C. — Écanomie agraire (moyen âge
])' A. IIAGEI.STAN'(;£. — Sûddeutsches Bauemleben im Mittelalter. Leipzig, Duncker u. Humblot, i898, 1 vol. gr. in-S*^, viii- 268 p., M 5, 60. Analysé plus haut, p. 306.
(*( iLLAUME DES MAHKZ. — Étudo sur la propriété foncière dans les villes du moyen Age et spécialement en Flandre. Gand el Paris, Picard el lils, 1898, 1 vol. in-8% xxv-393 p.
D. — Économie commerciale (moyen âge):
D' TiiEo. SOMMERLAD. — Verkehrswesen im deutschen Mittelalter. Handw, d, Staatswissenschapeîi. Conrad, Elster, Lcxis Lœning. 2*" Supplément Bd., léna, Fischer, 1897, p. 938-947.
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Indique les voies de commerce, les entraves et les facilités appcnrlées, les moyens de transport, et les résultats.
Ad. SCHAL'BE. — Die IVechselbriefe Kônig Ludwigs des Heiligen von seinem ersten Kreuzzuge und ihre RoUe auf dem Gheldmarkte von Genua. Jahrb. /*. Nationalôkonomic u. Stah'siik, 1898, Bd. XV, II. 5 et 6, mai cl juin.
Important pour l'histoire du crédit au moyen âge.
E. — Divers.
ÀRRir.o SOLMI. — Le associazioni in Italia avanti le origini delle comani. Saggio di storia economica e giuridicn. Modena, TijM>c. délia Societa tipog. ant., 1898, 1 vol. in-8^ 140 p.
Cu. D£ RIBBE. — La société provençale à la un du nooyen âge.
Paris, Perrin elC»^\ 1898, 1 vol. in-8^ xii-57'2 p.
A. — Régimes économiques.
Le régime dominant de notre économie moderne et occidentale est le régime de Tentreprise, que l'économie classique a bien analysé et où elle a séparé avec exactitude les fonctions da capitaliste, de l'entrepreneur et de Touvrier. Mais des modifications à ce régime type sont tentées, qui visent à chaDger la distribution ou la relation des fonctions (au point de vue tant delà production que de la répartition). Ce sont là assurément des expériences sociologiques qui, d*abord, sont à étudier proprement, et qui apparaîtront peut-être ensuite bonnes à fonder quelque induction.
OFFICE DU TRAVAIL. — Les associations ouvrières de production. Paris, imprimerie nationale, 1897 (République française. — Ministère du commerce, de Findustrie, des postes et des télégraphes). 1 vol. in-S", 613 p.
Cette étude est principalement Fœuvre de M. Arthur Fontaine, sous-directeur de TOfTice du Travail. Elle présente les résultats et une analyse des résultats d'une enquête laite par rO£Bce du Travail sur la situation actuelle des associations ouvrières de production en France. Les renseignements com-
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ANALYSES. — ÉCONOMIE MODERNE ET OCCIDENTALE 46d
plets portent sur Texercice 1895, mais les faits principaux survenus jusqu'au 1*'' janvier 1897 ont été enregistrés.
Le sujet de Tobservation est d'abord défini avec précision. L'enquête ne s'étend pas à toute coopération de production (entre petits patrons, parexemple, pour une fin spéciale), mais se limite aux « essais tentés par les ouvriers en vue de la suppression graduelle du salariat par l'association » (p. 12). Ceci même est encore imprécis, car les combinaisons et les accoraraodements variés de la pratique ramènent par degrés vers la forme de l'entreprise patronale les soi-disant associations ouvrières. Un type normal a donc dû en être défini; trois conditions ont été posées essentielles : — l*' Les sociétaires doivent avoir une infiuence directe par leurs votes sur la gérance de la société ; l'assemblée approuve les comptes et choisit les gérants. — 2^ Le capital actions (non compris les emprunts à intérêts fixes) doit appartenir aux ouvriers des spécialités professionnelles employées dans lentreprise (idée corporative). Toutefois peuvent être actionnaires des ouvriers d'autres spécialités lorsqu'ils sont occupés eux-mêmes dans l'entreprise (idée coopérative). Les sociétaires admis sous ces conditions peuvent rester actionnaires jusqu'à leur mort. — ^'^ L'association comptera au moins sept associés (nombre minimum des sociétaires d'une société anonyme). — Les entreprises s'intitulant associations ouvrières, qui ne rentraient pas dans ce type, ont été toutefois signalées, mais n'ont pas été comprises dans les données élaborées.
Le questionnaire posé à l'enquête est reproduit. L^ mode d'enquête est indiqué (information directe par les agents on d'après les dossiers de l'Office du Travail).
L'enquête n'étant pas rétrospective, un bref historique seulement .est donné à titre d'indication, retraçant les grandes étapes et reproduisant en annexes les documents justificatifs principaux.
Les observations recueillies par l'enquête sont, selon le principe adopté parTOfficedu Travail, publiées complètement, de manière à offrir au public tous les renseignements et à lui permettre tout contrôle, toute critique et toute interprétation possible. Seuls, et par une exception nécessaire, les renseignements sur la situation financière, ayant été donnés à titre confidentiel, n'ont pu èite reproduits dans l'état détaillé et individuel et n'ont figuré que groupés dans les tableaux récapitulatifs.
E. DuRKHEiM. — Année sociol., 1898. 30
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466 l'axxke sociologique. iSDS
La méthode statistique n'a pas été seule employée. La méthode monographique s'y est utilement jointe. Des monographies nous sont données qui décrivent certaines associations ouvrières de production et certaines entreprises de forme voisine depuis leur origine jusqu'en 1897. Par le choix des entreprises étudiées ainsi, on a voulu montrer les types divers rencontrés, même exceptionnels; et, en ne se limitant pas aux associations conformes à la définition, on a voulu « éclairer les confins du champ d'enquête et ne pas établir des catégories trop nettes dans des phénomènes sociaux essentiellement continus et se classant par des nuances » (p. 145).
Après les tableaux détaillés et les tableaux de récapitulation à divers points de vue (p. 331 -à 545), une analyse substantielle met en évidence les constatations à en retenir et les résultats à en tirer. L'enquête a reconnu, en 1895, ili associations ouvrières de production du type défini, et iO sociétés de types approchés. Le développement en est peu marqué entre les années 1885 et 1895, mais il est plus considérable si Ton prend pour termes de comparaison 1881 et 1897.
Quel est le fonctionnement du groupe d'associations ouvrières de production observées en 1895? Quelle en est l'importance dans l'ensemble de l'activité industrielle française? Au point de vue du personnel, ce n'est encore qu'une exception : le nombre des sociétaires ne dépasse pas 0,25 p. i 00 du nombre des ouvriers de l'industrie et des transports : le nombre moyen des travailleurs, associés ou non, ne dépasse pas 0,26 p. 100. L'irrégularité du travail (mais ce résultat obtenu par des opérations assez compliquées ne doit être retenu qu'avec réserves) est plus grande pour l'ensemble que dans l'industrie ordinaire, mais notablement moins forte pour les ouvriers sociétaires. — Le capital social, souscrit ou versé, est connu avec exactitude, ainsi que la répartition de ce capital entre les différentes catégories de propriétaires ; et la valeur de l'outillage peut être appréciée : mais, ces deux éléments n'étant pas connus avec le même fondement pour l'industrie française entière, aucune comparaison n'est établie. — Le salaire semble plus élevé que la moyenne générale, surtout pour les sociétaires, mais ce résultat n'est pas sans réserves. — Les bénéfices, les sommes réparties, l'emploi des bénéfices, les réserves, les pertes sont analysés avec précision.
Mais différentes décompositions de cet ensemble ont été faites à divers points de vue. — Un groupe peu nombreu
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ANALYSES. KCOXUMIE MODKUNE ET OCCIDENTALE 467
mais très important fFamilistère de Guise, lunetiers de Paris et cochers de Paris) représente la moitié de l'activité de l'ensemble, plus de la moitié des bénéfices totaux, les trois quarts du capital et de l'outillage : le groupe des autres sociétés est plus nombreux, mais moins prospère. — Diverses constatations résultent de la distinction entre associations faisant partie de la « Chambre consultative des associations ouvrières de production », et associations n'en faisant pas partie. — Au point de vue de la forme de société adoptée, la forme de société anonyme à capital variable groupe la masse des coopérateurs, la forme de société en nom (collectif ou non, avec ou sans commandite) groupe la masse des capitaux ; le premier type est plus démocratique, le second plus hiérarchisé ; le premier a une tendance plus émancipatrice, le second est plus rémunérateur; le premier enfin est plus goûté, et d'ailleurs plus accessible, mais le second paraît mieux approprié à la grande industrie. — A l'égard de la participation aux bénéfices pour les auxiliaires non sociétaires, le groupe le plus important est celui qui n'en accorde aucune, un groupe notable en accorde une plus ou moins forte, un groupe très faible ne compte pas d'auxiliaires. — Des deux idées qui peuvent guider le mouvement, l'idée corporative (une corporation tout entière fondant un atelier), et l'idée coopérative (un atelier se développant autour d'un noyau de sociétaires), c'est la seconde qui apparaît avoir le plus de succès et le plus de faveur : le groupement qui y répond le mieux représente les trois quarts de l'activité des associations; la première, tenue pour plus large et plus généreuse, a presque toujours échoué. Mais la forme coopérative risque fort, si le renouvellement des associés n'y est pas organisé, de revenir simplement à un patronat multiple, au lieu de tendre à supprimer tout patronat. — La répartition des associations par industries ne donne pas des indications très nettes sur les espèces d'industrie les plus favorables à cette organisation : des circonstances exceptionnelles ou fortuites ont eu une influence que le petit nombre des cas offerts ne permet pas d'éliminer. La petite industrie semble plus accessible sans doute, mais quelques associations des plus prospères appartiennent à la grande industrie; il est vrai qu'elles ont procédé d'entreprises patronales antérieures. Pour le succès financier, ce sont les ateliers de moyenne importance qui paraissent en somme les plus heureux. Les diflicultés rencontrées dans la gestion de Ten-
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468 l'année socioloctquk. 1898
Ireprise (c'est une conviction acquise par les enquêteurs) portent sur la fonction commercial/* bien plus que sur la fonction industrielle et technique*.
L'origine de ces associations, la pensée qui a présidé à leur fondation est très diverse. Souvent elles naissent d'une grève ou d'un mouvement ouvrier, ordinairement pour assurer du travail aux militants menacés de non-emploi, parfois aussi pour réaliser une certaine conception de la production. Mais d^autres raisons, philanthropie, solidarité, esprit d'indépendance, espoir d'une meilleure condition, d'un salaire plus élevé, ont agi aussi dans divers cas. L'expérience semble établir qu'en tout cas l'association de production doit, pour réussir, être administrativement et financièrement indépendante du syndicat auquel elle se rattache.*
Pour la direction, la stabilité assurée et l'autorité reconnue semblent être une condition de succès. Le directeur ou le gérant est ordinairement un ouvrier des professions exercées dans l'association. Souvent il s'en trouve de bien doués qui réussissent dans cette fonction improvisée, en partant d'un petit début. La capacité à diriger d'emblée une grande entreprise est extrêmement rare.
Le succès des associations ouvrières de production parait demander à leurs membres des qualités non vulgaires : aux sociétaires, avec une formation professionnelle sûre, un esprit posé, un tempérament laborieux et économe, un caractère capable d'observer une discipline volontaire; aux directeurs, avec la compétence d'un chef d'entreprise, un ascendant moral et un dévouement désintéressé (le traitement répondant rarement aux services rendus).
D'autres considérations encore , plus spéciales, touchant par exemple la constitution du capital, la régie de l'entreprise, l'organisation des salaires, la participation aux bénéfices, etc., sont tirées des observations faites. Et ainsi ce travail a ud© portée pratique très instructive pour la formation ou l'administration des associations à l'avenir.
Mais l'auteur « s'est abstenu de joindre à ces constatations, en forme de conclusions, des hypothèses cadrant plus ou moins avec elles ou des généralisations systématiques sortant du rôle d'enquêteurs officiels » (p. !2I).
(!) a On arrive plus facilement à produire bien qu'à acheter et â vendre convenablement » (p. 28).
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ANALYSES. — KCOMOMIE MODEUXE ET OCCIDEXTALB 469
Cette œuvre, comme d'autres œuvres encore de TOffice du travail, parait bieu être un bon modèle d'expérimentation scientifique en matière économique et sociale. Le phénomène à observer est d'abord, dans la réalité continue et complexe, limité et défini, c^st-à-dire méthodiquement abstrait. Le mode d'observation est déterminé avec soin et la valeur de l'observation entourée de garanties. La constatation des faits est scrupuleusement distinguée de toute interprétation, et présentée intégralement au public. Pour tirer de ces faits quelque relation, pour établir quelque rapport de causalité, s'il est possible (ce qui est évidemment, après la notation du fait, l'œuvre obligatoire de la recherche scientifique), l'apposition factice d'agents ou de causes soupçonnées étant ici impraticable, c'est à mettre en évidence dans les faits donnés, par des gk*oupements, par des analyses convenables, les traces des influences exercées que s'emploie le travail d'expérimentation. Les expériences en ce sens instituées ici ne préleudeat pourtant pas épuiser la matière, qui est justement fournie au public pour lui en permettre d'autres, plus explicatives ou plus suggestives peut-être. L'induction ici reste toujours prudente, et on ne peut que l'en louer. Les « généralisations systématiques » ne sortent pas seulement du rùle d'enquêteurs officiels, elles sortent aussi du rôle d'expérimentateur scientifique. L'hypothèse générale n'est pourtant pas à bannir d'une science, môme aussi peu avancée que notre science sociale ; mais elle doit être consciente d'elle-même. Elle doit connaître et discerner au juste la part de sentiment et la part d'objectivité qu'elle comporte.
Mais en même temps que l'usage d'une expérience sociale, ce livre nous en montre une fois de plus la difficulté Les extrêmes précautions à prendre font d'abord qu'un travail considérable est nécessaire pour une observation relativement peu étendue (ici par exemple comparer au travail d'observation la place de l'association ouvrière de production dans l'industrie française et mieux encore dans l'industrie humaine, et la valeur d'une année dans l'évolution d'un siècle, dans la série des temps;. Et d'autre part la nature de l'objet à observer est tellequ'un particuliera pou dechances de pouvoir eOectuer celte observation ; de là 1 insuffisance fréquente et souvent irrémédiable de notre information, l'activité officielle n'étant pas et surtout n'ayant pas été forcément acquise aux besoins scientifiques, et en tout cas étant ordinairement
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470 i/AXNKE SOCÏOLor.lOLK. i898
limitée. Aussi devons-nous être reconnaissants à notre oifice du travail de la qualité et de l'étendue de son œuvre, et à M. Fontaine spécialement du mérite du présent travail.
1. Emile WAXWEILER. — La participation aux bénéfices. Paris, Rousseau, 1898, 1 vol. in-8^ Extraits dans la Revue irÉcoiwmie politique, mars et avril 18D8.
"i. Maurice VANLAER. — La participation aux bénéfices.
Étude théorique et pratique. Paris, Rousseau, 1898, gr. in-^, vu.310 p.