, à certains moments, un sacrifice par lui-même (nous faisons allusion aux sdmidheni, voy. llillebr. N. V, 0., p. 74 sqq.). — EnOn la répartition des parts est mulatis mulandis^ analogue à celles du sacrifice animal : ainsi dans le cas du sacrifice de la pleine et nouvelle lune, nous trouvons des parts aux dieux, une idây etc. — Rappelons enfin que le plus important de tous les sacrifices hindous, le cas le plus extraordinaire peut-être de tous les sacrifices, celui où on fait subir à une victime tous les traitements possibles, le sacrifice du soma^ est, comme le sacrifice chrétien, constitué par une oblation végétale.
(1) lUen n'est plus explicable ; car ce sont les mêmes gens et les mêmes choses qui sont en jeu. et, d'un autre côté, en vertu des lois bien connues qui règlent les choses religieuses, ce sont les mêmes procédés lustratoires qui confèrent ou enlèvent un caractère sacré.
(2) Âp., Vif. 26, 12 ; Kât.. 6, 9, il ; T. 6'.. 1, 3, 11, 1 et Ç. B., 3, 8, 5. 5 pour le mantra (KdL, a fait un meilleur emploi). On a fait une série de petits sacrifices (Voy. Schwab, Th., n" 1H) dont les formules expriment la terminaison du rite.
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86 l'AxV.née sociologique. 1898
dans le feu sacrificiel un certain nombre d'instruments ^ le i du sacrifice % le bâton du récitant, les planchettes ntouraient la vedP. On verse les eaux de lustratiou qui pas été employées, puis, après avoir révéré le poteau*, it sur lui une libation. Parfois, on l'emporte à la maiil est censé purifier des fautes rituelles ; ou bien on le comme le gazon ^ On détruit par le feu tout ce qui rester des offrandes, on nettoie les ustensiles et on les orte après les avoir lavés*. Seule, la broche qui a servi e rissoler le cœur est enfouie ; cas particulier du rite en duquel l'instrument du crime ou de la douleur doit être
ci maintenant ce qui se passe pour les personnes. Les es, le sacrifiant, sa femme se réunissent et se lustrent en ^ant les mains\ Le rite a un double objet : on se purifie rd des fautes que Ton a pu commettre dans le sacrifice 3si de celles que le sacrifice avait pour but d'effacer. En é, on abandonne la religiosité sacrificielle. C'est ce prime le rite de l'abandon du vœu^ : « 0 Agni, j'ai fait vœu ; je me suis égalé à mon vœu, je redeviens ae... Je redescends du monde des dieux dans le e des hommes *°. »
3 forme exagérée du même rite en rendra le sens plus eut : c'est « le bain d'emportement** » qui termine le
p. Vil, 27, 4. A«/, Vi, 9, 12. (Chose remarquable, Jp. emprunte le
là F. S. VI. 21.)
illebr. N. V. 0. p. Ii5-I47, Schwab, Th. loG-9. Pendant ce rite se
ute une curieuse récapitulation des divers moments du sacrifice
3, 6, il) entier) et des bienfaits qu'en attend le sacrifiant : il goûtera
t il a fait goûter les dieux (Cf. Jçv. çr. su. i, 9, 1).
lillebr. .Y. V. 0. i47-149.
;n le remerciant d'avoir conduit -aux dieux TofFrande : Ap. VU. 28,
B. 2. 4, 7, 11, cf. T. S. 3, 5, 5,4.
\p. ih. 4. — Ait. Dr. 6, 3, 5.
chwab, Tli. p. 107. Uilleb. N. V. 0. p. 140-141.
Ip. Vil, 26, 15. Ç. B. 3, 8, 5, 8. T. S. «, 4, 1, 8. T. S. 1, 3, 11, F. 22. Àp. Vil, 27, 16.
ip. VU, 26, 16, sqq. T. S. 1, 4, 45, 3.
lilleb. iV. V 0. p. 174. Cf. Syl. Lévi, Doclr. p. 66.
Cf. Çal.Br. 1, 1. 1, 4-7.
Ambhyla. V. Web. Ind. Sliul. X, 393 sqq. Cf. Oldenberg, Bel. d.
). 407 sqq. Peut-ôtre les expressions de « fluide », etc. dont se sert
. ne sont-elles pas les meilleures, mais il a pourtant indiqué le sens
, tel qu'il apparaît (non pas dans le Bg Veda^ où il est d'ailleurs
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sacrifice du soma, et qui est le contraire de larfifc.v4- Après que les instruments ont été déposés, le sacrifiant prend un bain dans une anse tranquille formée par une eau courante ^ On plonge dans l'eau tous les restes du sacrifice, toutes les branches pressurées du soma*. Le sacrifiant délie alors la ceinture sacriflcielle qu'il avait revêtue lors de la diksâ ; il en fait autant pour le lien qui serrait certaines pièces du costume de la femme, pour le turban, la peau de l'antilope noire, les deux vêtements du sacrifice, et il immerge le tout. Alors lui et sa femme, dans Teau jusqu'au cou, prennent leur bain en priant et en se lavant, d*abord le dos, puis les membres, Tun à l'autre 3. Cela fait, ils sortent du bain et revêtent des vêtements neufs ^ Tout a donc été passé à Teau de manière à perdre tout caractère dangereux ou même simplement religieux ; les fautes rituelles qui ont pu être faites sont expiées, ainsi que le crime que Ton a commis en tuant le dieu Soma. Or si le rite est plus complexe que celui dont nous avons parlé tout d'abord, il est de même nature : les faits et la théorie lui assignent la même fonction.
Les textes bibliques sont malheureusement moins complets et moins clairs; ou y trouve pourtant quelques allusions aux mêmes pratiques. Dans la fête du Grand Pardon, le grandprêtre, après avoir chassé le bouc d'Azazel, rentrait au sanctuaire et retirait son costume sacré, « afin qu'il ne propageât pas la consécration »; il se lavait, remettait d'autres vêtements, sortait et sacrifiait Vola ^ L'homme qui avait conduit le bouc
mentionné. Voy. Grassmann. Worterb. ad verb.) mais dans tous les autres textes rituels et théologiques. Ap. çr. su. VIIÏ, 7, 12 sqq. et XllI, 19 sqq. — Kdt. VI, 10, 1; X, 8, 16 sqq.
(1) Ces lieux, les étangs, les Tirthas, qui sont encore aujourd'hui des endroits particulièrement sacrés de Tlnde, sont censés être la propriété favorite de Varuna {Çat. Br. i, 4, 5, 10).
(2) ip.,XlH, 20, 10. 11.
(3) Ap., XIII, 2i, 2, comm. En même temps, ils répètent diverses formules exprimant : qu'ils expient leurs péchés, leurs fautes rituelles, qu'ils acquièrent force, prospérité et gloire, en s'assimilant ainsi la force magique des eaux, des rites et des plantes.
(4) Ils donnent leurs anciens vêtements aux prêtres; abandonnant ainsi leur ancienne personnalité, et en en revêtant de neufs, ils font « peau neuve comme un serpent •. « 11 n'y a pas plus de péché en eux, mainbenaat, que dans un enfant sans dents » . ç. B., 4, 4, 5, 23.
^5) Lév. XVI, 22, 23. 11 changeait encore une fois de vêtement à l'issue du jeune, et rentrait chez lui en recevant les félicitations de ses amis, d'avoir supporté toutes les épreuves, accompli tous les rites, échappé à tous les dangers de ce jour. (Talm. Yoma., VIII, 8, 5. Mi$chnâ.)
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se baignait et lavait ses vêtements avant de revenir *. Celui it les restes du huttât faisait de même '. Nous ignoî autres sacrifices étaient accompagnés de pratiques '. En Grèce, après les sacrifices expiatoires, les urs, qui d'ailleurs s'abstenaient le plus possible de i victime, lavaient leurs vêtements dans une rivière urce avant de rentrer dans la ville ou chez eux ^ Les 1 qui avaient servi au sacrifice étaient lavés soigneuland ils n'étaient pas détruits». Ces pratiques limition de la consécration. Elles sont assez importantes p subsisté dans la messe chrétienne. Le prêtre, après nion, lave le calice, se lave les mains ; après quoi, est finie, le cycle est clos et Tofficiant prononce la inale et libératrice : Ite^ missa est. Ces cérémonies dent à celles qui ont marqué l'entrée dans le sacridèle et le prêtre sont libérés, comme ils avaient été au début de la cérémonie. Ce sont des cérémonies elles font contrepoids aux premières, eligieux du sacrifiant décrit donc, lui aussi, une métrique de celle que parcourt la victime. Il comr s'élever progressivement dans la sphère du reliatteint ainsi un point culminant d'où il redescend 5rs le profane. Ainsi, chacun des êtres et des objets qui 1 rôle dans le sacrifice, est entra! oé comme par un int continu qui, de l'entrée à la sortie, se poursuit pentes opposées. Mais si les courbes ainsi décrites ^me configuration générale, elles n'ont pas toutes la uteur; c'est naturellement celle que décrit la victime eut au point le plus élevé.
jrs, il est clair que l'importance respective de ces l'ascension et de descente peut varier infiniment ss circonstances. C'est ce que nous montrerons dans suivre.